Agnès de Faucigny

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Agnès de Faucigny
Peinture à l'huile du 18e siècle, représentant la comtesse, conservée au Palais Royal de Venaria Reale
Peinture à l'huile du 18e siècle, représentant la comtesse, conservée au Palais Royal de Venaria Reale

Titre Dame de Faucigny
(1253-1268)
Prédécesseur Aymon II de Faucigny
Successeur Béatrice de Faucigny
Autres fonctions Comtesse de Savoie
Biographie
Dynastie Maison de Faucigny
Maison de Savoie
Décès
Château de Pierre-Châtel (Bugey)
Père Aymon II de Faucigny
Mère Inconnue
Conjoint Pierre II de Savoie
Enfants Béatrice de Faucigny (1234-1310)

Blason Faucigny.svg

Agnès de Faucigny (Agnetis dominæ Fuciniaci), morte le au château de Pierre-Châtel (Bugey), est dame de Faucigny, fille du baron Aymon II de Faucigny (1202-1253). Elle épouse en 1234 Pierre de Savoie, futur comte de Savoie.

Enfance[modifier | modifier le code]

Agnès de Faucigny est la seconde fille du baron Aymon II de Faucigny. Née d'une mère inconnue, une tradition indique qu'elle aurait pu appartenir à la famille ou à une branche cadette des comtes de Bourgogne, selon l'interprétation d'une mention de Simon de Joinville dans son testament[Note 1]. L'historien local contemporain de La Corbière réfute cette thèse selon laquelle Beatrix de Bourgogne aurait épousé le sénéchal Simon de Joinville après un mariage avec Aymon de Faucigny, aucun acte n'attestant ce premier lien[2].

Mariage[modifier | modifier le code]

Guillaume, alors évêque de Valence, fils du comte Thomas Ier de Savoie, se rapproche ainsi du baron Aymon II de Faucigny, qui n'a pas d'héritier mâle et dont la seconde fille, Agnès, est célibataire[3]. Le baron a dans la quarantaine et son futur gendre en aura la trentaine, ce qui lui permet d'envisager de garder encore un certain temps la gestion de sa seigneurie[4]. Aymon est considéré comme un allié du comte Thomas Ier de Savoie[5].

Le projet d'alliance avec la Maison de Savoie prend forme en 1234. Agnès épouse en février, sous la bénédiction de l'évêque Guillaume de Savoie, Pierre II de Savoie, au château de Châtillon-sur-Cluses[6],[7]. Elle apporte en dot les seigneuries de Faucigny, de Beaufort et plusieurs autres terres[8]. Son père fait stipuler que, quelle que soit la progéniture issue du mariage — fille ou garçon —, elle serait l'héritière de la dot de sa mère[6],[9].

Leur unique enfant, Béatrice, naît dans l'année[10]. Son grand-père veillera d'ailleurs à l'avenir de la baronnie en organisant le mariage, et par delà l'héritage du Faucigny, de sa future petite fille[4]. Après des tractations entamées dès 1241-1242 par le baron de Faucigny, Béatrice de Faucigny est promise en 1253, alors qu'elle est âgée de sept ans, à Guigues VII (1225 – 1269), dauphin de Viennois[10]. Le mariage est officialisé en 1261. La même année, le baron Aymon II de Faucigny décède.

Agnès hérite du titre et des droits de son père, au détriment de sa sœur Béatrice mariée à Étienne II de Thoire et Villars[8],[11].

Le neveu de Pierre, Boniface qui était comte de Savoie meurt au début du mois de juin 1263. Bien que Thomas, son frère aîné déjà décédé, ait des fils, la coutume savoyarde le fait hériter en tant que plus proche parent, la loi de primogéniture au second degré n'étant pas encore établie. Il devient alors le douzième comte de Savoie et Agnès la comtesse consort.

Succession[modifier | modifier le code]

Le comte Pierre II est bien malade au début du mois de mai[12]. Il meurt en mai 1268 au château de Pierre-Châtel[13],[14],[15]. Il est inhumé, le jour suivant probablement, dans la nécropole comtale des Savoie d'Hautecombe sur les rives du lac du Bourget[13].

Dans son testament du , il lègue à sa femme les châteaux de Versoix (Genève), d'Allinges (Vieux et Neuf en Chablais), de Féternes (Chablais), de Charousse (Faucigny/Genève) et d'Aubonne (Vaud)[16],[ReG 1].

Agnès meurt quelques mois plus tard, le 11 août, également au château de Pierre-Châtel en Bugey[ReG 2],[13]. Son testament de 1262[Note 2] faisait de sa fille son héritière, suivant ainsi les volontés d'Aymon II[ReG 3]. Selon l'acte recueilli par le Régeste genevois, « elle s'engage par serment à ne pas faire, du vivant de son mari, des dispositions contraires au présent testament »[ReG 3].

Après la mort de son époux, Agnès fait des ajouts à son testament le 9 ou 11 août 1268, sans en changer le nom de son héritière[17],[18],[ReG 4]. Elle donne deux châteaux en Bresse qui reviennent à sa sœur et à son frère (fratri meo) Simon de Joinville, seigneur de Gex, « soit le château de Versoix, dont elle excepte la villa de Commugny, soit tout ce qu'elle possède dès le dit Commugny jusqu'à la Cluse, près de Collonges, entre le Rhône et le Jura, sous la condition que le tout demeurera du fief de Faucigny, et que le dit Simon de Joinville bâtira près de la Versoix et dotera une maison religieuse (domum Dei) »[ReG 4].

Le mari de Béatrice, Guigue VII, prend l'entière possession du Faucigny[19]. Le lendemain de la mort d'Agnès, sa sœur, Béatrice de Thoire-Villars, mais aussi le frère de Pierre II, le comte Philippe de Savoie, revendiquent leur part d'héritage[19],[18]. Une guerre de succession éclate entre les différentes puissances.

Le corps d'Agnès rejoint la nécropole des sires de Faucigny et est ensevelie dans l'église du prieuré de Contamine-sur-Arve[20],[21].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon [REG 884] du Régeste genevois (p. 218) est accompagnée d'une annotation relatant le degré de parenté constaté entre Simon de Joinville, sire de Gex, et Agnès, fille d'Aimon de Faucigny. Dans son testament, « elle lègue à son frère (fratri meo) Simon de Joinville, seigneur de Gex, soit le château de Versoix. » Selon la tradition, elle serait ainsi la demi-sœur du sénéchal de Joinville, fils du second mariage de Beatrix de Bourgogne, dame d'Auxonne et de Marnay, d'où la probabilité qu'Agnès soit la fille de la comtesse[1].
  2. Voir le testament en langue vulgaire d'Agnès de Faucigny, écrit et clos dans la chapelle de Mélan, le 13 des Ides de Mai 1262. Cité dans l'ouvrage de Feige, p.419.

Références[modifier | modifier le code]

Régeste genevois[modifier | modifier le code]

Actes publiés dans le Régeste genevois (1866), que l'on peut consulter en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) :

  1. Testament du (REG 0/0/1/1028).
  2. Acte du (REG 0/0/1/1035).
  3. a et b Testament du (REG 0/0/1/943).
  4. a et b Testament du (REG 0/0/1/1034).

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. State Archives, volume 104, page 22, fascicules 15, and Wurstenberger (1858), Vol. IV, 764, p. 443. Pour la note concernant le lien de parenté avec Simon de Joinville, voy. REG 884, note.
  2. de la Corbière 2002, p. 58.
  3. Eugene L. Cox 2015, p. 38-39.
  4. a et b Faucigny 1980, p. 15.
  5. de la Corbière 2002, p. 49.
  6. a et b Eugene L. Cox 2015, p. 40.
  7. Demotz 2000, p. 458-459.
  8. a et b Feige 1898, p. 9.
  9. AndenmattenRaemy 2000, p. 20
  10. a et b Germain 2007, p. 226.
  11. Faucigny 1980, p. 17.
  12. Laurent Ripart, « Non est consuetum in comitatu Sabaudie quod filia succedit patri in comitatu et possessione comitatus Genèse de la coutume savoyarde de l’exclusion des filles », Cahiers lausannois d'histoire médiévale,‎ , p. 295-331 (lire en ligne).
  13. a, b et c Germain 2007, p. 452.
  14. Victor Flour de Saint-Genis, Histoire de Savoie (Volume 1), 1868, p. 255.
  15. Jean Létanche, Les vieux châteaux, maisons fortes et ruines féodales du canton d'Yenne en Savoie, Le livre d'Histoire-Lorisse, , 99 p. (ISBN 978-2-84373-813-5), p. 79.
  16. Joseph Dessaix, La Savoie historique, pittoresque, statistique et biographique, Slatkine (réimpr. 1994) (1re éd. 1854), 781 p. (ISBN 978-2-05101-334-5, lire en ligne), p. 284.
  17. Feige 1898, p. 10.
  18. a et b Feige 1898, p. 12.
  19. a et b Carrier 2001, p. 36.
  20. Faucigny 1980, p. 55-56.
  21. Carrier 2001, p. 28.