Ivan Vsevolojski

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Ivan Vsevolojski en caftan traditionnel, 1903

Ivan Aleksandrovitch Vsevolojski (en russe : Иван Александрович Всеволожский ; 18351909) fut directeur des Théâtres Impériaux de Russie de 1881 à 1898 puis de l'Ermitage de 1899 à 1909.

Administrateur compétent, le prince[1] Ivan Vsevolojski a toujours travaillé avec la plus grande détermination pour l'excellence. En 1886, il fit deux réformes majeures au sein des Théâtres Impériaux de Saint-Pétersbourg ; le déplacement des Opéra et Ballet Impériaux du Théâtre Bolchoï Kamenny (jugé plutôt dangereux vers 1886) au Théâtre Mariinsky, et l'abolition du poste de premier compositeur du Ballet Impérial, poste autrefois occupé par des compositeurs tels que Léon Minkus et Cesare Pugni.

Famille[modifier | modifier le code]

Fils du prince Alexandre Vsievolodovitch (1793-1864), diplomate, et de la princesse Sophie Ivanonva (1800-1852), née princesse Troubetskoï.

Les Vsevolojski appartenaient à la fine fleur de l'aristocratie russe : en effet, sa famille paternelle, alors une des plus riches de l'Empire, était issue en droite ligne des fondateurs de la Russie, et celle de sa mère provenait de ceux de la Lituanie.

Accomplissements[modifier | modifier le code]

Danse[modifier | modifier le code]

Méconnu en France, Vsevolojski a pourtant été à l'origine de ballets mondialement connus tels La Belle au bois dormant (Tchaïkovski - Petipa) et Casse-Noisette (Tchaïkovski - Ivanov - Petipa).

En 1889, il demanda au maître de ballet Marius Petipa de chorégraphier un ballet, La Belle au bois dormant pour le Théâtre Mariinsky. Il obtint aussi l'accord du plus célèbre compositeur russe de tous les temps : Piotr Ilitch Tchaïkovski. Vsevolojski écrivit le livret lui-même ; dans sa carrière, il avait été dramaturge et avait écrit de nombreux essais.

Il était aussi lui-même un artiste talentueux et dessina de très nombreux croquis de costumes de théâtre. Grâce à lui, on dit que le ballet de La Belle au bois dormant représente la production (mise en scène, décors et costumes) la plus chère qu'on ait jamais vue pour l'époque — et peut-être même jusqu'à maintenant.

Grand admirateur de la musique de Tchaïkovski vers 1895, Ivan Vsevolojski mit en scène trois des derniers opéras du compositeur : L'Enchanteresse (1886), La Dame de pique (1889 — avec le livret du frère du compositeur, Modeste Tchaïkovski, basé sur une œuvre de Pouchkine) et Yolande (1892 — avec un livret de Modeste Tchaïkovski). Vsevolojski demanda la composition de cette œuvre en tant que première partie d'un gala en deux actes dont la deuxième partie serait le ballet Casse-Noisette. Ce ballet en deux actes devait présenter la chorégraphie de Marius Petipa, le maître de Ballet Impérial, mais finalement, elle fut créée par son assistant, Lev Ivanov, à cause des problèmes de santé de Petipa. La première représentation de Yolande et de Casse-Noisette, le 18 décembre 1892, reçut un certain succès et Tchaïkovski pensait que le ballet aurait assez de popularité pour au moins deux ans.

Vsevolojski dessina aussi les costumes pour les deux derniers ballets de Tchaïkovski : La Belle au bois dormant et Casse-Noisette.

Art pictural[modifier | modifier le code]

Directeur de l'Ermitage jusqu'à sa mort, Ivan Vsevolojski s'employa à y attirer les plus brillants artistes et collectionneurs de son temps, dont Alexandre Benois. Il y utilisa aussi ses nombreuses relations familiales ainsi que celles qu'il avait pu nouer à l'étranger durant sa carrière de diplomate.

À l'occasion du cinquantenaire de la création du Musée de l'Ermitage, une médaille fut spécialement tirée en l'honneur de son directeur, présentant son profil sur l'avers[2].

Il fut aussi l'auteur de nombreuses caricatures mettant en scène et en relation les anciennes et contemporaines affaires politiques.

Il réalisa également quelques feuilles d'éventail, accessoires particulièrement à la mode en ce début de Belle Époque.

Galerie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Alexandre A. Polovtsoff, Dictionnaire biographique russe (De Chtchapoff à Youchnievsky[3])(Texte en ligne), 1896-1918.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il s'agit d'un titre de courtoisie, reconnu en respect de l'ancienneté de cette maison, branche cadette des princes rourikides de Smolensk.
  2. Oeuvre de son amie Marie L. Dillon.
  3. Щапов-Юшневский