Xinhua

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Xinhua
Création 1931
Fondateurs Parti communiste chinoisVoir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique Rattachée au conseil des affaires de l'État de la république populaire de Chine
Action Première agence de presse du Parti communiste chinois
Siège social Pékin
Drapeau de Chine Chine
Actionnaires Conseil des affaires de l'État de la République populaire de ChineVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité Agence de presse
Produits Nouvelles
Filiales Xinhuanet (d)
Effectif 10 000
Site web www.xinhuanet.com
www.news.cnVoir et modifier les données sur Wikidata

Xinhua (chinois simplifié :  ; chinois traditionnel : 新華社 ; pinyin : Xīnhuá shè ; litt. « groupe Chine nouvelle », communément appelée « agence Chine nouvelle », prononcer [ʃinwa] (homophone de « chinois ») ou [ʃinxwa](chine-rhoua) en français) est la plus grande et la plus ancienne des deux agences de presse nationales chinoises.

L'autre agence est China News Service.

Historique[modifier | modifier le code]

Xinhua a été fondée en 1931 par le Parti communiste chinois. Le premier nom de l'agence est Red China, puis en 1937, elle a pris le nom de Xinhua (« Chine nouvelle »)[1].

En 2011, Xinhua emploie plus de 10 000 employés dans le monde avec 140 bureaux à l'étranger[2]

En , le conseil d'État décide de fusionner l'activité d'informations financières de Securities Journal, de Shanghai Securities News, d'Economic Information Daily et de Xinhua Publishing House pour former China Fortune Media Corporation Group[3].

Organisation[modifier | modifier le code]

Siège de Xinhua à Pékin.

Xinhua est rattachée au Conseil des affaires de l'État de la république populaire de Chine et donne le point de vue officiel du gouvernement chinois[4]. Quand un événement est « sensible », les médias chinois doivent se limiter à reprendre les dépêches de Xinhua, qui reflètent la ligne du parti communiste chinois[5].

Xinhua, qui dispose de bureaux dans toutes les provinces de Chine, est largement utilisée comme source d'informations par d'autres media locaux. Elle dispose également d'une forte présence internationale, et publie sur le Web des informations en anglais, arabe, espagnol, chinois, français et russe.

En 2013, l'agence Chine nouvelle a ouvert un espace de 400 m2 rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris afin d'améliorer l'image de la république populaire de Chine[6].

En Afrique, l'agence France-Presse (AFP), malgré une forte implantation, constate une difficulté à se développer du fait de la stratégie de l'agence Chine nouvelle qui pratique des « prix cassés ». Pour l'AFP, l'agence Chine nouvelle servirait aussi d‘« agence de communication pour les firmes chinoises qui s‘installent »[7].

Le , Xi Jinping a fait une visite d'inspection au sein des rédactions de Xinhua, du Quotidien du Peuple et de la télévision CCTV. À l'issue de cette visite, Xi Jinping « a ordonné [...] aux médias gérés par le Parti communiste chinois (PCC) et le gouvernement chinois de suivre strictement la direction du Parti »[8]. En réaction, le blogueur Ren Zhiqiang indique que le parti ne soutient pas financièrement ces médias mais c'est l'argent public qui est utilisé à cette fin : « Cessez d’utiliser l’argent des contribuables pour des choses qui ne leur fournissent aucun service » [9].

Critiques[modifier | modifier le code]

En 2005, l'ONG Reporters sans frontières, dont le secrétaire général était alors Robert Ménard, la décrit comme « la plus grande agence de propagande du monde »[10]. Selon le journaliste français Gautier Battistella, « Xinhua permet au Parti communiste chinois de maintenir un monopole de l’Information en Chine »[11]. Pour le quotidien Rue89, lors d'évènements sensibles, les médias chinois doivent se limiter à reproduire les dépêches de Xinhua[12].

En , l'ONG Reporters sans frontières critique la diffusion, par la télévision d’État CCTV et par Xinhua, de « confessions extorquées à des individus (comme celle de Charles Xue (en)) vraisemblablement par la force. La généralisation de cette pratique constitue une menace alarmante pour l’information libre et indépendante »[13].

Les données transmises par l’agence de presse sont sélectionnées pour donner une image positive de la Chine. Ainsi certaines informations sont censurées comme l’opposition des Tibétains ou la mort de Liu Xiaobo en prison en 2017[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Xavier Ternisien et Harold Thibault, Le monde selon Xinhua, Le Monde, .
  2. Les ambitions planétaire de Chine Nouvelle, Le Monde, .
  3. China to merge state media for stronger voice in financial news, Reuters, .
  4. Laëtitia Allemand, Jean-Michel Oullion, Les médias en Chine.
  5. L'agence chinoise Xinhua éclaire Time square, Rue89,  : « Xinhua est au cœur du système d’information contrôlé par le parti communiste chinois : dès qu’un événement devient sensible, le département de la propagande du PCC exige des médias chinois qu’ils se contentent de reprendre les dépêches de Xinhua, qui correspondent à la ligne officielle. ».
  6. Pascale Nivelle, A Paris, Chine nouvelle veut épater la galerie, Libération.fr,  : « Nobel. Les chaînes de la télévision chinoise CCTV, institution tout aussi officielle, ouvrent également des bureaux partout. La concurrence serait loyale, si les organes de presse chinois n’obéissaient à une déontologie particulière, notamment la censure d’Etat. La vitrine du Faubourg-Saint-Honoré en est l’exemple. Ici, nul risque de voir des portraits du Prix Nobel de la paix emprisonné Liu Xiaobo ou de Tibétains immolés. L’agence Xinhua expose l’information officielle policée, qu’elle voudrait étendre au reste du monde ».
  7. L'AFP face à la menace signée Chine nouvelle, Stratégie.fr, .
  8. Xi Jinping met l'accent sur la direction du PCC dans la diffusion d'informations, Xinhua, .
  9. Brice Pedroletti, « Ren le canon », le blogueur qui ose défier le président chinois Xi Jinping Le Monde, .
  10. [PDF] Gautier Battistella et Reporters sans frontières, « Xinhua, la plus grande agence de propagande du monde », 2005, 12 pages.
  11. Gaël Vaillant, Xinhua, une certaine vision du journalisme, L'Express, , « En 2005, le journaliste Gautier Battistella décide d’enquêter sur le fonctionnement de Xinhua. De Pékin à Paris, il a réussi à obtenir la confiance de journalistes (tous chinois) alors en activité dans l’agence. Les révélations de son rapport, publié par Reporters sans frontières, sont accablantes : Xinhua permet au Parti communiste chinois de maintenir un monopole de l’information en Chine. ».
  12. L'agence chinoise Xinhua éclaire Times Square, Rue89, .
  13. « RSF demande à nouveau à l'Union Européenne des sanctions contre CCTV et Xinhua »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  14. Laurence Defranoux, Propagande : comment la Chine s’infiltre à l’Ouest Libération, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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