Timothy Findley

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Timothy Findley est un homme de théâtre et un écrivain canadien de langue anglaise né à Toronto, le 30 octobre 1930 et mort en France à Brignoles, dans le Var, en Provence, le 20 juin 2002.

D'abord acteur dans son pays natal, il a participé régulièrement au festival shakespearien de Stratford, en Ontario, dont il était membre fondateur depuis 1953, avant de fréquenter les scènes américaines et européennes. Il s'est ensuite surtout consacré avec succès à l'écriture de romans et de pièces de théâtre. Son œuvre a d'abord été saluée au Canada où il a reçu deux fois le Prix du Gouverneur général, en 1977 pour son roman The Wars (Les Guerres) et en 2000 pour sa pièce Elizabeth Rex, avant d'être reconnue internationalement, en particulier aux États-Unis et en France où il a été fait Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres en 1996, avec des romans comme The Last of the Crazy People (1967 - trad.Le dernier des fous) ou Famous Last Words (1981 - trad.Le Grand Elysium hôtel). Il a terminé sa vie en France, à Cotignac, où il est inhumé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Timothy Findley est né à Toronto, en Ontario, le 30 octobre 1930 où il fait ses études et veut être danseur avant de devenir de 1953 à 1957 acteur. Il participe alors à la création du festival shakespearien de Stratford, toujours en Ontario et se produit aux États-Unis et en Europe avant de s'installer provisoirement à Hollywood en 1957-1958. Il commence à écrire et réussit avec difficultés à faire publier à Londres ses premiers romans refusés par les éditeurs canadiens, en 1967, The Last of the Crazy People (trad. Le dernier des fous, 1994) et The Butterfly Plague en 1969. Il travaille en même temps pour le théâtre et devient de 1974 à 1975, dramaturge en résidence au National Arts Centre d'Ottawa. Il est ensuite écrivain en résidence à l'Université de Toronto de 1979 à 1980 et il obtient enfin le succès avec son troisième roman The wars(Toronto, 1977) (trad. Guerres, 1980). Il collaborera également à l'écriture de scénarios pour le cinéma et la télévision, The National Dream en 1974 ou The Whiteoaks of Jalna (1971-1972, version française : Les Whiteoaks de Jalna), tenant même parfois quelques petits rôles dans les films de ces amis.

Timothy Findley s'est imposé comme un des écrivains marquant de la littérature de langue anglaise au Canada avec ses pièces de théâtre et ses romans qui sont traduits dans de nombreuses langues et principalement le français. Écrivain reconnu, il a reçu de nombreux prix et distinctions au Canada comme le Prix du Gouverneur par deux fois, le Prix de la Canadian Authors Association, l'Ordre de l'Ontario, le Prix Trillium de l'Ontario ou le titre d'Officier de l'Ordre du Canada, et en France le titre de Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres, en 1996.

La vie privée de Timothy Findley, 'Tiff' comme l'appelait ses amis, était centrée sur William Whitehead, le compagnon avec lequel il a parfois collaboré dans son activité de scénariste. Il écrivait ses textes à la main et à l'encre et son ami William les tapait à la machine[1]. Ils partageaient leur vie entre le Canada, y résidant l'été, en particulier dans une ferme près de Toronto aménagée en résidence secondaire qu'ils appelaient "Stone Orchard", et le sud de la France où ils passaient l'hiver dans un petit village de Provence appelé Cotignac.

Regard sur l'œuvre[modifier | modifier le code]

Timothy Findley écrit avec un style maîtrisé et élégant en variant les tonalités (comique, pathétique, fantastique, réaliste...) et en explorant quelques grand thèmes récurrents comme la destruction des liens affectifs, la solitude et la folie et souvent le regard d'un enfant désemparé devant la noirceur du monde et des âmes. En témoignent quelques-uns de ces romans les plus importants :

  • The Last of the Crazy People(1967) (trad. Le dernier des fous, 1994) décrit puissamment le huis-clos morbide et violent dans lequel se débat un jeune garçon de 11 ans désemparé par la folie de sa mère et la solitude d'une ferme canadienne accablée par la canicule. Une adaptation au cinéma en a été faite en 2006 : Le dernier des fous.
  • Famous Last Words (1981)(Le Grand Elysium hôtel, 1986) construit en va et vient entre le printemps 1945 et la fin de la guerre en Europe et divers moments des années 1920-1940 avec pour fil conducteur un écrivain américain fascisant réfugié dans un grand hôtel des Alpes autrichiennes au moment de la débâcle nazie. Il écrit sa vie sur les murs de sa chambre et raconte ses rencontres et ses compromissions avec des figures historiques qui complotent dans les officines d'extrême droite comme Charles Lindbergh, Ezra Pound, Hess, Ribbentrop et surtout le duc et la duchesse de Windsor alors que l'Europe découvre l'horreur et les ruines[2].
  • Pilgrim (1999)[3] :en 1912 un nommé Pilgrim déclaré mort par les médecins revient à la vie et déclare avoir vécu plusieurs vies et être immortel. Interné dans un asile psychiatrique il est soigné par Carl Gustav Jung, fasciné par le personnage. Le roman mêle avec ambition fantastique, métaphysique et questionnement sur la folie.
  • Spadeword, (2001) (trad. Les robes bleues, 2003)[4] : Roman du sentiment sinon roman sentimental qui montre la dérive d'un couple de Canadiens avec Griffin, acteur qui veut réussir, et Jane, créatrice de décors, qui se détruit dans le jeu de miroir du théâtre[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • The Last of the Crazy People(1967) (trad. en français : Le dernier des fous, 1994). Ce roman est adapté au cinéma par Laurent Achard dans le film Le dernier des fous primé au Festival de Locarno 2006.
  • The Butterfly Plague (1969)
  • The wars(1977) (trad. Guerres, 1980) - thème : reconstitution de la vie d'un soldat canadien durant la Première Guerre mondiale Prix du Gouverneur général - Adaptation au cinéma réalisée par Robin Phillips en 1983.
  • Famous Last Words (1981) (trad. Le grand Elysium hôtel, 1986) - thème : le fascisme, les comploteurs d'extrême-droite et les ruines.
  • Not Wanted on the Voyage (1984 ou plutôt 1986 87) (trad. Passagers clandestins, 2008) - thème : mythe de Noé démythifié.
  • The Telling of Lies (1986),
  • Headhunter (1993) (trad. Le chasseur de têtes, 1986 [France], 1996 [Québec]) - thème : tension sociale et violence à Toronto devenu un lieu d'apocalypse peuplé d'incarnations du Mal.
  • The Piano Man's Daughter (1995) (trad. La fille de l'homme au piano, 2001) - thème : Canada 1939, un accordeur de piano confronté à la folie de sa mère.
  • You Went Away (1996) (trad. Nos adieux, 1998) - thème : années 1930, destruction du bonheur d'une famille en Ontario et regard désemparé de l'enfant.
  • Pilgrim (1999) (trad. Pilgrim, 2001) - thème : folie, fantastique et métaphysique autour d'un homme qui se dit immortel.
  • Spadework (2001)(trad. Les robes bleues, 2003) - Thème : le couple en échec et le miroir du théâtre.

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Dinner Along the Amazon (1984)
  • Stones (1988)
  • Dust to Dust (1997)

Autobiographies[modifier | modifier le code]

  • Inside Memory: Pages from a Writer's Workbook (1991) (extraits du journal intime de l'auteur)
  • From Stone Orchard (1998) (trad. Le verger de pierres, 2001) - souvenirs liés à ses moments passés avec son compagnon dans sa résidence secondaire, une petite ferme près de Toronto

Pièces de théâtre[modifier | modifier le code]

  • Can You See Me Yet? (1977 ?)
  • John A. -- Himself! (1979)
  • The Stillborn Lover (1993)
  • Elizabeth Rex (2002), (Prix du Gouverneur général du Canada)
  • The Trials of Ezra Pound (2001)
  • Shadows (2002)

Scénarios pour la télévision[modifier | modifier le code]

  • The National Dream (1974, en collaboration avec son compagnon, William Whitehead)
  • The Whiteoaks of Jalna (1971-1972, version française : Les Whiteoaks de Jalna)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme scénariste[modifier | modifier le code]

Comme acteur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes et sources[modifier | modifier le code]