Wikipédia:Termes à utiliser avec précaution

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Il n’y a sans doute pas de mots au sujet desquels il est possible d’affirmer qu’il ne faut jamais les utiliser dans un article de Wikipédia. Cependant certains termes peuvent être inappropriés. Ils peuvent, lorsqu’ils sont incorrectement employés, induire un sens qui dépasse l’intention du rédacteur. Ils risquent alors d’appuyer de façon subtile un point de vue, être péjoratifs même si ce n’était pas la volonté de l’auteur, ou encore amener un style non souhaitable.

Catégories de mots à éviter[modifier | modifier le code]

De façon générale, les mots et expressions qui devraient être évités sont :

  1. les termes ambigus, évasifs ou non spécifiques. Voir également Wikipédia:Contenu évasif.
  2. les termes péjoratifs, blessants ou injurieux
  3. les termes et tournures qui laissent entendre que Wikipédia soutient un point de vue ou au contraire doute de celui-ci
  4. les termes qui montrent une condescendance vis-à-vis des lecteurs ou qui indiquent une volonté trop didactique
  5. les termes excessivement positifs ou flatteurs

Préférer les noms et verbes aux adjectifs et adverbes. La plupart des termes ont leur place s’ils sont utilisés de façon précise et correcte.

Termes évasifs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Wikipédia:Contenu évasif.

La plupart des gens, souvent, généralement[modifier | modifier le code]

Ces termes posent deux types de problèmes : d’une part, il posent l’existence d’une norme implicite et d’autre part, ils peuvent servir à donner l’apparence d’une opinion convenablement attribuée à un lieu commun non sourcé. Il faut également être conscient que ce qui a valeur de généralité dans une certaine aire culturelle (par exemple : les grandes villes françaises) ne sera pas forcément vrai dans une autre (par exemple : les communautés rurales du Sichuan).

Usages douteux :

  • « La prostitution est souvent aux mains de la criminalité organisée. »
    Cette phrase cumule les problèmes : elle ne précise pas en quels lieux ni à quelles époques elle est censée être valide et ne fournit pas de source permettant d’estimer quelle proportion de la prostitution est « aux mains de la criminalité organisée ».

Inégalé, sans pareil, hors pair[modifier | modifier le code]

Employés absolument, ces termes posent une affirmation très forte, qu’il est souvent très difficile de justifier rationnellement : « X est un Y sans pareil » signifie que X est le meilleur Y qui ait jamais existé (selon quels critères ??). Même lorsque la portée de l’affirmation est suffisamment circonscrite pour être justifiée et que les critères de jugement sont explicités, ces termes possèdent une forte connotation laudative et il est préférable d’utiliser une formulation du type « X est le Y le plus Z au sein de T ».

Usages douteux :

  • « La forêt amazonienne possède une biodiversité inégalée. »
    Même si la forêt amazonienne est bien actuellement la région terrestre possédant la plus grande biodiversité, il est très difficile d’assurer qu’il n’a jamais existé de région en possédant une plus grande.
  • « Navigateurs hors pair, les Vikings… »
    Selon quels critères juge-t-on les navigateurs ? Qu’est-ce qui permet d’affirmer que les Vikings sont meilleurs navigateurs que les Polynésiens ou les explorateurs européens des Grandes découvertes ?

Termes susceptibles de mettre en avant un point de vue[modifier | modifier le code]

Prétendre, usage du conditionnel, etc.[modifier | modifier le code]

L’emploi du conditionnel ou l’introduction de propos rapportés par « prétendre », « assurer », « avancer », « soutenir », etc. mettent nettement en doute les propos en question, et sont donc généralement à éviter en l’absence d’éléments assurant le caractère douteux ou inexact de l’affirmation contestée. Si ces éléments sont présents, l’usage du conditionnel peut aussi être nécessaire pour souligner un état d’incertitude, mais un mauvais usage risque de pervertir le sens de la phrase, allant dans le pire des cas à sous-entendre la négation ou à tourner une phrase de façon ironique. L’emploi du conditionnel dans ses valeurs d’irréel, de potentiel ou de futur dans le passé ne pose bien sûr pas ces problèmes.

Se poser des questions : Qui ? Pourquoi ?

Usages douteux :

  • « Einstein aurait inventé la relativité. »
On ne cite pas l’auteur de cette allégation. Trop d’incertitudes transparaissent pour que la phrase soit une affirmation.
  • « La musique de Pink Floyd serait de haute qualité. »
Selon qui ?
  • « Georges Bush affirma dans son discours qu’Al Quaïda serait responsable des attaques du 11 septembre. »
L’usage du conditionnel suggère nettement que les propos sont mensongers ou inexacts.
  • « Les fabricants prétendent que ce jet d’eau aide contre la constipation et les hémorroïdes. »
Les affirmations des fabricants sont nettement mises en doute. Il serait préférable d’utiliser le verbe « affirmer » et d’indiquer, s’il y a lieu, les raisons de douter de cette affirmation (par exemple : « mais une étude (SOURCE) n’a pas mesuré d’effet significatif. »)

Usages acceptables :

  • « Si la Terre était plus proche du Soleil, la vie n’aurait pas pu s’y développer. »
On fait explicitement une hypothèse, à des fins didactiques. Le conditionnel a ici valeur d’irréel.
  • « Ces programmes prétendent être légitimes (souvent de petits jeux ou utilitaires), mais comportent des routines nuisibles »
Les programmes se présentent comme légitimes mais ne le sont en fait pas. L’utilisation du verbe « prétendre » est donc justifiée.

Soi-disant[modifier | modifier le code]

Note pour des traducteurs : traduire systématiquement « so-called » par « soi-disant » est très risqué, car le terme anglais peut aussi signifier « que l’on appelle » et n’a pas toujours la connotation négative qui existe en français. L'adjectif « soi-disant » ne se dit que d'une personne. Pour le reste, on emploie l'adjectif « prétendu(e) » ou l'adverbe « prétendument ».

Bien sûr, naturellement, bien entendu, selon toute évidence, manifestement[modifier | modifier le code]

L’utilisation de ces termes implique une absence de doute. Malheureusement, ils peuvent aussi être utilisés pour éviter de fournir des explications, de citer des sources ou de fournir des arguments. Le lecteur risque en effet de comprendre « Au cas où vous ne le sauriez pas… ». Ces termes peuvent, s’ils sont mal utilisés, trahir un point de vue.

Même s’ils sont très souvent utilisés, ces mots sont souvent peu adaptés au style encyclopédique (sauf dans certains cas, notamment en sciences voir plus bas) et risquent d’être perçus comme condescendants. Néanmoins, il peut être nécessaire d’écrire des évidences. Se rapporter alors à la rubrique « énoncer des évidences ».

Il se peut cependant que des termes comme « bien sûr » soient utiles dans des explications si celle-ci est particulièrement facile à comprendre. Mais par souci de clarté il vaut mieux ne pas être tenté d’utiliser ces termes pour éluder des étapes d’une explication. Le lecteur risque alors de se demander si les étapes en question sont effectivement aussi simples qu’elles le paraissent ou si elles cachent quelque chose. Mais dans bien des cas il se peut que des lecteurs ne connaissent ou comprennent pas l’explication et il ne vaut mieux pas ajouter à leur gêne en utilisant ces termes car on risquerait de laisser entendre qu’ils sont stupides. D’ailleurs d’un point de vue rhétorique c’est souvent pour ce genre de sous-entendus qu’on utilise ces termes.

Usages douteux :

  • « Bien entendu, Clinton ne fut pas destitué »
  • « Bien sûr, nous savons tous que c’est tout à fait faux »
  • « Heinrich Himmler, qui selon toute évidence allait être déclaré coupable fut condamné »
  • « Bien entendu, les opposants au protestantisme ont suivi le mouvement »
  • « Le but des travaux de Brahms a bien sûr été complètement perdu de vue par ses détracteurs »

Dans ces exemples l’utilisation des termes « Bien entendu » et ses analogues est douteuse car elle semble refléter le point de vue de l’auteur. Dans toutes ces phrases, il existe des personnes qui seraient prêtes à affirmer ne pas voir où est l’évidence et même soutenir que le contraire leur est tout aussi évident. Bref, de quoi alimenter les pages de discussion des articles. Ces phrases seraient plus acceptables si on citait pour qui ces phrases seraient évidentes : « Comme l’affirmait X, Y » ou « Comme le pensait X, Y ». Mais il faut là encore faire attention à X : s’agit-il d’une personne ou d’un groupe de personnes bien identifié ou d’un terme générique vague ?

Cas particulier de « naturellement »

L’utilisation de « naturellement » est possible dans le sens « d’une façon naturelle » et non pas pour conceptualiser de façon commode. Dans ce cas ce terme ne pose pas de problème.

Usages acceptables :

  • « Le plutonium peut être produit naturellement »

Dans certaines disciplines, notamment les mathématiques, les mots « nature » ou « naturellement » ont des significations bien précises. On peut par exemple dire, sans abus de langage, que deux objets sont « naturellement isomorphiques ».

L’utilisation du terme « naturellement » et de ses dérivés ne trahit pas un point de vue, mais décrit une propriété intrinsèque ou le résultat d’un théorème. On rencontre souvent des démonstrations mathématiques où apparaît le terme « Du postulat X, il vient naturellement Y ». En général, la connaissance du postulat X permet de déduire facilement celle de Y. Il se peut pourtant que le lecteur n’ait pas les connaissances nécessaires pour comprendre la relation, aussi est-il conseillé de rappeler rapidement le postulat (ou théorème) utilisé ou d’utiliser un lien qui pointe vers son énoncé et ses implications. Pour un mathématicien, « naturellement » n’est pas considéré comme abusif, sauf si l’assertion est fausse.

En dehors de ces domaines, « naturellement » est soumis aux mêmes risques que « bien entendu » ou « comme de raison » et risque donc de trahir un point de vue ou de rabaisser le lecteur. Il faut donc prendre garde lorsqu’on utilise un de ces termes à se poser les questions suivantes : « Ce que je dis est-il vraiment si évident ? », « Est-ce évident pour tout le monde ? », « Ne serais-je pas en train de citer en fait mon point de vue sur la question ? », « Est-ce que le contraire de ce que je dis serait évident pour quelqu’un d’autre ? ». Si vous répondez oui à au moins une de ces questions, peut-être faudrait-il revoir la formulation. Enfin, si vous pensez que son emploi est légitime, posez-vous cette dernière question : « Puis-je expliquer simplement et clairement pourquoi c’est si évident ? ». Répondre non à cette question impliquerait alors un énorme contresens.

Essentiellement, principalement, en gros, dans le fond[modifier | modifier le code]

Des expressions basées sur le modèle « Il s’agit essentiellement de X » peuvent trahir une préférence de l’auteur et éluder des précisions. En effet, il est parfois trop commode de créer des catégories et de ranger telle ou telle personne à l’intérieur en utilisant un de ces termes. Il ne faut pas perdre de vue que les catégories sont très souvent purement subjectives. Se poser alors la question : « Est-ce que tout le monde est d’accord avec ce que je dis ? » si ce n’est pas le cas, il y a de fortes chances que votre phrase trahisse votre point de vue de la situation. Là encore, il faut préciser qui dit quoi.

Usage douteux :

  • « Le 11 septembre était essentiellement une bataille entre le Christianisme et l’Islam. »

Dans ces phrases, les phrases sont tournées de façon à mettre en avant un point de vue de l’auteur. Ce qui est décrit est purement subjectif et n’est appuyé par rien du tout.

Usage acceptable :

  • « L’équation de Schroedinger est essentielle en physique quantique »
L’usage non adverbial est acceptable dans ce cas de figure (tant que l’assertion est vraie).
  • « La décision de larguer les bombes atomiques était principalement due aux difficultés qu’aurait entraînées l’invasion du Japon. »
On justifie pourquoi une décision a été prise. Les arguments sont donc donnés. L’usage de « principalement » ne pose pas de problèmes ici.

Termes qui sous-entendent un jugement de valeur[modifier | modifier le code]

Gauche/Droite, extrême (en politique ou en religion)[modifier | modifier le code]

Il est extrêmement courant de décrire des politiciens ou des partis politiques en ces termes : « Le parti d’extrême droite de Jörg Haider, le Parti de la Liberté » ou encore « Derek Hatton, le politicien militant d’extrême gauche ». Malheureusement ces mots, bien que couramment employés par la presse doivent être utilisés avec précautions, car ils peuvent refléter un point de vue du narrateur ou une idée reçue et ne pas être en accord avec les idéologies des personnes ou groupes impliqués.

Afin de bien comprendre le problème, considérons l’exemple suivant : le Front national de Jean-Marie Le Pen est communément décrit comme un parti d’« extrême-droite ». Néanmoins, les membres du parti eux-mêmes dénient ce qualificatif. Ce genre de détail doit être consigné dans les articles sur les partis ou personnages politiques en question.

Naturellement, il ne faut pas penser que ces mots doivent être interdits, ils peuvent être utilisés par concision, notamment dans les articles où il n’est pas utile de décrire la position politique d’un parti avec précision. Néanmoins, il vaut mieux les éviter dans des articles qui traiteraient principalement des personnes ou groupes concernés.

Extrême[modifier | modifier le code]

Ce qualificatif, même utilisé dans d’autres domaines que la politique et la religion peuvent sous-entendre que l’auteur considère « extrême » par comparaison à autre chose de « pas si extrême ». Éviter son utilisation si on porte ce genre de jugement de valeur. Par contre, notamment dans les domaines scientifiques, il est possible de décrire et comparer deux « extrêmes » d’un phénomène sans faire d’abus de langage ni de jugement de valeur.

Termes qui risquent d'insinuer des faits pouvant se révéler être sans objet[modifier | modifier le code]

Lié à, affilié à, associé à[modifier | modifier le code]

Ces expressions impliquent une connexion sans forcément mentionner la nature de celle-ci et peuvent donc se révéler riches de sous-entendus, parfois sans objet. S’il faut utiliser des termes tels que « lié à », il faut mentionner la nature du lien et fournir les preuves de l’existence de celui-ci.

Usage douteux :

  • « La Jama'at Islamiya, liée à Al-Quaida »
  • « La compagnie X, affiliée à Enron »
  • « Untel associé à l’Église de scientologie »

On remarque que la description précise des liens n’est pas décrite, pas plus que les preuves de l’existence des liens. L’utilisation de tels termes risque de donner davantage de valeur qu’il ne pourrait en exister en réalité et donner des idées reçues au lecteur.

Usage acceptable :

  • « Les dirigeants du groupe X ont une forte association de travail avec ceux du groupe Y »
Le lien est précisé.
  • « Le parti communiste français est affilié au mouvement des travailleurs international »
Là encore, on précise le lien, mais il s’agit en plus d’une affiliation dans le sens légal du terme.

Selon la légende, on raconte que, on pense que...[modifier | modifier le code]

De tels termes peuvent être un paravent pour cacher un manque de sources ou de recherches ou pour inventer des « légendes » aux origines assez douteuses. Utiliser un discours passif sans en attribuer l’auteur est dangereux, car ça peut mener à des cas de contenu évasif. Néanmoins, de le cas d’articles historiques qui manquent de sources pertinentes (comme des histoires du Moyen Âge ou de l’Antiquité), ce genre d’expression est accepté, bien qu’il faille également avertir le lecteur du manque de fiabilité des sources.

Statistiques[modifier | modifier le code]

Lorsqu’il faut interpréter des statistiques, il faut prendre garde à ne pas mélanger pourcentages et chiffres comme dans la phrase suivante : « Au Royaume-Uni, 30 % des foyers ont des animaux domestiques, dont 1,5 million de chiens ». Une telle phrase ne donne aucun véritable renseignement au lecteur, car on ne peut ni en déduire la proportion des chiens ou des autres animaux, ni le nombre de foyers qui ont des animaux domestiques. Malheureusement, même dans la presse, ce genre d’imprécision est très fréquent.

Prenons une autre construction à problème : « L’Allemagne Nazie fit bâtir 300 camps de concentrations ou prisons » ou « environ 2 000 civils tués ou blessés ». Le problème de ces phrases est le suivant : dans la première, il aurait fallu préciser 20 camps de concentration et 280 prisons. La phrase de départ est particulièrement ambiguë et prêterait à entendre que les camps de concentration sont des prisons et vice-versa, ou que 300 camps de concentration auraient été construits. Dans la seconde phrase, rien n’empêche de penser que le bilan fut de 1 tué et d’environ 2 000 blessés. Pourtant, la phrase de départ laisserait sous-entendre qu’il y aurait eu presque 2 000 tués.

Ce problème arrive lorsque pour souligner la gravité de quelque chose on inclut dans un bilan tous les chiffres sans donner le détail. Ce genre d’effet est souvent employé sciemment, mais ne convient pas à une encyclopédie.

Notez qu’il faut également faire attention au mot « victime » qui peut aussi bien se référer aux blessés qu’aux morts.

Exploiter les statistiques requiert donc de soigner particulièrement la forme pour éviter des erreurs d’interprétation. Faire attention à citer ses sources avec précision.

Termes formellement précis mais qui deviennent le support implicite d'un point de vue[modifier | modifier le code]

Il existe un grand nombre de termes utilisés dans la vie de tous les jours et définis précisément par le dictionnaire qui sont néanmoins utilisés par les « étrangers » d’un cercle à ceux qui sont dedans. Par exemple :

  • « La secte de scientologie débuta… »
  • « X fut reconnu coupable de pédophilie, une forme de perversion sexuelle. »
  • « L’homéopathie est une approche curative pseudoscientifique… »

Ces termes colportent souvent au lecteur un point de vue, celui de « l’étranger qui regarde les membres d’un groupe et qui les catalogue comme il les voit ». Il existe beaucoup de termes péjoratifs qui reposent sur ce principe et il est facile de trouver de nombreux exemples.

Notez que ce n’est pas la même chose que le politiquement correct. Le but est de décrire, et pas de trouver le terme le moins offensant. Ainsi :

  • L’Église de Scientologie est décrite comme une secte par la source X
  • L’homéopathie « gagne en popularité, mais ni son empirisme ni son fondement hypothétique ne répondent aux normes scientifiques ».

C’est souvent une bonne idée que d’éviter les termes qui risquent d’être perçus comme un point de vue par certains groupes, même si techniquement ils ne le sont pas, quand un mot plus neutre peut être employé à la place. Le plus facile est souvent de décrire plutôt que de chercher à cataloguer, ou de citer de façon neutre une source crédible qui aurait employé le terme.

Ceci s’applique même quand le terme que l’on veut employer est techniquement précis, ou utilisé par des sources très sûres, car dans certains contextes un point de vue peut transparaître.

États-Unien (nom), états-unien (adj.)[modifier | modifier le code]

Le terme « États-Unien » (variante orthographique : « étasunien ») est parfois utilisé pour désigner les habitants des États-Unis. Néanmoins, le gentilé « Américain » est non-seulement d’un usage largement majoritaire en langue française mais il est de plus, sur un plan officiel, le seul terme indiqué dans le code de rédaction interinstitutionnel de l’Union européenne[1] ainsi que dans la Liste annexée à l’arrêté français du 4 novembre 1993, qui contient les recommandations de l’administration française à destination de ses fonctionnaires sur l’usage des gentilés.

Suite à une décision communautaire prise le 14 septembre 2010, il est demandé de ne plus l’employer dans les articles de Wikipédia partout où il peut être remplacé par « américain ». Les contributeurs souhaitant éviter autant que possible d’écrire « Américain », peuvent écrire « des États-Unis », à condition de ne pas aller à l’encontre de l’usage et de la grammaire. Il est ainsi correct, et même recommandé, d’écrire « Le Président des États-Unis » ou « une ville des États-Unis » au lieu du « Président américain » ou d’« une ville américaine ». Il n’est par contre pas correct d’écrire « un savant des États-Unis » « un roman des États-Unis » ou « un film des États-Unis » : on écrira, suivant l’usage, « un savant américain », « un roman américain » ou « un film américain ».

Pour plus d'information sur le terme et son usage, voir l'article Dénomination des États-Unis d'Amérique et de leurs habitants et sa définition sur le Wiktionnaire.

Termes avec des significations multiples ou controversées[modifier | modifier le code]

Secte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Projet:Sectes/Recommandations.

Terroriste, terrorisme, résistance[modifier | modifier le code]

Les termes extrémiste, terroriste et résistant sont souvent controversés et porteur d’un point de vue. « extrémiste » et « terroriste » sont des termes péjoratifs, utilisés le plus souvent par des adversaires. De même, « résistant », en dehors de la résistance au nazisme, est utilisé en soutien à la cause. Ces termes violent la neutralité de point de vue et ne devrait pas être utilisés sans référence dans les articles.

Si une source fiable décrit une personne ou un groupe en utilisant un de ces mots, alors le mot peut être utilisé, mais la description doit être attribuée dans l’article, de préférence par cotation directe, et toujours avec une citation vérifiable. Si le terme est utilisé avec une signification claire par de multiples sources indépendantes fiables, les citations de diverses sources devraient apparaître. Lors du remplacement d’un de ces termes avec un moins controversé, le mot à utiliser doit être choisi au cas par cas, en tenant compte de l’ambiguïté des termes, de la pertinence et du contexte. Des descriptions factuelles telles que poseur de bombe, pirate de l’air, preneur d’otage, kidnappeur et kamikaze sont souvent plus appropriés. Assassin peut, dans certains cas, être approprié, mais ce terme peut aussi refléter une non-neutralité de point de vue (d’où des euphémismes tels que assassinat ciblé). D’autres termes peuvent être envisagés, mais qui peuvent aussi refléter un non-neutralité de point de vue : insurgé, paramilitaire, partisan, militant, rebelle.

Quand un article fait référence à la notion générale de terrorisme, d’extrémisme ou de résistance, ces termes peuvent généralement être utilisés (par exemple dans l’article Terrorisme). Néanmoins, des précautions doivent être prises dans ces articles lors de l’application de l’étiquette « terroriste », « extrémiste », ou « résistant » à une personne déterminée, un groupe ou un événement.

Fondamentalisme[modifier | modifier le code]

Théorie[modifier | modifier le code]

Une théorie est une « construction intellectuelle méthodique et organisée » (Le Petit Robert), en partie fondée sur des hypothèses. On peut parler de théorie à propos d'un système de pensée, d'une thèse ou d'un texte spéculatif. Une hypothèse seule n'est cependant pas une théorie. On évitera de confondre également théorie et idéologie, ou théorie et croyance.

Mythe[modifier | modifier le code]

Le mythe désigne d'une part un récit relatant des faits imaginaires, transmis par tradition orale ou écrite. Les personnages qu'il met en scène sont souvent des allégories de phénomènes physiques, moraux, sociaux ou métaphysiques. C'est à cette définition que fait référence l'adjectif « mythologique ». Il est tout à fait correct de parler du mythe d'Orphée dans une encyclopédie.

D'autre part, il désigne la transformation et l'idéalisation qu'une population a effectuées d'un fait historique, mais interprétés jusqu'à devenir une légende s'écartant des faits.

Enfin, il est employé pour décrire un rêve inaccessible, une vue de l'esprit, dont la probabilité de réalisation est nulle ou inenvisageable à l'échéance voulue.

Utiliser « mythe » pour parler d'un fait historique non « mythologique » revient donc à considérer qu'il a été interprété et déformé et donc qu'il n'a aucune valeur historique. Pour parler d'un évènement à venir, utiliser « mythe » revient à jeter un doute sur la possibilité que cet évènement advienne.

Dictateur[modifier | modifier le code]

Le mot « dictateur » possède deux sens. Il désigne dans l'Antiquité romaine un magistrat extraordinaire qui bénéficie de pouvoirs illimités mais temporaires, dans le but de résoudre une crise importante. Au XIXe siècle, Garibaldi emploie le terme de prodictateur, reprenant cette référence à l'antiquité, pour désigner après l'expédition des Mille, les dirigeants des différentes zones libérées, lui-même sera prodictateur de Naples.

Le dictateur désigne pour le XXe siècle des personnes qui se sont emparées du pouvoir, généralement par un coup d'état, et qui ont instauré un régime autoritaire qui les dispense de tout contrôle du pouvoir. On compte parmi les caractéristiques des dictatures la fermeture du parlement, la suspension des partis, et l'importance de la police politique.

Les dictatures se distinguent toutes par les violences dont elles sont responsables : non-respect de l'état de droit, usage de la torture et des disparitions d'opposants. On distingue les dictatures personnelles, centrées sur un chef, les dictatures militaires, et les dictatures fascistes, qui tendent vers le totalitarisme.

Enfin, le terme de dictature apparaît dans l'expression marxiste « dictature du prolétariat », qui fait référence à l'acception antique et désigne un stade politique censé précéder l'avènement d'une société sans classes.

Auteur[modifier | modifier le code]

Il est déconseillé d'indiquer auteur comme activité principale d'une personne dans l'introduction de son article ou dans l'infobox biographie. S'il est courant, en anglais, de désigner un écrivain (romancier ou essayiste) sous le vocable générique author, cela ne doit pas pour autant conduire à l'utiliser de cette manière dans les traductions en français d'articles anglais, car le mot auteur a, en français, différents sens et peut désigner diverses professions. Plutôt que "Untel est un auteur, né en...", il vaut mieux préciser "Untel est un écrivain" (selon les époques, les expressions homme de lettres et femme de lettres peuvent également être utilisées), et plus largement utiliser tout terme indiquant précisément de quoi la personne concernée est auteur : romancier, essayiste, nouvelliste, feuilletoniste, poète, humoriste, scénariste... Plutôt que "Untel est un auteur. Il a écrit de nombreux romans policiers", il ainsi est préférable d'écrire "Untel est un écrivain, auteur de romans policiers".

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Règle officielle[modifier | modifier le code]

Recommandations[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Code de rédaction interinstitutionnel - Liste des États au 19 novembre 2007 dont l’application est « obligatoire pour tout intervenant dans l’élaboration de tout type de document (papier ou électronique) au sein des institutions, organes et services de l’Union européenne », voir Bienvenue au Code ! - portail de l’Union européenne.