Vincent Courtillot

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Vincent Courtillot

Naissance 6 mars 1948 (66 ans)
Neuilly-sur-Seine (France)
Champs Géophysique
Institutions Institut de physique du globe de Paris
Diplôme École des mines de Paris, université Stanford

Vincent Courtillot, né le 6 mars 1948 à Neuilly-sur-Seine, est un géophysicien français.

Ses thèmes de recherche vont du champ magnétique terrestre actuel et passé (paléomagnétisme) à la géodynamique, la tectonique des plaques et les points chauds (mouvements de convection à l'intérieur de la Terre). Il a travaillé dans les années récentes sur les conséquences climatiques et biologiques du volcanisme massif des trapps sur les extinctions en masses d’espèces et sur les évolutions climatiques des derniers siècles. Il fut décoré à plusieurs reprises pour ses travaux en géodynamique et en géophysique[1].

Il fait partie des sceptiques dans les controverses sur le réchauffement climatique et est au cœur d'une polémique importante qui a eu un large écho médiatique dans la presse française[2].

Formation et carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Il est diplômé de l'École des Mines de Paris, de l'université Stanford, et de celles de Paris 6 et Paris 7.

Docteur ès sciences, Vincent Courtillot est professeur de géophysique à l’université Paris-Diderot et titulaire de la chaire de paléomagnétisme et géodynamique de l’Institut universitaire de France. Il a été directeur de l’Institut de physique du globe de Paris jusqu'au 12 janvier 2011, remplacé par Claude Jaupart[3]. Il a enseigné à Stanford, à l’université de Californie à Santa Barbara et au Caltech. Il a également exercé des responsabilités administratives au ministère de l'enseignement supérieur, pendant le mandat de ministre de son collègue et ami Claude Allègre.

Travaux scientifiques en géophysique[modifier | modifier le code]

Vincent Courtillot a publié de nombreux articles dans les revues scientifiques internationales sur le géomagnétisme (découverte des sauts de variation séculaire ou « jerks »), le paléomagnétisme (collision de l'Inde et de l'Asie, formation du Tibet), la tectonique des plaques au Tibet et en Afar (propagation des déchirures continentales), les points chauds et leurs conséquences en termes de dérive des continents et d'extinction en masse des espèces biologiques. Les derniers travaux de son équipe ont porté sur l'ampleur des éruptions dans les trapps du Deccan il y a environ 65 millions d'années (crise Crétacé-Tertiaire, coïncidant avec la période d'extinction des dinosaures) : des coulées de lave de près de 10 000 km3 ont pu se mettre en place en quelques décennies, « polluant » l'atmosphère avec des poussières et notamment des vapeurs de gaz sulfureux.

Controverses sur le climat[modifier | modifier le code]

Vincent Courtillot a publié en 1982 un premier article[4],[5] de prédiction d'un réchauffement climatique dans la prestigieuse revue Nature en collaboration avec notamment Anny Cazenave, qui a été membre du GIEC de 2004 à 2007. Cependant, Vincent Courtillot ne se considère pas comme un expert du changement climatique, car il ne s'est réellement intéressé à cette problématique que depuis quelques années seulement, au sein d'une équipe animée par Jean-Louis Le Mouël.

Total et Schlumberger apportent à l'IPGP un soutien pour un programme de recherche sur la séquestration du CO2[6],[7].

Prix et distinctions[1][modifier | modifier le code]

Controverses scientifiques[modifier | modifier le code]

Vincent Courtillot ainsi que deux autres membres de l'IPGP, Claude Jaupart et Paul Tapponnier, sont accusés de manque d'éthique scientifique pour avoir supervisé, en tant qu'éditeurs, la publication de dizaines de travaux issus de leur propre institut dans la revue scientifique Earth and Planetary Science Letters, affaire révélée par les journaux Le Monde[10] et Libération[11]. Cette situation de conflit d'intérêts aurait dû, selon Friso Veenstra, directeur de publication au journal, les faire renoncer à assurer la supervision de ces soumissions. Étant donné l'intensité des controverses autour de la question climatique et la position sceptique de Vincent Courtillot ainsi que l'implication de Claude Allègre, qui se trouve être parmi les auteurs des publications visées, cette affaire a eu un retentissement dépassant le cadre de la communauté des géophysiciens et a été reprise dans de grandes revues scientifiques[12],[13].

Cette affaire de conflits d'intérêt se superpose à une autre[14] concernant le contenu scientifique d'une publication signée par Vincent Courtillot et parue en 2007 dans EPSL (sous la supervision d'un éditeur, R. van der Hilst, qui travaille régulièrement à l'IPGP comme 'professeur invité'[15]). Dans cet article intitulé Are there connections between the Earth's magnetic field and climate?[16], Vincent Courtillot et ses collaborateurs ont voulu montrer que les séries temporelles des variations du champ magnétique terrestre se trouvaient être bien corrélées avec les mesures de température terrestre – suggérant ainsi l’existence d’une source de forçage non anthropique (corrélation avec un indice d'activité géomagnétique et d'éclairement solaire total). Ces résultats furent critiqués par Édouard Bard et Gilles Delaygue[17] qui montrèrent que le calcul de Courtillot se fondait sur un modèle de la Terre à albédo nul (équivalent d'un disque noir) non sphérique (erreur dite de la « Terre plate et noire »)[18].

Courtillot, Le Mouël et leurs collègues ont depuis publié quatre articles[19],[20],[21],[22] qui confirment à leurs yeux de manière très claire leurs premières conclusions, et notamment le rôle important des variations du Soleil dans la variabilité des séries d'observations qu'ils ont analysées (température, pression, vitesse des vents, en Europe et aux États-Unis principalement). Deux manuscrits, soumis par Yiou et al.[23] et Legras et al.[24] critiquent cependant les méthodes statistiques utilisées, les résultats obtenus et les interprétations réalisées dans ces articles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) http://www.ipgp.fr/~courtil/, consulté le 21 février 2010
  2. (fr) http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2008/02/soleil-et-clima.html
  3. « Décret du 12 janvier 2011 » (consulté le 3 mars 2011)
  4. V. COURTILLOT, J.L. LE MOUEL, J. DUCRUIX, A. CAZENAVE, Nature, 297, 386-387, 1982 Geomagnetic secular variation as a precursor of climatic change
  5. V. COURTILLOT, J.L. LE MOUEL, J. DUCRUIX, A. CAZENAVE, Nature, 303, 638, 1983 Corrigendum: Correction to 'Geomagnetic secular variation as a precursor of climatic change'
  6. http://www.france-info.com/chroniques-parlons-net-2009-11-27-parlons-net-vincent-courtillot-un-climatosceptique-tempere-373798-81-264.html
  7. http://www.ipgp.fr/pages/020203.php
  8. « Le Professeur Vincent Courtillot nommé académicien à la Chinese Academy of Science », sur www.ambafrance-cn.org,‎ 16 janvier 2008 (consulté en 5 janvier 2008)
  9. http://www.egu.eu/awards-medals/arthur-holmes/2012/vincent-courtillot/
  10. « Petits arrangements entre géologues », « Défense et illustration de pratiques éditoriales », articles publiés le 27 décembre 2008 par Stéphane Foucart & Hervé Morin dans Le Monde Petits arrangements entre géologues - LeMonde.fr , Défense et illustration de pratiques éditoriales - LeMonde.fr
  11. « Vincent Courtillot, directeur de l'Institut de physique du globe de Paris, mis en cause dans une affaire d'éthique scientifique »
  12. Science Inside Help for French Geologists? - ScienceInsider
  13. Nature Geophysicists accused of breach of publishing ethics : Nature News
  14. « Le coup de colère du climatologue », Libération du 19 décembre 2007
  15. C.V. de R. van der Hilst: http://quake.mit.edu/hilstgroup/robspage/vitae.html
  16. Are there connections between the Earth's magnetic field and climate? Vincent Courtillot, Yves Gallet, Jean-Louis Le Mouël, Frédéric Fluteau, Agnès Genevey. Earth Planet. Sci. Lett., 253, 3-4, 328-339, 30 January 2007
  17. Comment on “Are there connections between the Earth's magnetic field and climate?” by V. Courtillot, Y. Gallet, J.-L. Le Mouël, F. Fluteau, A. Genevey EPSL 253, 328, 2007. Edouard Bard & Gilles Delaygue. Earth Planet. Sci. Lett., 265, 1-2, 302-307, 15 January 2008ScienceDirect - Earth Planet. Sci. Lett. : Comment on “Are there connections between the Earth's m agnetic field and climate?” by V. Courtillot, Y. Gallet, J.-L. Le Mouël, F. Fluteau, A. Genevey EPSL 253, 328, 2007
  18. Ray Pierre, « Les Chevaliers de l’Ordre de la Terre Plate, Part I : Allègre and Courtillot », sur RealClimate.org,‎ 18 novembre 2007
  19. Evidence for a solar signature in 20th century temperature data from the USA and Europe, J.L. LE MOUEL, V. COURTILLOT, E. BLANTER, M. SHNIRMAN, Comptes Rendus Geosciences, 340, 421-430 (2008)
  20. Evidence for Solar Forcing in Variability of Temperatures and Pressures in Europe, J.L. LE MOUEL, E. BLANTER, M. SHNIRMAN, V. COURTILLOT, Journal of Atmospheric and Solar-Terrestrial Physics, 71, 1309-1321 doi:10.1016/j.jastp.2009.05.006 (2009)
  21. Evolution of Seasonal Temperature Disturbances and Solar Forcing in the US North Pacific, V. COURTILLOT, J.L. LE MOUEL, E. BLANTER, M. SHNIRMAN, Journal of Atmospheric and Solar-Terrestrial Physics, Journal of Atmospheric and Solar-Terrestrial Physics, 72, 83-89 doi:10.1016/j.jastp.2009.10.011 (2010)
  22. A solar pattern in the longest temperature series from three stations in Europe, J.L. LE MOUEL, V. KOSSOBOKOV, V. COURTILLOT, Journal of Atmospheric and Solar-Terrestrial Physics, 72, 62-76 doi:10.1016/j.jastp.2009.10.009 (2010)
  23. Yiou, P., Bard, E., Dandin, P., Legras, B., Naveau, P., Rust, H. W., Terray, L., et Vrac, M.: Statistical issues about solar-climate relations, Climate of the Past Discussion, 6, 461-487, 2010. CPD - Abstract - Statistical issues about solar-climate relations
  24. Legras, B., Mestre, O; Bard, E., et Yiou, P.: On misleading solar-climate relationship, Climate of the Past Discussion, 6, 767-800, 2010. CPD - Abstract - On misleading solar-climate relationship

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]