Boleslas Ier de Pologne

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Bolesław Ier
Illustration.
Bolesław Ier par Jan Matejko (1838-1893)
Titre
Roi de Pologne
Prédécesseur Mieszko Ier
Couronnement
Cathédrale de Gniezno
Successeur Mieszko II
Biographie
Dynastie Dynastie Piast
Date de naissance
Lieu de naissance Poznań
Date de décès
Sépulture Cathédrale de Poznan
Nationalité polonaise
Père Mieszko Ier
Mère Dubravka
Conjoint
  1. Heminilde de Misnie
  2. Judith de Hongrie
  3. Emnilda de Lusace
  4. Oda de Misnie
Enfants

Bolesław Ier le Vaillant, en polonais Bolesław Chrobry Speaker Icon.svg audio, né en 967 et décédé le , est un prince polonais issu de la dynastie Piast et le premier souverain à être couronné roi de Pologne (1025). [1].

Biographie[modifier | modifier le code]

La Pologne sous le règne de Bolesław Ier le Vaillant.

Fils aîné du prince Mieszko Ier et de sa première épouse, la princesse tchèque Dubravka, Bolesław Ier est né en 967[1].[2] En 984, pour servir les projets politique de son père, Bolesław épouse Heminilde, la fille de Rikdag, le margrave de Misnie. Il la renvoie dès la mort de son père en 985 pour épouser en 986 Judith, la fille de Géza, duc de Hongrie avec qui il a un fils, Bezprym. Après avoir chassé Judith à son tour en 987, il se marie avec Emnilda, la fille du prince sorabe Dobromir de Lusace, avec qui il a au moins trois enfants connus ː Regelinda, Mieszko II et Otto Bolesławowic[3].

À la mort de son père le , il s'attache à unifier le pays sous son autorité unique et à éliminer ses demi-frères rivaux. En 994, il expulse du pays sa belle mère Oda von Haldensleben qui complote contre lui pour installer un de ses trois fils au pouvoir. Les demi-frères de Bolesław - Mieszko, Świętopełk et Lambert - partagent le sort de leur mère tandis que leurs partisans sont condamnés à la crevaison des yeux.

Reliquaire du Saint Adalbert dans le chœur de la cathédrale de Gniezno

Cet acte ne l'empêche pas d'entretenir de bonnes relations avec la cour impériale allemande et en 995, Bolesław soutient Otton III dans sa guerre contre les Obodrites dont un nouveau soulèvement éclate en 994 et menace la frontière occidentale du duché polonais. Fort des territoires conquis par son père - la Silésie, la Poméranie et la Petite-Pologne, Bolesław poursuit son oeuvre et cherche à prendre pied en Prusse païenne où il y envoie plusieurs missionnaires dont Adalbert. L’ancien évêque de Prague, opposé au commerce d'esclaves ce qui l'a contraint à quitter sa diocèse, part pour convertir les Prussiens au christianisme, mais après quelques jours d'une vaine mission, il subit le martyre le . Selon la légende, le prince Bolesław Ier rachète sa dépouille au prix de son poids en or puis la dépose solennellement à Gniezno. Le prince obtient sa canonisation en 999. La tombe du saint Adalbert (Wojciech en polonais) devient aussitôt un lieu de pèlerinage.

À partir de 999, Bolesław commence également une intense activité militaire qui débute avec l'occupation de la Moravie, puis de la Slovaquie en 1000-1001. [1],[2].

Congrès de Gniezno de l'an 1000[modifier | modifier le code]

En l'an 1000, Bolesław réunit à Gniezno, devant la tombe du premier saint de la Pologne, l'empereur Otton III et le cardinal Robert, représentant le pape Sylvestre II. L'empereur reconnaît Bolesław Ier comme le Frater et Cooperator Imperii - Frère et collaborateur de l'Empire et le nomme l'ami et l'allié de la nation romaine. L'empereur abandonne également à l'autorité de Bolesław et à celle de ses dignitaires tout ce qui, du domaine des honneurs ecclésiastiques, appartient à l'Empire dans le royaume de Pologne, dans les pays barbares déjà subjugués par Bolesław, ainsi que dans ceux qu'il pourrait conquérir ultérieurement. Le pape Sylvestre confirme ce traité par un privilège de la sainte Église Romaine[4]. Ainsi, la Pologne est reconnue comme membre juridiquement égal aux autres membres de l'Empire. Cette rencontre non seulement renforce la position de Bolesław Ier qui se voit l'attribuer la dignité de patrice, mais elle permet également une refonte des structures de l'Eglise en Pologne. Le prince polonais crée la métropole de Gniezno relevant directement de Rome ainsi que des diocèses à Cracovie (Petite-Pologne), à Kołobrzeg (en Poméranie) et à Wrocław (en Silésie), à côté de l'évêché existant à Poznan (Grande-Pologne). Radzim Gaudenty, le demi-frère et compagnon du saint Adalbert, est nommé le premier archevêque de Gniezno.

La même année, deux délégations auraient été envoyées à Rome auprès du pape pour l'affaire de la couronne : une polonaise, la seconde hongroise. L'ambassadeur du duc polonais, l'abbé Astéric aurait trahit Bolesław au profit d’Étienne de Hongrie qui obtient sa couronne en 1001 avec création d'une métropole hongroise à Esztergom (Gran) dont Astéric devient le premier archevêque[4]. Vues de Rome, les affaires hongroises sont plus proches, d'autant plus que dans un bref avenir, à l'époque de la rivalité entre la Byzance et le Saint-empire peut se jouer dans la vallée de Pannonie.

Guerre avec le Saint-Empire (1002-1018)[modifier | modifier le code]

La mort prématurée d'Otton III en 1002 met fin aux relations de bon voisinage avec le Saint-Empire. Profitant de la guerre de succession au sein de l'Empire À la mort du margrave Ekkehard Ier de Misnie, Bolesław Ier se proclame héritier et envahit la Misnie et la Lusace. Henri II, le nouveau empereur, concède à Bolesław la partie orientale de la Marche de Lusace tandis la Marche de Misnie est dévolu à Gunzelin, le jeune frère d'Ekkehard. La même année, Bolesław Ier marie sa fille Regelinda à Hermann Ier, le fils d'Ekkehard. En 1003, il se proclame duc de Bohême et de Moravie et il refuse de prêter serment d'allégeance à Henri II, alors que ses terres sont des fiefs de l'Empire. Henri II s'allie donc avec des païens pour chasser Bolesław Ier de Prague. En août 1005, une nouvelle attaque d'Henri II refoule les Polonais jusqu’à Poznań. Dans le traité de paix conclu alors Bolesław Ier renonce à la Misnie, la Lusace et Bohême mais conserve la Moravie. En 1007, la Poméranie occidentale s'affranchit de la tutelle polonaise et Henri II en profite pour rompre la paix. Mais les affrontements militaires profitent à Bolesław Ier qui réoccupe la Lusace.

Vers 1010, pour protéger son flac oriental, Bolesław conclut une alliance avec Vladimir Ier, le grand prince de Rus' de Kiev, dont le fils Sviatopolk Vladimirovitch, prince de Tourov, épouse une fille de Bolesław Ier. Cependant en 1012, Vladimir Ier emprisonne son fils avec sa femme ainsi que l'évêque de Kołobrzeg Reinbern, les accusant du complot contre lui. La même année, le Saint-Empire lance une nouvelle offensive contre la Pologne mais Bolesław Ier mais sans succès.

En 1013, Bolesław conclut une nouvelle paix avec le Saint-Empire. Il obtient la Lusace et la Misnie pour lesquels il prête serment d’allégeance à Henri II à Merseburg. Pour sceller cette nouvelle alliance, le fils de Bolesław, Mieszko, épouse Richezza de Lorraine de la dynastie des Ezzonides, nièce d’Othon III et fille du comte palatin Ezzo de Lotharingie. L'empereur prête renfort pour l'expédition militaire que Bolesław prépare à Kiev pour libérer son gendre. La mission n'atteint pas son objectif mais l'année suivante, Vladimir Ier meurt et Sviatopolk récupère le pouvoir. Cependant, il en est rapidement évincé par son frère Iaroslav. En 1016, Sviatopolk s'enfui et trouve refuge auprès de son beau père polonais.

Entre-temps, contrairement à ses obligations de vassal l'empereur en Lusace et en Misnie, Bolesław Ier n’envoie pas à Henri II d'aide militaire pour son expédition italienne de 1014 ce qui déclenche une nouvelle guerre contre la Pologne[1],[2]. En 1017, Henri II s'allie Iaroslav qui attaque les terres polonaises. Mais il est battu à nouveau[5].

La paix de Budziszyn (1018)[modifier | modifier le code]

Le , la paix de Budziszyn met un terme à cette longue guerre[6]. Ayant vaincu en 1017 une coalition de l’Empire avec les Bohémiens et la Rus' de Kiev, Bolesław Ier obtient la reconnaissance de sa frontière occidentale. La Pologne garde la Lusace, la Moravie, et la Misnie. Henri II conserve la Bohême, reconnait l’indépendance de la Pologne et accepte d’envoyer des troupes contre son allié de la veille, Iaroslav de Kiev[7]. La paix est renforcée par le mariage de Bolesław avec Oda, sœur d'Herman Ier, margrave de Misnie.

La conquête de Kiev (1018)[modifier | modifier le code]

En été 1018, ayant sécurisé la frontière occidentale de la Pologne, Bolesław, aidé par les troupes allemandes, hongroises et les Petchénègues lance une offensive contre la Rus' de Kiev de Iaroslav. Le résultat de la victoire sur Kiev est l’établissement de la frontière sur le Bug. Bolesław s'empare de la Ruthénie rouge. Le , Sviatopolk, le beau-fils de Bolesław Ier, est placé sur le trône de Kiev. Afin de récupérer sa fille, la femme de Sviatopolk toujours tenue en captivité, Bolesław emmène les boyards, deux sœurs, ainsi que probablement la femme de Iaroslav, en Pologne.

Ensuite, Bolesław Ier envoie une « proclamation d’une paix triomphante et amicale » aux empereurs Henri II du Saint-Empire et Basile II de Byzance, par laquelle il exprime clairement son objectif de maintenir l’Europe orientale en dehors de toute autorité impériale[1].

Couronnement (1025)[modifier | modifier le code]

Le , le dimanche de Pâques, Bolesław Ier est couronné roi de Pologne par Hipolit, l’archevêque de Gniezno, sans chercher l'approbation de l'empereur germanique et sans attendre l’autorisation du pape. Ce couronnement confirme l'ascension du jeune Etat polonais en Europe. Bolesław cesse d'être l'un des roitelets de la frontière polono-allemande. Il est maintenant investi d'une absolue souveraineté.

Hélas, il n'en jouira pas longtemps. Le , Bolesław Ier le Vaillant décède à l’âge de 57 ans, soixante jours après son couronnement. Il est inhumé dans la cathédrale de Poznań.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e (en)Marshall Cavendish Corporation, World and Its Peoples, vol. 8, Marshall Cavendish, (ISBN 9780761478836, lire en ligne), p. 1035.
  2. a b et c (en)Patrick J. Geary, Readings in Medieval History, University of Toronto Press, (ISBN 9781442601208, lire en ligne), p. 639.
  3. « Bolesław I Chrobry », sur L'Encyclopédie des Editions Scientifiques Polonaises encyklopedia.pwn.pl
  4. a et b Zygmunt Wojciechowski, « Le patrice Boleslas le Vaillant. », Revue belge de philologie et d'histoire, vol. 29, no 1,‎ , p. 33-60
  5. Robert Folz, André Guillou, Lucien Musset, De l'Antiquité au monde médiéval, Presses Universitaires de France,
  6. (en)Gerald Stone, The Smallest Slavonic Nation: The Sorbs of Lusatia, Bloomsbury Publishing, (ISBN 9781474241540, lire en ligne), p. 11.
  7. (en)Przemysław Wiszewski, Domus Bolezlai: Values and Social Identity in Dynastic Traditions of Medieval Poland (c. 966-1138), vol. 9, BRILL, coll. « East Central and Eastern Europe in the Middle Ages, 450-1450 », (ISBN 9789004181427, lire en ligne), p. 65.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]