Alix de Méranie

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Adélaïde de Bourgogne
Titre comtesse de Bourgogne
(1248-1279)
Autre titre comtesse de Savoie (1268-1279)
Prédécesseur Othon III de Bourgogne
Successeur Othon IV de Bourgogne
Biographie
Dynastie Maison d'Ivrée
puis Maison de Savoie
Nom de naissance Alix de Méranie
Naissance
Décès
Évian-les-Bains
Père Othon II de Bourgogne
Mère Béatrice II de Bourgogne
Conjoint 1. Hugues III de Chalon
2. Philippe Ier de Savoie
Enfants Othon IV de Bourgogne
Hugues
Étienne
Renaud de Bourgogne
Henri
Jean
Alix
Élisabeth
Hippolyte
Guyonne
Marguerite
Agnès

Alix de Méranie ou Adélaïde de Bourgogne, née vers 1209 et mort en 1279, est une noble, comtesse de Bourgogne de 1248 à 1279, ainsi que comtesse de Savoie par mariage.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alix ou Adélaïde, née en 1209, est la fille du duc Othon Ier d'Andechs et de Moravie et de la comtesse Béatrice II de Bourgogne.

Premier mariage[modifier | modifier le code]

Le 1er novembre 1236, elle épouse, en Allemagne, Hugues de Chalon, fils du comte Jean Ier de Chalon, sire de Salins[1], issu d'une branche cadette de la Maison d'Ivrée[2]. Jean dit l'Antique cherchait en effet à marier son fils à une héritière de la maison comtale et ainsi, selon une volonté familiale, de se substituer à la branche aînée[2]. Les tractations débutent durant l'année 1227 et aboutissent en 1231[2]. Le père d'Alix, le comte Othon Ier, s'engage à donner une de ses filles en mariage au jeune Hugues[2].

Ils ont :

Toutefois ce mariage n'est pas aussi favorable à la branche cadette[2]. En effet, le frère d'Alix Othon III de Bourgogne hérite du comté en 1234 à la mort de leur père[2]. Par ailleurs, Alix n'est pas l'aînée des filles mais la cinquième, ce qui l'éloigne de l'ordre de succession[2]. Toutefois, le comte Othon III de Bourgogne meurt assassiné en 1248, sans avoir d'héritier[2]. Son décès marque la fin de la lignée Impériale masculine allemande directe des comtes palatin de Bourgogne de la Maison de Hohenstaufen et de la Maison d'Andechs.

Ses sœurs sont rapidement écartées de la succession, jugées comme trop proche de l'Allemagne[2]. Seule Alix semble avoir des atouts pour devenir l'héritière désignée en vivant en comté mais également en parlant la langue de la principauté[2]. Avec son époux, et surtout son beau-père qui semble prendre une place majeur dans la gouvernance[2], la lignée des comtes palatin de Bourgogne revient à la branche cadette française, de la maison d'Ivrée[4]. Le comté de Bourgogne est placée désormais sous la suzeraineté du duché de Bourgogne et du Roi de France, depuis la première fois de son histoire à défaut de suzeraineté filiale des Empereurs Germaniques par héritage du royaume de Bourgogne par les Allemands (voir 1er comte Otte-Guillaume de Bourgogne.

Veuvage et second mariage[modifier | modifier le code]

Carte représentant deux entités politiques du XIVe siècle, à gauche le Duché de Bourgogne, à droite le Comté de Bourgogne.
Carte des duchés (à l'ouest) et comté (à l'est) de Bourgogne au XIVe siècle.

En 1266, son mari Hugues III de Chalon meurt, et, en 1267, son beau père le comte Jean Ier de Chalon[4]. Adélaïde se retrouve alors seule sans l'aide de ses deux précédents régents face à l'empereur Rodolphe Ier du Saint-Empire qui veut restaurer la vassalité du comté de Bourgogne au Saint Empire germanique. En 1257, l'Empire voit s'affronter deux prétendants à l'élection impériale : Richard de Cornouailles, anglais, fils de Jean sans Terre, et Alphonse X de Castille. Ce dernier l'emporte ; or, il est soutenu par le duc de Bourgogne Hugues IV, qui cherche à agrandir son territoire en annexant le comté au duché.

Les Savoie sont au cours de cette période les alliés de l'Angleterre. En effet, deux des filles de Béatrice de Savoie, comtesse de Provence, sœur du comte de Savoie Pierre II et de l'ancien archevêque Philippe de Savoie, ont épousé pour l'une Henri III d'Angleterre et la seconde Richard de Cornouailles[5]. Une alliance avec cette maison permettrait d'obtenir une nouvelle protection. La faible probabilité d'avoir à nouveau un enfant, laisse son fils aîné Othon IV de Bourgogne (ou Othelin), né du premier mariage, le champs libre pour garder la possession de la Bourgogne[6].

Le 11 juillet 1267, elle se remarie donc, à l'âge de cinquante-huit ans, avec Philippe de Savoie. Le mariage a lieu au château de Bracon[1].

Le prince de Savoie devient de fait comte de Bourgogne. Il succède, l'année suivante, à son frère Pierre II, à la tête du comté de Savoie. Ils n'ont pas de descendance[1]. Vers 1270, elle tente de recueillir la suzeraineté sur les possessions d'Humbert de La Tour du Pin[7],[8].

La comtesse fait son testament durant le mois novembre 1278, à Salins, dans lequel elle institue son fils, Otton, comme héritier du comté de Bourgogne[1]. Le 8 mars 1279[1], elle meurt à Évian, dans le comté de Savoie, au bord du lac Léman à l'âge de 70 ans. Son corps est inhumé devant le grand autel de l'abbatiale de Cherlieu[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Samuel Guichenon, Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie ou Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie justifiée par titres, fondations de monastères, manuscrits, anciens monumens, histoires, et autres preuves authentiques, chez Jean-Michel Briolo, 1660, pp. 296 (lire en ligne).
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Marie-Thérèse Allemand-Gay, Le pouvoir des comtes de Bourgogne au XIIIe siècle, vol. 368, Presses universitaires de Franche-Comté, coll. « Cahiers d'études comtoises », , 495 p. (ISBN 978-2-25160-368-1, lire en ligne), p. 144.
  3. Laurence Delobette, « L'abbesse de Baume, Beatrix de Bourgogne (+ v. 1313) ou la dynamique de l'affranchissement », dans Nella Arambasin, coord., Les affranchies : Franc-comtoises sans frontières. Colloque transdisciplinaire, Besançon, Faculté des Lettres (17-18 juin 2011), Presses universitaires de Franche-Comté, 2013, p. 25-52.
  4. a et b Marie-Thérèse Allemand-Gay, Le pouvoir des comtes de Bourgogne au XIIIe siècle, vol. 368, Presses universitaires de Franche-Comté, coll. « Cahiers d'études comtoises », , 495 p. (ISBN 978-2-25160-368-1, lire en ligne), p. 188.
  5. Emmanuel Davin, « Béatrice de Savoie, Comtesse de Provence, mère de quatre reines (1198-1267) », Bulletin de l'Association Guillaume Budé, vol. 1, no 2,‎ , p. 176-189 (lire en ligne).
  6. Nicole Brocard, Mémoires de la Société pour l'Histoire du Droit et des Institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romands, vol. 63, Dijon, Société pour l'Histoire du Droit et Institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romands, , 444 p. (ISBN 978-2-901075-32-5, présentation en ligne), « Le comté de Bourgogne dans la tourmente entre 1248 et 1273 ».
  7. Paul Cattin, Le château et le pont de Pont-d'Ain au début du XIVe siècle, d'après les comptes de châtellenie, Cahiers René de Lucinge, 4e série no  27, 1991, p. 5.
  8. Alain Kersuzan, Défendre la Bresse et le Bugey - Les châteaux savoyards dans la guerre contre le Dauphiné (1282 - 1355), Lyon, Presses universitaires de Lyon, (lire en ligne), p. 29.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]