André Lecoq

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André Lecoq
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BaillevalVoir et modifier les données sur Wikidata
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Activité
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André Lecoq est un carrossier français et restaurateur d'automobiles anciennes, fondateur de la Carrosserie Lecoq. Il est notamment connu pour son travail de restauration sur des voitures de collection.

Biographie[modifier | modifier le code]

André Lecoq est né le 23 avril 1929 à Paris dans le 15e arrondissement, de parents bretons originaires de Carentoir, et décédé le 13 décembre 2012 à Bailleval dans l'Oise[1]. Il est connu et reconnu comme l'un des plus grand carrossier français, notamment pour ses restaurations de voitures de collection.

André Lecoq était connu pour sa passion de l'automobile mais aussi de l'accordéon, dont il commença à jouer à l'âge de 18 ans. Il emmenait son instrument dans tous ses déplacements en France, ou aux États-Unis au Pebble Beach Concours d'Elegance. Il a obtenu la médaille d'or de la Bogue d'or de Redon[2].

Carrosserie Lecoq[modifier | modifier le code]

Carrosserie Lecoq à Rétromobile 2018.

En 1943, à l'âge de 14 ans, André Lecoq entre à l'usine Simca[3] de Nanterre puis à celle de Poissy comme apprenti tôlier-formeur, où il façonne et ajuste les tôles de pavillon pour l'Aronde. Avec l'arrivée des carrosseries en polyester, André Lecoq se spécialise[4] dans les réparations de ces carrosseries.

En 1963, il crée la « Carrosserie Lecoq »[5] et s'installe rue Blanqui à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis dans le petit atelier de son père. Il fut le premier restaurateur de carrosserie de France. Spécialiste des carrosseries polyester, il travaille d'abord pour Alpine puis pour Deutsch-Bonnet et à la fin des années 1960, il déménage pour un plus grand atelier rue Charles-Schmidt, toujours à Saint-Ouen.

Au début des années 1970, Matra Automobiles lui confie toutes ses réparations de polyester, puis lui envoie ses clients pour des restaurations[6]. C'est à cette époque que Matra Automobiles[7] lui offre son panonceau à l'effigie du "coq gaulois" qui deviendra l'emblème de la carrosserie Lecoq.

Toujours début des années 1970, Adrien Maeght, collectionneur d'automobiles et propriétaire d'une galerie d'art à Paris, lui achète une Volkswagen Schwimmwagen en mauvais état et lui demande de la restaurer. Impressionné par le résultat de la restauration, Adrien Maeght confie alors à l’atelier Lecoq une Hispano-Suiza à restaurer, puis d’autres voitures de sa collection personnelle. C'est le début de la reconnaissance de la carrosserie Lecoq qui va forger son destin dans la restauration d'automobiles de collection. Il devient alors le carrossier privilégié de Franco-Britannic, l'importateur des Bentley, Rolls-Royce et Jaguar de l'époque, et de Ferrari-France[8] qui lui confient leurs luxueux modèles.

Horch 853 Sport Cabriolet de 1938.

André Lecoq s'oriente alors dans la restauration des véhicules de luxe d'avant guerre : Bugatti, Delage, Delahaye, Packard ou Hispano-Suiza. Il acquiert une réputation dans le monde de la voiture de collection au fur et à mesure des rassemblements et concours d’élégance auxquels il participe[9].

En 1975, il achète un vétuste cabriolet Horch 853 A[10] de 1939, produit à 950 exemplaires, à un gendarme français. Il le fait restaurer dans son atelier pour le présenter à divers rallyes de voitures anciennes, comme à Chantilly où il a remporté de prestigieux trophées. Le niveau de restauration de sa Horch est tel qu'il attire de nouveaux clients pour faire restaurer leur véhicule, et confirme ainsi la réputation de la carrosserie Lecoq. La Horch d’André Lecoq devient ainsi la vitrine[11] du savoir-faire de l’entreprise.

Max Alunni - Carrosserie Lecoq.
Porsche Carrosserie Lecoq.jpg

Reconnu comme "LA" référence[12],[13] de la carrosserie et doté d'une solide réputation dans la restauration de voitures de collection, il est surnommé «le Chanel de la restauration d'automobiles»[14].

En 2002, André Lecoq a confié la direction de sa carrosserie à Max Alunni, puis en novembre 2006 il a cédé sa célèbre entreprise de carrosserie automobile au groupe Albax[15] géré par Max Alunni, et son fils Thomas qui est directeur-adjoint de la carrosserie Lecoq.

En 2011, la carrosserie Lecoq prend ses quartiers dans ses nouveaux ateliers[16] de Bezons (Val d'Oise) sur un site de 7 000 m2 dont 3 500 m2 d'atelier, sous la direction de Jean-Luc Bois[17].

En 2015, Tesla remet à la carrosserie Lecoq l’unique agrément « Tesla carrosserie[18] » de France.

Á partir du mois d'août 2015, une seconde carrosserie ouvre ses portes à Mandelieu-la-Napoule en Provence-Alpes-Côte d'Azur près de Cannes, nommée « Carrosserie Lecoq Riviera », dirigée par Thomas Alunni. Elle comprend un atelier de carrosserie dédié à la restauration de 750 m², ainsi qu'un atelier de carrosserie moderne de 1 600 m², dédié aux véhicules haut de gamme[19]. En mars 2018, à 34 ans, Max Alunni devient directeur des entreprises Lecoq de Bezons et Mandelieu-la-Napoule[20].

La Collection Lecoq[modifier | modifier le code]

Au cours de sa carrière, André Lecoq a constitué une collection de voitures prestigieuses qu'il exposera dans un salon privé de son château de Béthencourt ainsi qu'une collection de véhicules et d'objets militaires mis en scène dans une dépendance, avec ses récompenses et trophées gagnés lors de concours et expositions. À sa mort, quatorze de ses véhicules d'exception sont vendus aux enchères le 10 juin 2013[14],[21] à Paris, lors de la vente no 2366 « Automobile sur les Champs 5» par Artcurial, ainsi que ses trophées et coupes, ses médailles et les plaques émaillées qui ornaient son musée privé. Suivant ses volontés, une partie des bénéfices de la vente est reversée à la Société protectrice des animaux[22].

Les automobiles de la Collection Lecoq[modifier | modifier le code]

Liste des automobiles collectionnées par André Lecoq et vendues aux enchères[23] :

Collection Automobiles Lecoq
Année Marque Modèle N° Châssis N° Moteur Vendue aux enchères N° de lot
1908 Renault AX Phaeton 2779 60 166  224
1929 Austin Seven Torpedo 102256 MI04633 19 253  215
1934 Packard 1108 Twelve Limousine 734230 114 315  220
1934 Ford V8-40 Torpedo Le Baron 85473555 18GF2530 52 946  213
1935 SS One Tourer 248687 248687 186 515  217
1935 Renault Nervastella Grand Sport Cabriolet 709953 255 060  222
1935 Fiat 508 S Balilla Spider Sport Ligne "Coppa D'Oro" 13283 863885 96 266  223
1936 Packard Super Eight Cabriolet 14TH959-268 959268 219 004  219
1938 Bugatti Type 57 Coach Ventoux 57704 503 523 444  212
1938 BMW 327/328 Cabriolet 73713 85427 227 427  214
1939 Horch 853 A Cabriolet 854320A 852078 685 892 [24] 216
1939 Mercedes Benz Type 320/340 Cabriolet B Usine 434963 10142029319 283 984  218
1947 Delahaye 135 MS Coach Chapron 800581 800581 174 481  221
1954 MG TF 1250 Roadster HDC 46/1428 XPAG/TF/31543 35 498  211

Événements[modifier | modifier le code]

En 1989, le carrossier s'associe au pilote automobile Jean-Pierre Beltoise et au milliardaire Hervé Ogliastro, un des grands collectionneurs français et ancien propriétaire de Rétromobile, pour fonder le « Centre International l'Automobile de Pantin » (CIA), rue Estienne-d'Orves. Le musée est inauguré le 3 décembre 1989 sur l'ancien site des "Ateliers de la Motobécane"[25]. André Lecoq va restaurer une ancienne Motobécane MB1[26] de 1925, achetée par Hervé Ogliastro, pour ensuite l'exposer au CIA en hommage à la marque disparue. Le musée ferme après de deux ans d'exploitation.

En 1989, il cofonde l'Association pour la Création du Parc d'Histoire Technique (ACPHT), dont il est le vice-président[27], qui organise des rencontres nationales entre collectionneurs de véhicules anciens.

Entre 1995 et 1996, la Carrosserie Lecoq réalise une série limitée, la Renault Twingo Lecoq, produite à moins de cinquante exemplaires[28] dont les jantes BBS reçoivent le logo Lecoq en leur centre, et un monogramme Lecoq trouve sa place au bas des ailes avant.

En 2009, André Lecoq est invité au Concours d'Élégance de Pebble Beach en Californie en tant que juge de classe[29], l'année même où le Grand Gagnant "Best of show" du concours d'élégance est une ... Horch 853 Voll & Ruhrbeck Sport Cabriolet de 1937[30].

Le Château de Béthencourt[modifier | modifier le code]

49° 20′ 53″ nord, 2° 28′ 39″ est

La salle des Glaces.

En 1980, André Lecoq et son épouse achètent le domaine de Béthencourt d’une superficie de 3,3 hectares[31] à Bailleval. Alors qu’il vivait à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), il se rendait à son château de Bailleval pour conduire ses véhicules de collection. C'est là qu'il a construit deux dépendances[32] dont une de 350 m2 couverte nommée La salle des Glaces où il exposait sa collection de voitures anciennes, ses médailles et trophées. Autour de la demeure principale, un circuit permettait la présentation des voitures comme lors des concours d’élégance qu'il affectionnait, et une allée faisait le tour du parc en passant près des étangs.

En 2009, le couple Lecoq lègue son château à la municipalité de Bailleval[33], où le maire Olivier Ferreira a décidé, suivant les deniers vœux d'André Lecoq, d'en faire un lieu culturel[34]. Le 18 décembre 2012, André Lecoq est inhumé[35] au cimetière de Bailleval aux côtés de son épouse décédée deux ans plus tôt.

En 2017, la commune de Bailleval renomme l'ensemble « Domaine André Lecoq ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Loic Bailliard, « André Lecoq est décédé », Auto Plus,
  2. « Accordéon. André Lecoq quitte la commune », Le Télégramme,
  3. « Artcurial Motorcars Présente : "Automobiles Sur Les Champs 5" ... lundi 10 juin au Théâtre du Rond-point », finecars.cc,
  4. Christian Lissot et André Pascaud, « Le MGCF Entre Seine Et Oise. Visite De La Carrosserie Lecoq », mgclubdefrance.com,
  5. « Qui Sommes-nous ? », lecoq-carrosserie.com
  6. « Automobiles sur les Champs Élysées »
  7. « Histoire : Matra et la compétition », MotorLegend,
  8. « Il fut le premier restaurateur de France »
  9. « La vente Artcurial Motorcars du 10 juin inclura la collection André Lecoq », Directgestion.com,
  10. « 1939 Horch 853 A Cabriolet », Artcurial.com
  11. « La collection d'André Lecoq en vente le 10 juin prochain », Challenges,‎ (lire en ligne)
  12. « Disparition du carrossier André Lecoq », Le Parisien,
  13. « André Lecoq n'est plus : La carrosserie française perd un de ses grands noms », BlogAutomobile,
  14. a et b Mélina Gazsi, « Vente d'Artcurial : en voiture ! », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  15. « Max Alunni rachète le roi de la carrosserie de luxe ! », Iris-conseil,
  16. Antoine Arnoux, « Rétromobile 2011 : changement d'adresse pour la carrosserie Lecoq », Turbo,‎ (lire en ligne)
  17. Patrick Lange, « Du sang neuf pour la Carrosserie Lecoq », L'Argus,‎ (lire en ligne)
  18. « Tesla choisit Lecoq comme carrossier pour la France », Automobile-club79,
  19. « La Carrosserie Lecoq Riviera »
  20. Justine Pérou, « Thomas Alunni reprend la direction de la carrosserie Lecoq », L'Argus,
  21. Camille Pinet, « La collection d'André Lecoq en vente le 10 juin prochain », Challenges,
  22. Gilles, « Le carrossier André Lecoq est mort », Autonewsinfo,
  23. « Automobiles sur les Champs 5 », Artcurial
  24. Sylvain Richard, « Rétromobile 2015 – Horch 853 Cabriolet de 1936 », 4legend.com,
  25. Christian Ferrand, « La belle mécanique niche à Pantin », Libération,
  26. « Rétromobile 2017 by Artcurial Motorcars chez Artcurial », auction.fr,
  27. « La locomotion en fête », sur https://lalocomotionenfete.com
  28. Paul Clément-Collin, « Renault Twingo Lecoq: rare série de luxe », sur http://boitierrouge.com,
  29. Kate Constantin, « Reviving Lecoq »
  30. « 1937 Horch 853 Voll & Ruhrbeck Sport Cabriolet », Sports Car Digest,‎ (lire en ligne)
  31. Claude Petit, « Le château de Béthencourt en héritage », Le Courrier Picard,‎ (lire en ligne)
  32. A.R. et S.H., « André Lecoq, amoureux des belles carrosseries », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  33. Auréline Rupert, « Le petit village hérite d’un château de 4 M€ », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  34. « Le château légué devient un lieu culturel », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  35. « décès de Monsieur André LECOQ »