Tel Afek

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Tel Afek
Antipatris
Image illustrative de l'article Tel Afek
Localisation
Pays Drapeau d’Israël Israël
Coordonnées 32° 06′ 18″ N 34° 55′ 48″ E / 32.105042, 34.93001132° 06′ 18″ Nord 34° 55′ 48″ Est / 32.105042, 34.930011  

Géolocalisation sur la carte : Israël

(Voir situation sur carte : Israël)
Tel Afek
Tel Afek

Tel Afek (en hébreu תל אפק) est un tel situé au nord de la plaine du Sharon dans le centre d'Israël sur lequel se trouvent les vestiges de l'ancienne ville biblique d'Afek. Le tel couvre 12 hectares. Aux époques romaine et byzantine, cette ville de Judée s'appelle Antipatris.

Le tel se trouve à proximité des sources de la rivière Yarkon, entre Petah Tikva à l'ouest et Rosh HaAyin à l'est. Il fait partie du parc national du Yarkon (he).

La ville est parfois appelée Afek du Sharon pour la distinguer d'Afek du nord dans la vallée de Zvouloun, à proximité de Haïfa. Dans les deux cas, les villes tirent leurs noms de la rivière qui se trouve à proximité (de l'hébreu afiq qui désigne le lit d'une rivière, un canal).

Archéologie[modifier | modifier le code]

Des fouilles archéologiques ont été réalisées dans les années 1934-1936 par le département des Antiquités du gouvernement britannique de la Palestine (he) sous la direction de Yaaqov Uri. Une campagne de fouilles a été organisée en 1972-1985 par l'université de Tel Aviv sous la direction du professeur Moshe Kokhavi (he).

Sur le site, on trouve des traces d'occupation sur 5000 ans. Afek est mentionnée pour la première fois dans des textes d'exécration égyptiens (XIIe dynastie) au XIXe ‑ XVIIIe siècle av. J.-C. et des une liste de Thoutmôsis III au XVe siècle av. J.-C.[1]. Afek apparaît de nombreuses fois dans la Bible. Elle est décrite comme une ville cananéenne conquise par Josué et comme une base des Philistins pour leurs campagnes militaires contre les Israélites à l'époque de Samuel. Selon le Premier livre de Samuel (4:2), c'est alors la ville la plus au nord du territoire des Philistins. Afek est mentionnée dans une tablette de Ninive datant du roi assyrien Assarhaddon au VIIe siècle av. J.-C. comme une ville frontière du territoire de Samarie.

Âge du bronze[modifier | modifier le code]

À l'époque du Bronze Ancien, Afek est une ville fortifiée. C'est un grand centre urbain qui domine la région alentour. Les premières fortifications de la ville datent du Bronze Ancien I. Des habitations sont construites le long des murailles. Du Bronze Ancien II, un quartier d'habitation complet a été mis au jour. C'est là qu'on a découvert les premières poteries importées d'Égypte du site. Au Bronze Ancien III, Afek entame sur déclin jusqu'à sa disparition complète.

Après une longue période d'abandon, le site est à nouveau peuplé à l'époque du Bronze Moyen. C'est à cette période que la ville est au sommet de son rayonnement. C'est à ce moment qu'elle est mentionnée par les textes d'exécration égyptiens. Afek est alors un site central le long du cours du Yarkon. Quatre phases d'occupation ont été identifiées au Bronze Moyen I :

  • phase 1 : le site est dépourvu de fortification
  • phase 2 : le site est solidement établi avec des fortifications munies de tours. La muraille fait 4 m d'épaisseur. Le palais du gouverneur de la ville est construit proximité des fortifications. Il s'agit du premier des six palais de la ville au cours de son histoire.
  • phase 3 : le palais de la phase 2 est abandonné. Un second palais est construit sur le versant ouest du tel
  • phase 4 : le deuxième palais est à son tour abandonné. Un troisième palais est construit au somment du tel. Un quartier d'habitation est construit à l'emplacement du deuxième palais et un quartier de potiers est construit à l'ouest du tel.

Au Bronze Moyen II, Afek perd de son importance au profit d'une autre ville plus en aval sur le cours du Yarkon, Tel Napoléon (he), aujourd'hui en banlieue de Tel Aviv. Afek n'est plus occupée que dans la zone nord du tel. Un quatrième palais est construit sur les ruines du premier palais. Cette phase d'occupation prend fin avec un incendie alors que le pharaon Ahmôsis Ier reprend le contrôle des territoires frontaliers de l'Égypte après l'expulsion des Hyksôs.

Époque hellénistique[modifier | modifier le code]

À l'époque hellénistique, la ville s'appelle Pegaï.

Époque romaine[modifier | modifier le code]

Primitivement nommée Caphar Seba, elle se situait sur la route de Jérusalem à Césarée. En 9 av. J-C., Hérode construit une nouvelle ville qu'il nomme Antipatris en l'honneur d'Antipater, son père. Il choisit ce lieu parce qu'il y a une plaine « bien irriguée et une terre très propre à la végétation car un fleuve coulait autour de la ville même et celle-ci était entourée d’une très belle forêt de grands arbres[2]. » Après la fondation de Césarée, Antipatris devient le carrefour des routes menant de la côte vers les principales villes de Palestine et Jérusalem.

Paul de Tarse a passé une nuit à Antipatris lors de son voyage de Jérusalem à Césarée[3].

La ville est détruite au cours de la Première Guerre judéo-romaine entre 66 et 70[4]. Elle ne s'en est pas relevée avant le IIe siècle, mais en 363, un tremblement de terre rasa la ville[5].

Afek dans la Bible[modifier | modifier le code]

Sous le commandement de Josué, les Hébreux auraient pris la ville aux Cananéens et y aurait construit un palais monumental. Lors de leur invasion, les Philistins se dirigèrent vers la cité. Les Hébreux se sont enfuis dans les collines de Samarie. Aphek devient alors la localité la plus septentrionale de la région occupée par les Philistins. L'armée philistine se regroupe à Aphek[6] lors de deux importantes batailles contre les Hébreux jusqu'à la mort de Saül et de son fils Jonathan au Mont Guilboa et la prise par les Philistins de l'Arche d'alliance. Les Philistins déposent le corps de Saül, sur les murailles de la ville de Beït-Shéan[7]. À partir de ce moment, la Bible ne fait plus mention de la ville.

Références[modifier | modifier le code]

  1. John Charles Hugh Laughlin, op. cit., p. 21
  2. Flavius Josèphe, « Antiquités Judaïques, Livre XVI, chapitre V, §2 », sur « L'antiquité grecque et latine »
  3. Actes des apôtres 23,31-32
  4. (fr) (grc) Flavius Josèphe, « Guerre des juifs, Livre II, chapitre XIX, §1 », sur « L'antiquité grecque et latine »
  5. Jeremiah Murphy-O'Connor, op.cit., p. 187.
  6. 1 Samuel 4,1-11
  7. 1 Samuel 31,10

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

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