Vladimir Tatline

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Vladimir Tatline

Vladimir Ievgrafovitch Tatline (en russe : Владимир Евграфович Татлин), né en 1885 à Kharkov et mort en 1953 à Moscou, est un peintre et sculpteur ukrainien constructiviste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il s'engage comme marin à dix-huit ans, fréquente l'école des beaux-arts de Penza puis celle de Moscou. En 1912 il expose des peintures et des dessins dont il trouve l'inspiration dans les pays traversés (Égypte, Turquie, Grèce). Il joue de l'accordéon dans un orchestre folklorique russe en 1913 à Berlin puis vient à Paris avec une seule idée en tête rencontrer Picasso. Tatline pour pouvoir rester à Paris demande au maitre espagnol de l'engager comme serviteur. Picasso refuse et Tatline rentre en Russie où il exécute son premier relief peint la bouteille. Le peintre est dès lors sculpteur. Ce sens de l'espace il l'a découvert dans les décors de théâtre auxquels il a travaillé entre 1911 et 1913. L'objet est représenté d'une manière dissociée en trois éléments métalliques, le premier une plaque de métal pour la forme, le deuxième un morceau de métal arrondi en cylindre pour le volume, le troisième un grillage métallique pour la transparence. La suppression du cadre attribue dès lors à l'espace réel la fonction de « contre-relief »[1].

Tatline autoportrait 1911

En 1914 il réalise des « contre-reliefs », premiers jalons de la sculpture abstraite qui s'appuie sur les principes de la construction et la culture des matériaux dans laquelle la masse et le volume s'éclipsent pour laisser place à une intersections de plans où l'air circule. « De vrais matériaux dans le vrai espace » telle est sa devise. À la sculpture classique et académique par la taille et la fonte s'est substitué l'art de coller, souder, emboiter des pièces les unes dans les autres.

Il passa par plusieurs mouvements artistiques. Fasciné par le fauvisme et le cubisme. Mais il veut selon son expression que « l'art soit descendu de son piédestal ». Il transpose le cubisme dans l'espace et abandonne bientôt la peinture de chevalet. Il participera à la fameuse exposition suprématiste de décembre 1915-janvier 1916 intitulée "0.10" avec un de ses premiers "contre-reliefs"[2]. Il voulait matérialiser l'art avec des montages, des assemblages. Il recherchait la mort de l'œuvre d'art de musée : l'œuvre doit participer à la vie et à la construction du monde.

Son œuvre la plus célèbre est son projet pour un Monument à la Troisième Internationale, datant de 1919-1920 mais qui ne sera jamais construit (ce devait être une véritable tour habitée). Elle constitue également l'œuvre la plus emblématique du constructivisme, dont Tatline fut le principal inspirateur. Dan Flavin a rendu hommage à cette œuvre dans sa série Monuments for V. Tatlin, qui comprend une cinquantaine de pièces constituées de sept néons blancs[3],[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1914 : relief pictural (planche de bois usée, plaques de cuivre clouées, fil de fer, bout de cuir)
  • 1915 : contre relief d'angle (fer, zinc, aluminium)
  • 1917 : décoration du Café Pittoresque de Moscou avec Rodtchenko
  • 1919 : projet d'un monument à la 3e internationale (structure en spirale, modules géométriques)
  • 1927 : deuxième version du projet d'un monument à la 3e internationale

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dora Vallier l'art abstrait éd. Hachette/Pluriel 1980 pp.151-154 (ISBN 2-01-010051-4)
  2. Extrait "Le renouveau de l'art pictorial russe 1863-1914", Valentine Marcadé
  3. (en) "Monument" for V. Tatlin 1 (1964) - Site du MoMA
  4. (en) In pictures: Dan Flavin retrospective - Monument for V. Tatlin - BBC News

Article connexe[modifier | modifier le code]