Tourfan

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Tǔlǔfān (Turpan)
吐鲁番 (تۇرپان)
Localisation de la ville de Tourfan dans sa juridiction (en rose) et la préfecture de Tourfan (en jaune)
Localisation de la ville de Tourfan dans sa juridiction (en rose) et la préfecture de Tourfan (en jaune)
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Province Xinjiang
Préfecture Tourfan
Statut administratif Ville-district
Code postal 838000[1]
Indicatif 995
Démographie
Population 400 000 hab. (2003)
Population de l'agglomération 200 000 hab. (2003)
Géographie
Coordonnées 42° 56′ 00″ N 89° 10′ 00″ E / 42.933333, 89.166667 ()42° 56′ 00″ Nord 89° 10′ 00″ Est / 42.933333, 89.166667 ()  
Températures
moyennes
mois le plus froid -11 °C
mois le plus chaud +27 °C
Pluviométrie 35 mm
Localisation

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Tǔlǔfān (Turpan)

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Tǔlǔfān (Turpan)

Tourfan (吐魯番 ; pinyin : Tǔlǔfān ; ouïgour : تۇرپان / Turpan) est une ville-oasis située dans la région autonome ouighoure du Xinjiang, en Chine.

Tourfan est depuis des siècles le centre d'une oasis fertile (production de raisins, entre autres) et une importante cité commerciale de la Route de la soie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Elle est située à environ 150 km au sud-est d'Ürümqi, au nord de la dépression de Tourfan. Cette dépression, longue de 240 km, est réputée pour être « la chambre des vents de la Chine » (des vents de force 8 à 12 soufflent plus de cent jours par an et détruisent les arbres, les récoltes et raclent les sols comme des socs). Cette dépression est située à proximité du désert du Taklamakan.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est de type continental sec. Les températures moyennes vont d'environ -11 °C pour le mois le plus froid à +27 °C pour le mois le plus chaud, et la pluviométrie y est de 35 mm[2].

Population[modifier | modifier le code]

Lors du recensement de 2000, les ethnies les plus représentées étaient les Ouïghours (70 %), les Hans (22 %) et les Huis (7 %).

La population totale du district était estimée à 241 776 habitants en 1999[3], et à environ 400 000 habitants, pour une population urbaine de 200 000 habitants, en 2003[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les différentes étapes du développement de Tourfan[modifier | modifier le code]

  • Jusqu'au Ve siècle, la capitale de la région était Jiaohe (Yarkhoto), à 16 km plus à l'ouest.
  • La ville de Gaochang fut fondée au VIe siècle, à l'époque de la dynastie chinoise des Wei du Nord. Plus tard, lors de la grande dynastie chinoise des Tang, elle fut placée sous protectorat chinois, pour mieux contrôler la Route de la Soie.
  • Tout d'abord bouddhiste, avec la présence de communautés manichéenne et nestorienne, la région fut islamisée à l'époque de Tamerlan, à la fin du XIVe siècle.
  • Les relations avec la Chine connurent des périodes plus ou moins calmes, avec une rébellion importante contre la Chine en 1861.

Place sur la Route de la Soie[modifier | modifier le code]

Tourfan était l'une des principales oasis qui jalonnaient la branche Nord de la Route de la Soie, qui allait de Merv à Dunhuang, en passant par Boukhara, Samarcande, Kashgar, Kucha, Tourfan, et Hami (l'oasis rivale). Elle portait, dit-on, le surnom de Brillante Perle de la Route de la Soie.
À cette époque, les lieux où passait la Route de la Soie étaient la ville de Gaochang (située à 46 km au Sud-Est de Tourfan), et la ville-garnison de Jiaohe (à 10 km à l'Ouest de Tourfan).

Culture[modifier | modifier le code]

Monuments et sites réputés[modifier | modifier le code]

Les ruines de Jiaohe
Fragment tibétain d'un texte bilingue (tibétain / mongol) trouvé à Turfan. Dimensions approximatives 15 x 4,5cm. Epoque Tang (618-907). Musée régional du Xinjiang (?), Ürümqi
  • Les ruines de Jiaohe : ancienne citadelle protégeant la région à l'époque des Tang (VIIe au Xe siècle), elle fut peu à peu abandonnée après la dynastie Yuan, vers le XIVe siècle. Construite en pisé, elle est aujourd'hui très endommagée ; elle comptait parmi ses principaux monuments plusieurs monastères bouddhistes, une pagode, un groupe de 101 stupas...
  • Les grottes des mille Bouddhas de Bezeklik, très endommagées par les prélèvements sauvages effectués par certains archéologues occidentaux..
  • Les ruines de Gaochang. Cette ville, où se trouvait une importante communauté manichéenne au VIIIe siècle après Jésus-Christ, a malheureusement été très largement détruite après l'islamisation de la région.
  • Les tombes d'Astana, ancien cimetière de la ville de Gaochang. C'est là qu'étaient enterrés les morts des familles régnantes de Gaochang.
  • Les puits karez : ce système de canaux d'irrigation souterrains, alimentés par des puits, comprend un total de 1600 kilomètres de tunnels dans le district de Tourfan. Il était indispensable à l'irrigation, partant, à la survie de la région. Ce système est d'origine persane (et non chinoise), directement comparable aux qanat que l'on voit en Iran.
  • Le minaret d'Emin, situé à deux kilomètres à l'Est de la ville. Il fut construit de 1777 à 1778 par Emin Khoja, le souverain de Turfan. C'est une tour circulaire de 44 mètres de haut. Le palais de ce même Emin Khoja se trouve tout près de là.
  • Les Monts Flamboyants : ces montagnes de grès, qui réfléchissent une intense chaleur, sont célèbres en Chine depuis qu'elles ont été décrites dans le fameux roman Le Voyage en Occident, racontant les aventures du moine bouddhiste Xuanzang et du Roi des Singes, Sun Wukong. Les courageux voyageurs essayèrent de traverser ce flamboiement, mais ne purent y arriver que grâce à une pluie magique. Hélas, Sun Wukong s'y brûla la queue, et c'est depuis ce temps-là, dit-on, que les singes ont le derrière rouge[5].

Vestiges conservés à l'étranger[modifier | modifier le code]

C'est à proximité de Tourfan, sur le site de Qoco (ou Qotcho, en chinois Gaochang), ancienne capitale d'un royaume ouïghour, qu'a été découverte une magnifique enluminure aux musiciens manichéens, aujourd'hui au Musée d'art indien (Museum für indische Kunst) de Berlin.

La région de Tourfan fut en effet l'objet de prélèvements très importants d'œuvres d'art au tout début du XXe siècle, de la part des Allemands surtout, avec Albert von Le Coq en 1902 et 1903, ainsi qu'Albert Grünwedel, mais aussi des Britanniques, avec Sir Aurel Stein en 1915, qui découvrit le site d'Astana. Malheureusement, les peintures bouddhistes des grottes de Bezeklik, emmenées dans le musée ethnographique de Berlin, par les Allemands, ont été à peu près totalement détruites lors des bombardements de la Seconde Guerre Mondiale[6]. Ce qu'il en restait sur place a été détruit plus tard par les Gardes Rouges de Mao et les habitants du coin ont aussi vandalisé le site en y prélevant des matériaux pour leurs constructions.

Quant aux collections rapportées d'Asie Centrale par Sir Aurel Stein, elles ont été divisées entre le British Museum à Londres, la British Library, le Musée de Shrinagar, et le Musée National de Delhi.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Judy Bonavia, Route de la Soie. De Xi'An à à Kashgar (4e éd. mis à jour par William Lindesay, Wu Qi et Helen Loveday). Éditions Olizane, 2006, 312 p., (ISBN 2-88086-343-0)
  • Susan Whitfield (sous la dir. de), La route de la Soie. Un voyage à travers la vie et la mort, édité à l'occasion de l'exposition aux Musées Royaux d'Art et d'Histoire, Bruxelles, 2009 - 20010, Fonds Mercator, p. 207 (ISBN 978-90-6153-892-9) Sur Tourfan (le cimetière d'Astana en particulier) : pages 157 -169.

Liens externes[modifier | modifier le code]