Marche de Misnie

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Marche de Misnie
Markgrafschaft Meißen (de)

965 – 1423

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
La Marche de Misnie vers l'an 1000
Informations générales
Statut Monarchie, marche de l'Empire othonien puis État du Saint-Empire
Capitale Meissen
Histoire et événements
965 Séparation de la Marca Geronis
1067 Querelle des Investitures
1423 Union personnelle avec l’Électorat de Saxe

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La Marche de Misnie ou Margraviat de Misnie (en allemand Markgrafschaft Meißen) était une principauté médiévale, une marche du Saint Empire romain, qui se trouvait dans la région de l’actuel land allemand de Saxe. Née vers l'an 965 de la dislocation de la marca Geronis (« la Marche de Gero ») à l'est de l'Elbe et la Saale, elle était située à l’est de Mersebourg et Marche de Zeitz; le territoire s'étendait le long de l'Elbe, traversant les territoires slaves (sorabes) jusqu'aux monts Métallifères et à la frontière de Bohême au sud-est. Au nord elle bordée à la marche de Lusace (la marche de l'Est saxonne).

En 1423, le margraviat est intégré à l'Électorat de Saxe, l'ancien duché de Saxe-Wittemberg, sous le règne de la maison de Wettin.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom marche de Misnie se réfère au château de Misni (Meissen), appelé d'après d'un ruisseau voisin (la Meisa). Selon la historiographie du XIXe au XXe siècle, ce nom désignait une grande marche qui était créée à partir de 965, gouvernée par des margraves au nom de l'empereur Otton Ier du Saint-Empire.

Le territoire de la Marche de Misnie fut parfois aussi appelée la Marche de Thuringe ou la marche Sorabe. Néanmoins, le nom de « marche Sorabe » (limes Sorabicus) n’apparait que quatre fois dans les Annales de Fulda au IXe siècle. Habituellement, il était plutôt utilisé pour désigner la zone à l'est de la Thuringe, les territoires situés au-delà de la Saale habités par les Slaves occidentaux, les ancêtres des Sorabes. Elles sont donc à distinguer des territoires des Milceni, mentionnés par le Géographe bavarois, au nord-est.

Fondation[modifier | modifier le code]

C'est en 928 ou 929, lors d’une campagne contre les Slaves, que le roi Henri Ier de Germanie construisit un château fort sur une colline dominant l’Elbe. Une ville s’est développée ensuite autour du château. Henri Ier n’a pas essayé de germaniser les Slaves ni de dominer toute la région. Meissen (en français vieilli Misnie), comme Brandebourg, étaient à l’origine des forts isolés[1]. La ville a grandi pour devenir une des cités les plus importantes de la vaste marca Geronis qui bordait l’est du duché ethnique de Saxe.

En 965, lorsqu’à la mort du margrave Gero le Grand sa marche a été subdivisée et la ville de Misnie est devenue la base d’une nouvelle marche destinée à soumettre les Serbes blancs (Sorabes). La première mention historique d'un margrave, Wigbert de Misnie, date de 968. La même année, le château de Meissen est devenu le siège d’un diocèse catholique.

Vers l’an 982, la marche s’étend jusqu’à la rivière Neisse à l’est et jusqu’aux monts Métallifères au sud. En 983, après la défaite de l’empereur Othon II au cap Colonne, les tribus slaves bordant l’est de la Saxe se soulèvent. Havelberg et Brandebourg sont détruits, la Marche de Zeitz est dévastée. Les margraves de Misnie, de Lusace et de la Marche du Nord s'unissent aux troupes de l’évêque d’Halberstadt et de l’archevêque de Magdebourg pour écraser les Slaves[2]. Néanmoins, les Allemands doivent se replier à l’ouest de l’Elbe.

Margraves de Misnie[modifier | modifier le code]

En 979, un certain Rikdag devient margrave de Misnie. Il acquiert en 982 les marches de Mersebourg et de Zeitz. À partir de 985, le titre de margrave de Misnie est donné par l'empereur à Ekkehard Ier, puis à son fils Hermann et à son frère Ekkehard II dont la lignée des Ekkehardiner s'éteint en 1046 à sa mort. En 1002, le duc Boleslas Ier de Pologne envahit la Marche de Thuringe[3]. Le traité de Bautzen, signé en 1018, met fin à la Guerre germano-polonaise et les pays de Milceni (la Haute-Lusace ultérieure) reviennent à la Pologne. L'empereur Conrad II le Salique a pu regagner le territoire en 1031.

Les acquisitions des margraves de Misnie jusqu'à 1273.

Le margraviat de Misnie passe en 1046 aux mains de la famille des comtes de Weimar-Orlamünde et, en 1067, dans celles de la famille dite des Brunonides dont le représentant Egbert II de Misnie est renversé en 1089 pendant la querelle des Investitures. « Henri d’Eilenburg » (Henri Ier de Misnie), le premier margrave de la maison de Wettin, lui succède. Au début du XIIe siècle, sous Wiprecht de Groitzsch, la germanisation de la Misnie débute enfin[4]. Ses successeurs Conrad Ier, dit le Pieux ou le Grand (112356), Othon II le Riche (115691) et Thierry l'Exilé (11621221) développent la marche et étendent ses limites jusqu'à Leipzig au nord-ouest et la rivière Kwisa (Queis') à l'est.

Pendant le Grand Interrègne, en 1264, le margrave Henri III prend part à la guerre de Succession de Thuringe où son oncle Henri le Raspon était mort sans laisser d’héritier direct. Entre 1243 et 1255, il s’était déjà emparé de la région autour d’Altenbourg. Le roi Albert Ier du Saint-Empire voulait obliger les margraves de Misnie à se soumettre à son autorité, mais il est défait à la bataille de Lucka en 1307. À cette époque, le margraviat était de facto indépendant.

Par la suite, la principauté est gouvernée par la dynastie des Wettin. En 1382 et en 1445, cela a mène au morcellement de la marche. Les terres sont réunifiées après l’extinction des branches cadettes de la dynastie. Cela n’a pas empêché les territoires soumis aux Wettin de s’agrandir grâce à des mariages, à des achats ou à des conquêtes. Le margraviat obtient les privilèges du burgraviat en 1426. À la fin du XVe siècle, les Wettin règnent sur toute la région comprise entre la Werra et l’Oder. Le margrave Guillaume Ier de Misnie commença à construire le château de la Résidence de Dresde vers l'an 1400.

En 1423, le margrave Frédéric le Belliqueux devient prince-électeur et comte palatin de Saxe. Le margraviat entre dans l'électorat de Saxe et perd son statut de principauté. Par le traité de Leipzig en 1485, la Saxe et la Thuringe se séparent définitivement, après la division du territoire entre les frères Ernest et Albert III de Saxe. Les duchés ernestines sont les précurseurs du land actuel de Thuringe, l'État albertin devint le land de Saxe.

Références[modifier | modifier le code]

  • Thompson, James Westfall, Feudal Germany, Volume II, New York, Frederick Ungar Publishing Co., 1928.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thompson, 481.
  2. ibid, 490.
  3. Ibid, 643.
  4. Ibid, 481.

Article connexe[modifier | modifier le code]