Jean II Casimir Vasa

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Jean II Casimir Vasa
Illustration.
Portrait de Jean II Casimir par Marcello Bacciarelli.
Titre
Roi de Pologne
Grand-duc de Lituanie COA polish king Vasa.svg

(20 ans, 3 mois et 27 jours)
Couronnement ,
en la cathédrale Saint-Jean de Varsovie
Élection 17 novembre 1648
Prédécesseur Ladislas IV Vasa
Successeur Michał Wiśniowiecki
Biographie
Nom de naissance Jan Kazimierz Waza
Date de naissance
Lieu de naissance Cracovie (Pologne)
Date de décès (à 63 ans)
Lieu de décès Nevers (France)
Sépulture Cathédrale du Wawel
Père Sigismond III de Pologne
Mère Constance d'Autriche
Conjoint Louise-Marie de Gonzague
Enfants Maria Anna Teresa Vasa

Jean II Casimir Vasa

Jean II Casimir Vasa (en polonais : Jan II Kazimierz Waza), né le à Cracovie et décédé le à Nevers, est grand-duc de Lituanie et roi de Pologne de 1648 à 1668. Il porte aussi le titre du roi de Suède. Son règne marque le début du déclin de la puissance de la République des Deux Nations qui doit faire face aux soulèvements cosaques de Bohdan Khmelnytsky (1648-1657), à l'invasion suédoise (1655-1560) et à la guerre russo-polonaise (1654-1667), qui se termine par la perte d'immenses étendues du Grand-Duché de Lituanie. Il est le seul roi de l'histoire de la Pologne à renoncer volontairement à la couronne.[1] Choisissant l'exil après son abdication, il se retire en France où il devient abbé commendataire de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés de Paris, de l'abbaye de la Trinité de Fécamp et de celle de Saint-Martin de Nevers.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et premières batailles[modifier | modifier le code]

Né le à Cracovie, Jean Casimir est le deuxième fils du roi de Pologne Sigismond III Vasa. Élevé à la cour de son père à Varsovie, dès son jeune âge, il est très influencé par sa mère, Constance d’Autriche, et l'environnement jésuite. Au fil du temps, il devient l'un des piliers de la faction catholique et autrichienne à la cour de Pologne.

Il passe sa jeunesse en activités militaires. Il accompagne son père Sigismond III dans la campagne suédoise (1629) et son frère Ladislas IV Vasa dans la guerre de Smolensk (1633). Il s'engage ensuite dans le service impérial (1635) et, en tant que colonel, participe à la malheureuse campagne lorraine contre les Français.

En 1637, il est à Vienne pour le mariage de Ladislas IV avec l'archiduchesse Cécile-Renée et le rapprochement du roi de Pologne avec l'empereur. En 1638, toujours au service des Habsbourg, il part par voie maritime d'Italie en Espagne, où on lui promet la dignité de vice-roi du Portugal et d'amiral de la flotte.

La diplomatie française suit de près les actions de cet allié de la maison autrichienne. Au large des côtes de Provence, il est arrêté et, sur ordre du cardinal Richelieu, emprisonné pour espionnage contre les Habsbourg espagnols. La captivité du prince polonais dans les bastions français (1638–1640) sert à la France pour forcer Ladislas IV à s'engager à ne pas soutenir les forces impériales pendant la guerre de Trente Ans. Un envoyé spécial de Pologne venu à Paris pour libérer le frère royal (1640) doit confirmer la neutralité du roi polonais.

En 1643, Jean Casimir se rend en Italie, où il rejoint l'ordre des Jésuites. Il ne fait pas de vœux religieux mais il est néanmoins nommé cardinal par le pape Innocent X en 1646. Il déteste cette dignité et songe à se marier.

Roi de Pologne[modifier | modifier le code]

Apothéose du roi polonais Jean II Casimir Vasa, gravure de Willem Hondius, qui s'est engagé avec les forces polonaises en 1651.

Après la mort subite de Ladislas IV en mai 1648 et après avoir renoncé à sa dignité cardinale, Jean Casimir est élu sur le trône de Pologne le grâce au soutien du chancelier Jerzy Ossoliński et celui de la reine veuve Louise-Marie de Gonzague qu'il épouse.

Jean Casimir accède au pouvoir dans un pays déchiré par des conflits internes et externes. Le soulèvement de Khmelnytsky ravage l'Ukraine et l'armée royale envoyée à Zbaraż, assiégée par l'armée cosaque-tatare, ne réussit pas sa mission.

Malgré son désir de trouver un accord avec les cosaques ukrainiens, le règlement avec le khan et Khmelnytsky à Zborów (1649) n'est que temporaire et la guerre reprend. En , Jean Casimir remporte la bataille de Berestechko mais les combats continuent quand les cosaques s'allient avec la Russie, tandis que la Suède envahit la Pologne.

La réticence des nobles envers ce roi impopulaire, jugé fier et hautain, grandit et une très forte coalition de magnats anti-royaux issus de grandes familles (Opaliński, Lubomirski, Leszczyński, Radziwiłł) commence à se former dans les années 1652-1653. En 1652, le liberum veto paralysie et provoque la dissolution de la Diète pour la première fois dans l'histoire de la République des Deux Nations. Après l'accord des cosaques avec le tsar, concrétisé par le traité de Pereyaslav rattachant l'Ukraine à la Russie, une guerre russo-polonaise (1654-1667) éclate. Elle est suivie de l'invasion des Suédois (1655) qui profitent de l'engagement de la Pologne à son flanc oriental. Jean Casimir tente d'organiser la défense, mais la trahison des magnats (Hieronim Radziejowski, Janusz Radziwiłł, Krzysztof Opaliński) qui se rallient à Charles X Gustave permet aux Suédois d'envahir la Pologne. C'est le « déluge ». Le roi s'enfuit en Silésie. Édifié par la révolte populaire qui accompagne les exactions des Suédois qui prennent l'allure de la croisade protestante et la résistance du monastère de Jasna Góra assiégé, Jean Casimir publie à Opole en novembre 1655 un manifeste appelant tous les Polonais à la guerre. Il retourne ensuite au pays et prend personnellement le commandement de la lutte contre l'envahisseur. Bientôt, il rassemble autour de lui ceux qui ont auparavant soutenu Charles X. Le 1er avril 1656 à Lwów, le roi promet solennellement de soulager le sort des paysans et remet son royaume sous la protection de la Vierge Noire de Jasna Góra Le roi libère Varsovie. En parallèle de l'action militaire, son action diplomatique efficace aboutie à la création d'une coalition anti-suédoise des Tatars, de la Russie, de l'empereur Ferdinand III et du Danemark et annule ainsi les plans de partition de la République polono-lituanienne par la Suède, le Brandebourg, la Transylvanie et une Ukraine révoltée. Elle permet aussi de repousser l'invasion de Pologne par le prince de Transylvanie Georges II Rákóczi (1657).

Pour le prix de l'alliance contre les Suédois, l'électeur brandebourgeois obtient de Jean Casimir la souveraineté de la Prusse ducale (le traité de Bromberg de 1657). Dans le traité de paix avec les Suédois signé à Oliwa en 1660, le roi polonais conserve son titre de roi de Suède à vie, mais il doit renoncer à sa prétention à ce trône. Il cède aussi la Livonie, de facto suédoise depuis 1620. La guerre contre la Russie prend fin avec la trêve d'Andrusovo (1667), en vertu de laquelle Le République perd, entre autres, l'Ukraine rive gauche et la région de Smolensk.

Abdication et exil[modifier | modifier le code]

Cénotaphe de Jean II Casimir Vasa dans l'abbatiale Saint-Germain-des-prés de Paris.

La rébellion de Jerzy Lubomirski (1665-1666) contre le roi Jean Casimir accusé de vouloir transplanter l'absolutisme à la Louis XIV (sous l'influence de sa femme française) se solde par la défaite du roi à Mątwy en 1666. Bien qu'elle soit suivie de la reddition des rebelles, cette guerre civile affaiblit encore plus l'autorité du monarque et empêché les réformes de l'État. Tous ces échecs, suivis de la mort de sa femme Louise-Marie de Gonzague (1667) poussent Jean Casimir à abdiquer le le .

Il se retire en France en 1670 et devient abbé commendataire des abbayes de Saint-Germain-des-Prés à Paris, de la Trinité à Fécamp et de Saint-Martin à Nevers. Il meurt le . Il est inhumé dans l'abbatiale de Saint-Germain-des-Prés à Paris, où l’on peut toujours voir son imposant cénotaphe. En 1676, son corps est transféré à Cracovie et inhumé dans la crypte Vasa au château royal de Wawel.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) « John II Casimir Vasa », Encyclopædia Britannica, 2005, Encyclopædia Britannica Premium.
  • Jean-Pierre Fouchy, Une polka à Nice : la présence polonaise sur la Côte d'Azur, Nice, Incognito, , 173 p. (ISBN 978-2-9533545-4-6, OCLC 754711097).

Liens externes[modifier | modifier le code]