Victoria de Prusse

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La princesse Victoria de Prusse.

Victoria Frédérique Amélie Wilhelmine de Prusse (en allemand : Viktoria von Preußen), princesse de Prusse et d'Allemagne puis, par son premier mariage, princesse de Schaumbourg-Lippe, est née le 12 avril 1866 au Nouveau Palais de Potsdam et est décédée le 13 novembre 1929 à Bonn. Fille du Kaiser Frédéric III d'Allemagne, c'est un membre de la Maison de Hohenzollern.

Famille[modifier | modifier le code]

Le Kaiser Frédéric III et son épouse Victoria du Royaume-Uni avec leurs deux aînés.

Victoria est la deuxième fille et la cinquième enfant du Kaiser Frédéric III d'Allemagne (1831-1888) et de son épouse la princesse royale Victoria du Royaume-Uni (1840-1901).

Par son père, elle est donc la petite-fille du Kaiser Guillaume Ier d'Allemagne (1797-1888) et de la princesse Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach (1811-1890) tandis que, par sa mère, elle descend de la reine Victoria Ire du Royaume-Uni (1819-1901) et du prince consort Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (1819-1861).

Le 19 novembre 1890, elle épouse, à Berlin, le prince Adolphe de Schaumbourg-Lippe (1859-1916), lui-même fils du prince Adolphe Ier de Schaumbourg-Lippe (1817-1893) et de son épouse la princesse Hermine de Waldeck-Pyrmont (1827-1910).

Devenue veuve, Victoria se remarie, le 19 novembre 1927, au réfugié russe blanc Alexandre Zoubkoff (1901-1936).

De ces deux unions ne naissent aucun enfant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

La princesse Victoria est baptisée le jour de l'anniversaire de sa grand-mère, la reine Victoria du Royaume-Uni, le 24 mai 1866, au Nouveau Palais de Potsdam.

Comme ses sœurs Sophie et Marguerite, Victoria est très proche de sa mère et adopte son mode de vie anglais.

Relation avec Alexandre de Battenberg[modifier | modifier le code]

Le prince Alexandre Ier de Bulgarie en 1880.

Adolescente, Victoria tombe amoureuse d'Alexandre de Battenberg, devenu souverain de la principauté de Bulgarie. Décidée à épouser le jeune homme, la princesse reçoit le soutien de sa mère et de sa grand-mère britannique.

Cependant, le Kaiser Guillaume Ier d'Allemagne et le chancelier Otto von Bismarck s'opposent à ce projet d'union. Alexandre étant issu d'un mariage morganatique, les Hohenzollern considèrent qu'il n'est pas un fiancé approprié pour la princesse. Quant à Bismarck, il s'oppose à un mariage qui pourrait rendre plus difficiles les relations entre l'Allemagne et la Russie. De fait, la politique d'Alexandre en Bulgarie et dans les Balkans déplaît fortement au tsar, qui est pourtant l'oncle du jeune homme.

La différence de vue entre la Kronprinzessin et l'empereur Guillaume à propos du mariage de Victoria compliquent encore leurs relations, déjà passablement mauvaises. Finalement, Victoria et Alexandre doivent renoncer à leur projet matrimonial, qui soulève trop d'oppositions.

Mariage avec Adolphe de Schaumbourg-Lippe[modifier | modifier le code]

Le prince Adolphe de Schaumbourg-Lippe.

Ayant renoncé à épouser Alexandre de Battenberg, Victoria finit par se marier au prince Adolphe de Schaumbourg-Lippe le 19 novembre 1890. Le couple s'installe alors à Bonn, dans le Palais Schaumburg[1] qu'Adolphe vient d'acquérir. Après une fausse-couche survenue quelques mois après le mariage, l'union reste stérile.

Entre 1895 et 1897, le couple s'installe dans la principauté de Lippe, où Adolphe assure quelque temps la régence.

Finalement, Adolphe trouve la mort en 1916 et Victoria se retrouve seule.

Rupture avec la famille royale d'Angleterre[modifier | modifier le code]

Bien que restée en Allemagne durant la Première Guerre mondiale, Victoria reste anglaise de cœur.

Après le conflit, elle retrouve son cousin le roi Georges V et lui exprime son désir de renouer avec la famille royale britannique. Le roi lui répond cependant qu'il ne croit pas que ce soit possible avant de très nombreuses années, ce qui scelle la rupture définitive entre les deux familles.

Remariage[modifier | modifier le code]

La princesse Victoria de Prusse avec son deuxième époux, Alexandre Zoubkoff, en 1927.

Malgré la très forte opposition des autres Hohenzollern[2], Victoria se remarie, le 19 novembre 1927, au réfugié russe blanc Alexandre Zoubkoff, que la presse décrit comme un danseur[3].

Plus jeune de 35 ans que la princesse, Zoubkoff ne tarde pas à dilapider sa fortune, que la guerre a déjà largement écornée, et rentre rarement au domicile conjugal[4]. Ruinée, la princesse doit vendre aux enchères le palais Schaumburg[5] mais la vente n'attire guère les investisseurs et la demeure ne lui permet de rembourser que l'équivalent d'un tiers de ses dettes (estimées à 900 000 marks ou 45 000 livres)[6].

Après avoir abandonné son ancienne résidence, Victoria emménage dans une chambre meublée à Mehlem, dans la banlieue de Bonn.

Le comportement de Zoubkoff ayant abouti à son expulsion d'Allemagne, Victoria prend la décision de divorcer d'avec lui, sous le prétexte qu'il ne peut plus subvenir à ses besoins et que leurs « relations conjugales n'existent plus »[7]. Cependant, la princesse meurt d'une pneumonie à l'hôpital de Bonn le 13 novembre 1929, quelques jours seulement après que l'annonce de sa demande de divorce a été rendue publique.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Autobiographie de la princesse[modifier | modifier le code]

  • (de) Viktoria Zoubkoff, Was mir das Leben gab – und nahm, Bouvier, 2005 (ISBN 3416030710)

Biographie de la princesse[modifier | modifier le code]

Autres ouvrages en rapport avec la princesse[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En 1949, cette residence devient celle du Chancelier fédéral d'Allemagne de l'Ouest.
  2. John Van Der Kiste, Kaiser Wilhelm II: Germany's Last Emperor, Stroud (Glos.), Sutton Publishing, 1999, p. 212.
  3. The Times, lundi 21 novembre 1927, p. 14.
  4. John Van Der Kiste, op. cit., p. 213.
  5. The Times, Friday 4 October 1929, p. 25.
  6. The Times, mercredi 16 octobre 1929, p. 13.
  7. The Times, Monday 4 November 1929, p. 11.