Tabar

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Trois chevaliers portant une panoplie héraldique complète : tabard, écu et caparaçon. Codex Manesse.

Le tabar ou tabard est une sorte de surcot que l'on revêtait au-dessus de l'armure, à l'époque médiévale. Dès lors que des armoiries y sont représentées, on parle plus fréquemment de cotte d'armes.

Fonctions[modifier | modifier le code]

La cotte d'armes est identifiable dès la première croisade. Elle est alors un élément pleinement fonctionnel de la panoplie chevaleresque. Elle protège le combattant du soleil, et éventuellement de la pluie, en limitant la chauffe du soleil sur le métal. Elle permet ainsi de conserver une température tolérable à l'intérieur de la cuirasse. Rapidement, néanmoins, le tabard a fait l'objet de décoration. Il s'est ainsi chargé d'une double fonction d'identification et de représentation. Tout d'abord, en effet, il permettait de reconnaître le chevalier, par ses ornements. Il est ainsi devenu, avec l'écu et le caparaçon, le principal support des armoiries. En langue anglaise, c'est ainsi par le nom de cette pièce, coat of arms, qu'on désigne des armoiries. Ensuite, il pouvait permettre à son propriétaire d'exhiber sa fortune en arborant un vêtement fait d'étoffe précieuse abondamment brodée.

Évolution[modifier | modifier le code]

Les premiers tabards sont des tuniques peintes, ou formées d'un assemblage de plaques de tissu d'une forme simple. Il s'agit de vêtements tubulaires, souvent dénués de manches. Ils se portent alors par dessus la cotte de mailles. Avec les siècles, la cotte va se raffiner pour devenir peu à peu un objet très précieux. La forme même du vêtement change : il s'ouvre sur les côtés, pour pouvoir être apposé sur les armures de plus en plus rigides et se dote de manches. Aux XVe et XVIe siècles, la cotte trouve sa forme classique, composée de quatre pans inégaux de tissu : deux grands et deux petits, formant les manches. À cette époque, on voit apparaître des cottes à la finalité clairement somptuaire, faites de draps d'or, satins et damas de soie, richement brodées et frangées; cela a pour principale conséquence de rendre le vêtement lourd, rigide et peu commode sur les champs de bataille. De fait, au XVIe siècle, on le retrouve plus dans l'iconographie que sur le front. C'est ainsi le vêtement par excellence du chevalier se faisant représenter en donateur dans les œuvres de dévotion, tableaux, et vitraux.

Des hérauts anglais en grande tenue dans une procession, 1511. Les deux poursuivants sur la gauche portent leur cotte de travers.

Le vêtement du héraut[modifier | modifier le code]

Si le tabard est à l'origine un vêtement issu de la panoplie du chevalier, il va se singulariser avec les siècles comme le symbole de l'office d'armes. Bien qu'on ne sache pas exactement comment, la cotte d'armes va en effet devenir l'élément d'identification des hérauts, alors même que ces derniers ne le portent que dans les occasions les plus formelles. Il figure à ce titre sur la gravure de la pompe funèbre de Charles III de Lorraine. Il est aujourd'hui encore porté par la plupart des officiers d'armes encore en exercice, notamment au Royaume-Uni. Les hérauts et rois d'armes portaient la cotte dans le sens "normal", c'est-à-dire avec les deux longs pans sur l'avant et l'arrière, tandis que les poursuivants d'armes devaient la porter de travers, les longs pans tombant sur les bras.

Quelques tabards conservés à ce jour[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

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