André Raffray

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
André Raffray
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 84 ans)
Nationalité
Activité

André Raffray, né le à Nonancourt et mort le à Paris, est un artiste graphique français.

Biographie et œuvre[modifier | modifier le code]

Il apprend le dessin d’abord par correspondance à l’Ecole ABC, puis se forme auprès d’André Rigal, dessinateur de bande dessinée spécialisé dans le cinégraphisme, qui lui apprend la maîtrise du dessin animé. En 1946 il s’installe à Paris et intègre son atelier. Raffray s’est essayé à de nombreuses techniques : mine de plomb, crayon conté, fusain, sanguine, encre de chine, mais son domaine de prédilection reste le crayon de couleur et la gouache[1].

En 1953, André Raffray entre au service Animation de la société Gaumont, il en deviendra d’ailleurs le responsable jusqu’en 1982[2].

Il réalise le générique mais également les prologues des épisodes du feuilleton Les Brigades du Tigre, grand succès de la télévision française entre 1970 et 1980. Pour chaque épisode il produit plusieurs gouaches qui sont ensuite filmées et sur lesquelles une voix off pose les bases du récit qui va suivre[3].

Dans les dessins qu’il réalise pour la série, Raffray fait de véritables reconstitutions historiques et restitue les décors du début du siècle (1900-1920). Chacune est conçue comme une scène cinématographique reprenant le format trois-quarts du cinéma. Chaque scène est le résultat d’une recherche historique de la part de l’artiste qui souhaite retracer la vie quotidienne et réelle de ces années-là. André Raffray était un peintre très précis, son grand sens du détail et de l’histoire lui vaut d’être réétudiée à l’heure actuelle comme une contribution importante[4].

André Raffray s’inspire des œuvres de grands peintres comme Paul Cézanne ou Piet Mondrian et fut un grand admirateur de Marcel Duchamp. Entre 1975 et 1976, il réalise douze gouaches intitulées La Vie illustrée de Marcel Duchamp, présentées dans l’exposition inaugurale du Centre Georges Pompidou. Ces commandes étaient destinées à faire partie de la scénographie de l’exposition, conçues comme des tableaux rétro-éclairés, ou des caissons lumineux, elles constituaient un décor autour duquel se déployait l’exposition[5].

En 1977-78 il illustre l’encyclopédie audiovisuelle du cinéma de Claude-Jean Philippe.

En 1981 il expose à nouveau au Centre Pompidou dix toiles de la série « Paysages recommencés » inspirés par des artistes comme John Constable, Gustave Courbet, Piet Mondrian, Georges Seurat, Paul Gaugin ou encore Vincent Van Gogh. Il s’inspire de ces maîtres, reproduit leurs œuvres, et va jusque sur les lieux de la réalisation du tableau, afin de recréer l'œuvre avec plus d’objectivité. Il se met à la place du maître et adopte son point de vue mais les peint à sa manière. Il intitule cette série les peintures « recommencées ». Il réalise ces toiles au crayon de couleur ou à la peinture à l’huile et les expose au Centre Pompidou accompagnées des toiles des maîtres dont il avait obtenu le prêt[6].

« Mais à côté de ce travail d’imagination, Raffray se lance dans une aventure qui se révèlera vertigineuse, absorbant toute sa vie et produisant un effet décapant sur notre conception de la création artistique : il entreprend de recommencer les paysages peints par les maîtres qu’il admire. Retrouvant le site, le moment, la lumière, la saison, au prix de longs voyages et de recherches acharnées, il crée son propre paysage, peignant d’après sa photographie du site une vision d’une ambiguïté stupéfiante, qui contient à la fois la réalité observée et le tableau de Monet, Constable, Seurat, Van Gogh... »[6].

André Raffray avec cette série de « recommencées » fait partie des appropriationistes tardifs. Il reproduit par exemple la Montage Sainte-Victoire de Paul Cézanne (1977-78), Etretat, Soleil couchant de Claude Monet (1980-81) ou encore l’Eglise de Collioure d’après Henri Matisse. Plus tard il créé des diptyques de paysages, dans lesquels il reproduit une copie de l’œuvre puis il réalise sa propre vision du site. Il accroche ces tableaux en confrontation, comme par exemple l’Eglise de Domburg de Piet Mondrian (1985) Notre Dame de Paris, d’après Henri Matisse (1985) ou encore les falaises de Pourville d’Eugène Delacroix (1984)[7].

André Raffray ne retrouve pas toujours le paysage peint par les maîtres qu’il copie dans le même état que celui de l'œuvre, ils se sont parfois transformés. Ces frustrations l’ont conduit à réaliser des paysages déchirés :

« Parfois, dans mes recherches, j’avais été frustré de ne pouvoir utiliser certains sites fameux, dont une partie avait hélas disparu. C’était le cas, notamment, pour les vues de Georges Seurat à Port-en-Bessin. L’idée me vint de les « reconstituer », en combinant crayons de couleur et photo. Je dessinais d’après la peinture la partie disparue et lui adjoignais, en la déchirant à la demande, une photo de la partie toujours existante, celle qu’avait connue Seurat. L’extrême fidélité du peintre à son sujet permettait que s’ajustent exactement les deux éléments. »[8]

André Raffray a également reproduit des autoportraits de maîtres, pour se faire il chercha dans les librairies et bibliothèques une photographie de l’autoportrait, ou une image reprenant la posture de l’artiste au même âge.

Sa méthode et son processus créatif est souvent le même : il réalise une photographie du tableau qu’il souhaite réaliser, après avoir sélectionné ses diapositives il les projette sur une toile. Grâce à cette projection il définit le cadrage, note les détails de la composition mais également les variations de tons et la densité des teintes. Il réalise ensuite sa toile le plus souvent aux crayons de couleurs dans une représentation quasi photographique donnant une illusion du réel[6].

En 2005, une exposition rétrospective lui est consacrée au Musée des Beaux-Arts de la ville de Rouen intitulée « André Raffray ou la peinture recommencée ».

En 2012, la galerie Semiose réalise une exposition des dessins qu’André Raffray a réalisé pour Les bridages du Tigre[9].

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

2013 : Les brigades du Tigre, Musée des Beaux-Arts de Libourne

2012 : Les brigades du Tigre, Semiose galerie, Paris

2009 : Les brigades du Tigre, Villa Tamaris, La Seyne sur Mer

2008 : Galerie Beaubourg, Paris

2007 : Dyptiques d’autoportraits, Galerie Beaubourg, Paris

2007 : André Raffray ou la peinture recommencée, Saint-Brieuc/Rouen

2007 : Brooklyn Bridge, Achim Moeller Fine Art, New York

2001 : André Raffray. Un musée imaginaire, Galerie Beaubourg, Vence

2000 : André Raffray. Hommage à l’art, Achim Moeller Fine Art, New York

1999 : André Raffray, Éloge des autres, Galerie Baudoin Lebon, Paris

1999 : André Raffray, Lobden anderen, Kunst und Anstellunghalle der Bundesrepublik Deutschland, Bonn

1996-1998 : André Raffray, Rudiments d’un musée possible, MAMCO, Genève

1978 : Galerie Godula Buchholtz, Munich

1977 : La vie de Marcel Duchamp, Musée de Brest, Brest

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

2016 : Le rêve, cur: Christine Poullain et Guillaume Theulière, Centre Georges, Musée Cantini - Marseille

2015 : Tableaux, conversations sur la peinture, Frac Limousin, Limoges

2014 : Mécaniques du dessin, Frac Artothèque du Limousin

2014 : Cet obscur objet du désir, Musée Gustave Courbet, Ornans

2013 : Ulysses, l’autre mer, cur: Marcel Dinahet, Jean-Marc Huitorel, Catherine Elka, Frac Bretagne, Châteaugiron

2013 : Donation Florence et Daniel Guerlain, Dessin contemporains , cur: Jonas Storsve, Centre Georges Pompidou, Paris

2013 : Ni bois pour construction, ni stères d’allumettes, cur: Morgane Fourey, Maison des Arts de Grand-Quevilly

2013 : Kilometres/Heure, Utopies automobiles et ferroviaires (1913-2013), Tour 46, Belfort / Musée du château des ducs du Wurtemberg - Montbéliard

2012 : Je est un autre, Semiose galerie, Paris

2011 : Collector, œuvres du FNAC, Tripostal, Lille

2011 : L’avenir du paysage, Semiose galerie, Paris

2010 : Chefs d’œuvres, Centre Georges Pompidou, Metz

2009 : Les plus grands artistes du XXe arrondissement de Paris, Semiose galerie, Paris

2007 : Photo Peintres, F.R.A.C. Limousin, Limoges

2006 : Chauffe Marcel, Carré d’art de Montpellier, Montpellier

2006 : Le Douanier Rousseau, jungles à Paris, Galeries Nationales du Grand Palais, Paris

2004 : Rivages, organisé par le F.R.A.C. Bretagne, Saint-Brieuc

2004 : Dix-sept artistes à dix-sept ans, Musée Rimbaud, Charleville Mézières

2003 : Une collection de chefs-d’œuvre, F.R.A.C. Limousin, Limoges

2003 : The recurrent hanting ghost, Francis Naumann Fine Art, New York

2001 : Comme à la maison, Galerie Beaubourg, Vence

2000 : Fabrice Hybert, Les Loisirs, Galerie Beaubourg, Vence

1993 : Sehsucht, Kunst und Austellungshalle der Bundesrepublik, Deutschland, Bonn

1993 : Marcel Duchamp, Palazzo Grassi, Venise

1988 : Le Territoire de l’art, Musée d’État Russe, St Petersbourg

1984-1988 : Musée des Arts Décoratifs, Paris

1986-1987 : Effecto Archimboldo, Palazzo Grassi, Venise

1975-1976 : Exposition inaugurale du Musée National d’art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris

Collections publiques[modifier | modifier le code]

  • Collection Château d’Oiron
  • Collection Académie de Muséologie Évocatoire

Bibliographie[modifier | modifier le code]

André Raffray, Les brigades du tigre, gouaches originales de la série télévisée, Textes de Bernard Blistène et Thierry Saumier, Semiose éditions, Paris, 2013.

Étant donné André Raffray, Entretien avec Bernard Blistène, Ed. de la Différence, Paris.

André Raffray, L’art autour de l’Art, Entretien avec Kristell Loquet et Jean-Luc Parant, Ed. Marcel Le Poney, Illiers Combray, 2005.

André Raffray ou la peinture recommencée, Textes de Bernard Blistène, Thierry Dufrêne, Catherine Elkar,

Laurent Salomé, Isabelle Sobelman et André Raffray, Ed. La Différence/Galerie Beaubourg, Paris, 2005.

André Raffray, un musée imaginaire, Ed. La Différence/Galerie Beaubourg, Paris, 2001.

Le château d’Oiron et son cabinet de curiosités, Centre des Musées Nationaux/Editions du Patrimoine, Paris, 2000.

Sehsucht, Kunst -und Ausstellungshalle derBundesrepublik Deutchland, Bonn, 1993.

Curiosa & Mirabilia, Château D’Oireon, 1993.

Marcel Duchamp, Palazzo Grassi, Veneise, 1993.

Territorium Artis, Kunst - und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutchland, Bonn, 1992.

Le Territoire de l’Art, Musée d’État Russe, Saint-Petersourg, 1990.

André Raffray. Diptyques 1984-1987, Musée des Arts-Décoratifs, Paris, 1988.

Centenaire de la naissance de Marcel Duchamp, Appariades duchampiennes, Académie de Muséologie Évocatoire, Warelwast (France), 1987.

Effeto Arcimboldo, Palazzo Grassi, Venise, 1987.

André Raffray, Drei Motive, Städtisches Museum Abteiberg, Mönchengladbach, 1984.

Dix Paysages, onze paysagistes, Centre National d’Art et de Culture Georges Pompidou, Paris, 1981.

Éric Satie, Théâtre National de l’Opéra, Paris, 1979.

La Vie illustrée de Marcel Duchamp, Centre National d’Art et de Culture Georges Pompidou, Paris, 1977.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « André Raffray ou la peinture recommencée », sur www.musees-haute-normandie.fr, (consulté le 8 mars 2017)
  2. « Le peintre André Raffray est décédé le 6 janvier | Connaissance des Arts », Connaissance des Arts,‎ (lire en ligne)
  3. Bernard Blistène, Thierry Saumier, André Raffray, Les Brigades du Tigre, Paris, Semiose éditions, , 287 pages p. (ISBN 978-2-915199-69-7), p. 17
  4. Anne Dressen, « L’ombre portée d’André Raffray », Particules n028,‎ avril juin 2010, p. 12 (ISSN 2427-9927)
  5. Philippe Dagen, « André Raffray, artiste », Le Monde,‎ (ISSN 0395-2037, lire en ligne)
  6. a, b et c « André Raffray ou la peinture recommencée », sur www.musees-haute-normandie.fr, (consulté le 8 mars 2017)
  7. Bernard Blistène, Thierry Dufrêne, Catherine Elkar, Laurent Salomé, Isabelle Sobelman, André Raffray, André Raffray, Rouen, Éditions de la Différence/musée des Beaux-Arts de Rouen/Frac Bretagne, 240 pages p. (ISBN 2-7291-1573-0)
  8. André Raffray, André Raffray ou la peinture recommencée, Rouen, Différence/musée des Beaux-Arts de Rouen/Frac Bretagne, , 240 pages p. (ISBN 2-7291-1573-0), p. 10
  9. « André Raffray - Les brigades du Tigre, André Raffray », sur www.semiose.fr (consulté le 8 mars 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]