André Laurendeau

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André Laurendeau
Illustration.
Fonctions
Député de Montréal-Laurier
Prédécesseur Paul Gauthier
Successeur Paul Provençal
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Montréal
Date de décès (à 56 ans)
Lieu de décès Ottawa
Parti politique Bloc populaire canadien
Profession Journaliste

André Laurendeau (né le à Montréal, mort le à Ottawa) est un romancier, dramaturge, essayiste, journaliste et homme politique canadien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils unique de Blanche Hardy et Arthur Laurendeau naît à Montréal le 21 mars 1912[1]. Ses parents sont musiciens, nationalistes et appartiennent à la petite bourgeoisie canadienne française[2]. Il étudie au Collège de Sainte-Marie tenu par les Jésuites à partir de 1923; il forme avec des condisciples le « Cercle Crémazie qui se réunit à la demeure de ses parents sur la rue Hutchison, à Montréal[3].

Il épouse Ghislaine Perreault le 4 juin 1935[4].

Parcours[modifier | modifier le code]

Maxime Raymond, André Laurendeau et Henri Bourassa, lors d'une assemblée du Bloc populaire canadien, tenue au stade Delorimier de Montréal, le .
Première page de la revue mensuelle publiée au Québec, organe officiel de la Ligue d'action nationale 1948

Dès 1933, il fonde avec quelques amis le mouvement des « Jeune-Canada » et collabore à la revue L'Action nationale dirigée par son père. En 1935, il va étudier la philosophie et les sciences sociales à Paris. Revenu au Québec, il dirige L'Action nationale de 1937 à 1942 et de 1948 à 1954[5].

Député du Bloc populaire[modifier | modifier le code]

En 1942, il se lance en politique pour s'opposer à la conscription, au sein de la Ligue pour la défense du Canada, puis il participe à la fondation du Bloc populaire canadien, un parti de centre-gauche dont il devient bientôt le chef provincial au Québec, Maxime Raymond en étant le chef fédéral. André Laurendeau est député à Québec de 1944 à 1948[6].

Rédacteur en chef du Devoir[modifier | modifier le code]

Rédacteur en chef adjoint en 1947, rédacteur en chef en 1957 du quotidien Le Devoir, il s'associe étroitement à la lutte contre Maurice Duplessis, puis à l'affirmation nationale du Québec pendant la « Révolution tranquille ». Son beau-frère, l’avocat Jacques Perrault, président du conseil du Devoir, « est généralement considéré comme une victime du duplessisme ». Il est décédé tragiquement le 7 mai 1957[7].

André Laurendeau est connu pour avoir répandu le mot joual. Il est aussi animateur à la radio et à la télévision de Radio-Canada, de 1952 à 1961. Le , il publie un éditorial classique qui servira de base idéologique aux libéraux et souverainistes des années suivantes[8].

Il écrit la préface du livre culte Les insolences du frère Untel après un avoir engagé un échange épistolaire avec l'auteur, Jean-Paul Desbiens, qui choisit d'abord l'anonymat[9].

Commission Laurendeau-Dunton[modifier | modifier le code]

De 1963 jusqu'à sa mort, il préside conjointement avec Davidson Dunton la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, aussi appelé Commission Laurendeau-Dunton, dont il avait lui-même suggéré la création dans un éditorial inspiré par son jeune ami Léon Dion. Il tient son journal pendant la durée de la Commission royale d'enquête dans lequel il documente ses rencontres ainsi que ses réflexions sur le déroulement de celle-ci[10].

Solange Chalvin, journaliste au Devoir de 1951 à 1955 puis de 1963 à 1975, pour qui André Laurendeau a été un « maître à penser » écrit ceci à propos de sa nomination à la Commission :

« Son départ du Devoir fut pour les journalistes de l'époque une première perte, mais nous conservions l'espoir de le voir revenir. Le dialogue que nous avions amorcé avec lui se poursuivait au jour le jour dans l'exercice de notre profession; au hasard d'une rencontre avec lui, nous le reprenions comme si l'absence n'avait rien coupé des liens intellectuels qui s'étaient établis entre lui et ses journalistes.

Le 15 mai 1968, André Laurendeau était victime d'une rupture d'anévrisme cérébral qui le terrassa à Ottawa, au sortir d'une conférence de presse. Il mourut le 1er juin suivant, à l'âge de 56 ans. Le Québec venait de perdre l'un de ses plus grands intellectuels. C'est seulement alors que nous avons abandonné l'espoir de son retour[11]. »

André Laurendeau demeure de nos jours une référence pour les questions d'éducation, de politique et de société. Selon l'historien et journaliste Jean-François Nadeau, Laurendeau continue, cinquante ans après sa mort, « d'incarner en son pays une figure exemplaire de l'intellectuel[12] ».

Il accordait une grande importance à l'éducation et à l'avenir des jeunes. Sont nommés en son honneur : le Cégep André-Laurendeau et l'école Laurendeau-Dunton, à Ville LaSalle (Montréal), une école à Saint-Hubert et une autre à Ottawa (aujourd'hui fermée). En outre, l’ACFAS décerne annuellement, depuis 1986, un « Prix André-Laurendeau » dans le domaine des sciences humaines.

Plusieurs ouvrages lui ont été consacrés, dont Denis Monière, André Laurendeau et le destin d'un peuple, Québec/Amérique, , 347 p. (ISBN 2-89037-184-0) ; Donald J. Horton, André Laurendeau : la vie d’un nationaliste, 1912-1968, Les Éditions Bellarmin, , 375 p. (ISBN 2-89007-790-X) ; Nadine Pirotte (dir.), Penser l’éducation. Nouveaux dialogues avec André Laurendeau, Boréal, , 237 p. (ISBN 2-89052-272-5) ; et Robert Comeau (dir.) et Lucille Beaudry (dir.), André Laurendeau. Un intellectuel d'ici, Les Presses de l’Université du Québec, coll. « Les leaders politiques du Québec contemporain », , 306 p. (lire en ligne [PDF])

Dans le cadre des célébrations autour du centenaire du journal Le Devoir une publication, sous la direction de Jean-François Nadeau, qui présente des textes et archives, dont deux articles significatifs de Laurendeau dont l'un dénonce l’intervention politique d’un ministre dans le congédiement du peintre Paul-Émile Borduas, alors professeur à l’École du meuble et signataire du Refus global et un second qui porte sur la suspension de Maurice Richard, hockeyeur mythique « devenu un héros national »[13]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Voyages au pays de l'enfance (1960)
  • Une vie d'enfer (1965)

Distinctions honorifiques[modifier | modifier le code]

Fonds d'archives[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bouvier, Félix, 1960-, André Laurendeau, Lidec, (ISBN 276087057X et 9782760870574, OCLC 36838353, lire en ligne), p. 1
  2. Bouvier, Félix, 1960-, André Laurendeau, Lidec, (ISBN 276087057X et 9782760870574, OCLC 36838353, lire en ligne), p. 1-2
  3. Bouvier, Félix, 1960-, André Laurendeau, Lidec, (ISBN 276087057X et 9782760870574, OCLC 36838353, lire en ligne), p. 4-5
  4. Bouvier, Félix, 1960-, André Laurendeau, Lidec, (ISBN 276087057X et 9782760870574, OCLC 36838353, lire en ligne), p. 15
  5. Bouvier, Félix, 1960-, André Laurendeau, Lidec, (ISBN 276087057X et 9782760870574, OCLC 36838353, lire en ligne), p. 8
  6. Bouvier, Félix, 1960-, André Laurendeau, Lidec, (ISBN 276087057X et 9782760870574, OCLC 36838353, lire en ligne), p. 27
  7. Jean-François Nadeau, « 50 ans après la mort de Duplessis. L’homme de l’arbitraire », Le Devoir,‎ (lire en ligne, consulté le 13 septembre 2014)
  8. Maurice Duplessis à l'Assemblée nationale: la théorie du roi nègre
  9. Desbiens, Jean-Paul, 1927-2006., Les insolences du frère Untel, Éditions de l'Homme, (ISBN 2761907930 et 9782761907934, OCLC 18643273, lire en ligne)
  10. Laurendeau, André., Journal tenu pendant la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, Vlb éditeur/le septentrion, (ISBN 2890053962 et 9782890053960, OCLC 22204408, lire en ligne)
  11. Solange Chalvin, « Souvenir de la rédaction - Par la grâce de mon mentor, André Laurendeau », Le Devoir,‎ , A1
  12. « Cinquante ans après sa mort, André Laurendeau reste une figure exemplaire de l’intellectuel », sur Le Devoir (consulté le 1er juin 2018)
  13. Nadeau, Jean-François, 1970-, Le Devoir, Éditions de l'Homme, (ISBN 9782761929752 et 2761929756, OCLC 659177246, lire en ligne), p. 104
  14. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, « Bibliothèque et Archives nationales du Québec - Fonds Familles Laurendeau et Perrault (CLG2) » (consulté le 11 février 2013)
  15. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, « Bibliothèque et Archives nationales du Québec - Fonds Ligue pour la défense du Canada - 1939-1943 (CLG6) » (consulté le 13 septembre 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]