Yolande (opéra)
| Yolande Иоланта | |
| Genre | Opéra |
|---|---|
| Nbre d'actes | 1 acte |
| Musique | Piotr Ilitch Tchaïkovski |
| Livret | Modeste Ilitch Tchaïkovski |
| Langue originale |
Russe |
| Sources littéraires |
Kong Renés Datter (La Fille du Roi René), pièce en un acte de Henrik Hertz |
| Durée approximative |
env. 1 h 30 min |
| Dates de composition |
1891 |
| Partition autographe |
Musée d'État de la Culture Musicale M. Glinka, Moscou (conducteur, sauf le n° 6-a) |
| Création | 18 décembre 1892 Théâtre Mariinsky, Saint-Pétersbourg |
| Représentations notables | |
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| Personnages | |
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| Airs | |
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Yolande (en russe : Иоланта ; prononcer Yolanta ou Yolanda[1]), op. 69, est un opéra en un acte de Piotr Ilitch Tchaïkovski sur un livret de Modeste Tchaïkovski (le frère du compositeur), basé sur la pièce en un acte de Henrik Hertz intitulée Kong Renés Datter (La Fille du Roi René). Il fut représenté pour la première fois le 18 décembre 1892 au Théâtre Mariinsky à Saint-Pétersbourg.
Sommaire |
[modifier] Genèse
Vers 1883, Tchaïkovski avait lu Kong Renés Datter (La Fille du Roi René), pièce en un acte de Henrik Hertz parue en 1853, et fut très intéressé par le sujet. Il assista à une représentation de la pièce le 10 mai 1888 au Théâtre Maly, à Moscou. La jeune actrice Elena Konstantinova Leshkovskaïa dans le rôle de Yolanta l'avait tant ému qu'il se décida à créer l'opéra.
Début 1891, le directeur des Théâtres Impériaux, Ivan Vsevolojski, lui demande de composer un ballet en deux actes, Casse-Noisette, et un opéra en un acte pour le mois de décembre de la saison 1891/1892. C'est l'opportunité pour Tchaïkovski de proposer le sujet de Yolande. Pendant l'année 1891, Tchaïkovski est invité aux États-Unis pour l'inauguration du Carnegie Hall, ce qui retarde considérablement la composition des deux œuvres au point de devoir repousser la date de la première représentation d'un an.
Après le grand projet qu'avait constitué son dernier opéra La Dame de pique, Tchaïkovski s'inquiétait d'un éventuel épuisement de son inspiration créatrice. Il commença la composition de Yolande avec le duo final, en juin 1891, et malgré ses inquiétudes, ne la termina qu'en septembre, et entreprit l'orchestration de novembre à décembre. L'œuvre fut bien accueillie mais Tchaïkovski en était quelque peu déçu et pensait qu'il se répétait, le comparant notamment à son opéra L'Enchanteresse.
[modifier] Création
Il était prévu que l'opéra soit joué en tant que première partie d'un gala, suivi du ballet Casse-Noisette que Tchaïkovski avait composé presque en même temps que l'opéra. Yolande fut représenté pour la première fois le 18 décembre 1892, au Théâtre Mariinsky à Saint-Pétersbourg, sous le bâton d'Eduard Nápravník, avec les décors de Mikhaïl Ilitch Botcharov. L'opéra fit en tout onze représentations.
[modifier] Distribution
| Rôle | Nom en russe | Tessiture | Créateur |
|---|---|---|---|
| René, Roi de Provence | Рене | Basse | Konstantin Serebriakov |
| Robert, duc de Bourgogne | Роберт | Baryton | Leonid Yakovlev |
| Comte Vaudémont, chevalier bourguignon | Водемон | Ténor | Nikolaï Nikolaïevitch Figner |
| Ibn-Hakia, médecin maure à la cour du Roi | Эбн-Хакиа | Baryton | Arkadi Tchernov |
| Alméric, officier du Roi | Альмерик | Ténor | Vassili Karelin |
| Bertrand, portier du château | Бертран | Basse | Yalmar Frei |
| Yolanta, fille aveugle du Roi | Иоланта | Soprano | Medea Ivanovna Mei-Figner |
| Martha, préceptrice de Yolanta, épouse de Bertrand | Марта | Contralto | Mariya Danilovna Kamenskaïa |
| Brigitta, amie de Yolanta | Бригитта | Soprano | Aleksandra Runge |
| Laura, amie de Yolanta | Лаура | Mezzo-soprano | Mariya Dolina |
| Dames de la Cour, amies de Yolanta, suite du Roi, régiment du duc de Bourgogne, hommes en armes | Chœur, rôles muets | ||
[modifier] Représentations successives
- 3 janvier 1893, Opéra d'État de Hambourg, sous la direction de Gustav Mahler
- 22 mars 1900, Wiener Staatsoper, Vienne, sous la direction de Gustav Mahler
[modifier] Argument
En Provence au XVe siècle
La princesse Yolanta, née aveugle, vit protégée du monde dans le château de son père. Pour ne pas l'affliger, le Roi impose que sa cécité lui soit cachée. La jeune fille jouit de la nature, du parfum des fleurs, des gazouillis des oiseaux et des chants de sa préceptrice et de ses amies. Rien ne lui manque.
Le Roi demande au médecin maure de sa cour s'il existe un remède pour guérir sa fille. Le docteur informe qu'il faudrait que Yolanta se rendît compte de sa cécité et désirât voir pour être guérie. Le Roi hésite à suivre ce conseil.
À l'occasion d'une partie de chasse, le duc Robert et le chevalier Vaudémont se perdent et escaladent le mur qui mène au jardin de Yolanta, qu'ils rencontrent. Vaudémont en tombe immédiatement amoureux. Il demande à Yolanta de choisir pour lui une rose rouge, mais elle choisit deux fois une rose blanche. Vaudémont comprend alors qu'elle est aveugle et essaie de lui expliquer la couleur et la lumière. La princesse écoute émerveillée mais ne comprend pas la nécessité de voir, puisqu'elle ignore le sens de ce mot. Le Roi, arrivant sur les lieux, est d'abord furieux contre le chevalier qui a trahi le secret. Le médecin le rassure en lui disant que désormais consciente de son mal, la princesse peut guérir. Pour tromper la jeune fille, le Roi menace de mort le chevalier, à moins que Yolanta ne guérisse. La princesse demande alors un remède au médecin, et sa volonté de guérir la délivre de la maladie. Le Roi avait promis la princesse au Duc. Or, ce dernier en aime une autre. Alors le Roi accepte de donner sa fille en mariage à Vaudémont.
[modifier] Analyse
Yolande est le dernier opéra de Tchaïkovski, écrit dans les mois qui précèdent la mort du compositeur dans des conditions pas encore tout à fait éclaircies.
Le merveilleux conte peut être interprété à plusieurs niveaux. On ne sait pas exactement à quel point Tchaïkovski s'est identifié à son infortunée héroïne. Yolanta est-elle l'allégorie de l'artiste vivant dans son monde de rêve, protégé de la réalité ? Est-elle le pendant féminin de Tchaïkovski ? Lui-même a en effet dû vivre caché dans une société intolérante, en raison de son homosexualité.
D'un autre point de vue, le Roi représente le principe d'autorité, il ne veut pas laisser sa fille connaitre la vérité. Pour le médecin en revanche, la connaissance de la vérité est une condition de la guérison de Yolanta. Les principes autoritaires du Roi auraient été appliqués si le médecin n'était pas intervenu, à plusieurs reprises, en faveur de Yolanta. L'amour triomphe finalement.
[modifier] Orchestration
| Instrumentation de Yolande |
| Bois |
| 3 flûtes (la 3e prend le piccolo), 2 hautbois, 1 cor anglais, 2 clarinettes (en si bémol et la), 2 bassons |
| Cuivres |
| 4 cors (en fa), 2 trompettes (en si bémol et la), 3 trombones, 1 tuba |
| Percussions |
| Timpani |
| Cordes |
| 2 harpes, premiers violons, seconds violons, altos, violoncelles, contrebasses |
[modifier] Programme
- Introduction
- 1. Scène
- 1-a. Arioso de Yolanta
- 2. Scène et chœur
- 3. Scène et chœur
- 4. Scène
- 4-a. Arioso du Roi René
- 5. Scène
- 5-a. Monologue de Ibn-Hakia
- 6. Scène
- 6-a. Air de Robert
- 6-b. Romance de Vaudémont
- 7. Scène et duo
- 8. Scène
- 9. Final
[modifier] Airs célèbres
- Arioso de Yolanta : « Pourquoi n'ai-je pas souffert autrefois ? »
- Arioso du Roi René : « Seigneur, si j'ai péché… »
- Monologue de Ibn-Hakia : « Il y a deux mondes… »
- Air de Robert : « Qui peut égaler ma Mathilde ? »
- Romance de Vaudémont : « Non ! Les charmes de la beauté agitée ne me disent rien. »
- Duo de Yolanta et Vaudémont : « Je ne comprends pas ton silence. »
[modifier] Annexes
[modifier] Notes et références
- Dans une lettre à son frère Modeste datée du 1er novembre 1891 dans le calendrier grégorien, Tchaïkovski précise qu'il préfère prononcer Yolanda, avec un « d » et non un « t » car le prénom français est Yolande.
[modifier] Articles connexes
[modifier] Liens externes
- La partition : partitions libres dans l’International Music Score Library Project.