Schirrhoffen

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Schirrhoffen
Blason de Schirrhoffen
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Haguenau
Canton Bischwiller
Intercommunalité C.C. de Bischwiller et environs
Maire
Mandat
Jean Dillinger
2008-2014
Code postal 67240
Code commune 67450
Démographie
Population
municipale
702 hab. (2011)
Densité 1 114 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 48′ 25″ N 7° 55′ 22″ E / 48.8069, 7.9228 ()48° 48′ 25″ Nord 7° 55′ 22″ Est / 48.8069, 7.9228 ()  
Altitude Min. 119 m – Max. 138 m
Superficie 0,63 km2
Localisation

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Schirrhoffen est une commune française située dans le département du Bas-Rhin en région Alsace.

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Schirrhoffen est mentionné pour la première fois de manière claire en 1347 sous le nom de Schürhof. C'était une propriété féodale qui faisait partie des biens dont jouissaient les Dotzler, c'est-à-dire les bouffons du palais impérial de Haguenau. Cette propriété comprenait un château, une ferme, un étang, des jardins, des prés et une petite chapelle dont le patron était saint Jacques. L'orthographe actuelle de Schirrhoffen daterait du temps de la Révolution française. Le nom « Schirrhoffen » a une double racine : Schüre ou Schir et Hof. Schüre ou Schir, en allemand Scheune, signifie remise, hangar à stocker le foin. Hof désigne l'ancien château des maîtres du Schirrhof. Schirrhoffen signifie donc « les granges situées près du château ».

La seigneurie de Schirrhoffen[modifier | modifier le code]

Le domaine du Schürhof, appelé aujourd'hui Schirrhoffen, relevait en 1347 directement de la cour impériale de Haguenau et faisait partie des biens des Dotzler. Ces Dotzler occupaient une partie de l'aile ouest du château impérial de Haguenau. Les Hohenstaufen leur avaient attribué une partie du Schürrieth où, sur la terrasse qui borde ce dernier, ils avaient construit un château de chasse. C'est à cette époque que le Schürhof fut détaché du Schürrieth (qui deviendra Schirrhein). Schirrhoffen allait vivre une histoire un peu particulière.
En 1391, le domaine du Schürhof, ses terres et 500 fauchées de prés, fut attribué à Claus Rosenbaum. La famille Rosenbaum était une famille patricienne de Haguenau. Claus Rosenbaum mourut sans laisser d'enfants. Le fief passa alors à sa sœur Catherine, épouse de Billung zu der Mägde, et ensuite à ses descendants, les Eschenau. En 1429, Wendling von Eschenau fut investi du domaine par une patente impériale. Après la mort du dernier des Eschenau, en 1561, le domaine du Schürhof fut attribué aux deux secrétaires de la chancellerie, Wolgang Haller et Georges Knod, chacun pour moitié. À partir de 1593, les Niedheimer prirent possession du Schürhof. Ils allaient jouer un rôle important dans l'histoire de Schirrhoffen et de Schirrhein. Grâce à leurs relations et interventions, les deux communes échappèrent à une destruction quasi certaine pendant la guerre de Trente Ans. Les maîtres successifs du Schürhof furent Jean-Jacques Niedheimer de 1593 à 1609, Jean-Philippe Niedheimer de 1609 à 1659, Jean-Nicolas Niedheimer de 1659 à 1687, Jean-Christophe Niedheimer de 1687 à 1693, et Jean-Frédéric Niedheimer de 1693 à 1750. Avec lui s'éteignit la lignée des Niedheimer. C'est François-Antoine-Ferdinand Warstatt qui fut investi de la seigneurie du Schürhof. Il s'occupa de son domaine jusqu'à la Révolution française. Au début de la Révolution, il était le commandant de la garde nationale de Schirrhoffen. En 1793, lorsque les Autrichiens battirent en retraite, il quitta le pays et se retira à Bühl dans le Pays de Bade. Ses biens furent confisqués et vendus aux enchères.

La communauté juive de Schirrhoffen[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, Schirrhoffen abritait l'une des plus importantes communautés juives rurales du Bas-Rhin. Chose rare et en même temps unique en Alsace, les Juifs étaient largement majoritaires dans le village. En 1841, 71 % de la population de Schirrhoffen était juive. Mais à la suite de l'émigration massive des Juifs en 1871 pour rejoindre la France, seuls 38 juifs vivent encore à Schirrhoffen en 1936. Les trois quarts d'entre eux disparaissent dans les camps de la mort nazis et seuls deux personnes reviennent vivre à Schirrhoffen après la guerre. Cette communauté a donc aujourd'hui complètement disparu. Les seuls témoins de l'existence de cette communauté sont l'école et le cimetière.

La synagogue[modifier | modifier le code]

En 1817, la communauté juive de Schirrhoffen obtint l'autorisation de construire une synagogue. Cette synagogue fut inaugurée le samedi précédant le nouvel an juif en 1818, sous la protection de l'armée dépêchée pour éviter les troubles antijuifs. La synagogue fut bombardée et incendiée lors des combats de la libération en 1945. Il ne restait plus que des murs calcinés et il n'était plus question de la reconstruire.

L'école juive[modifier | modifier le code]

Dès la fin du XVIIIe siècle, une école juive fonctionna à Schirrhoffen. C'était une école privée. En 1844, la communauté Israélite fit construire une école. Schirrhoffen fut administré dès 1844 par une majorité d'élus juifs vus leur forte implantation dans la commune. Pendant plus d'un demi-siècle, la municipalité fut dirigée par des maires juifs : 1844 à 1864 par Raphaël Lévy, 1865 à 1871 par Léon Weill, 1872 à 1881 par Abraham Weill, 1882 à 1905 par Simon Heymann, 1905 à 1907 par Salomon Kahn.

Le cimetière juif[modifier | modifier le code]

Le 21 octobre 1881 fut érigé un cimetière juif à Schirrhoffen. Ce cimetière existe encore de nos jours, bien qu'il ne réside plus de Juifs à Schirrhoffen. Il reste un éloquent témoignage de l'attachement des habitants de Schirrhoffen à leur passé et au souvenir des Juifs qui ont cohabité avec eux pendant plus de deux siècles.

Schirrhoffen aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, Schirrhoffen est un petit village très joli, agréable et bien aménagé. Au centre du village, sur une butte de la terrasse qui borde le Ried, s'élève l'ancien château qui, par sa simple présence, nous rappelle les origines du lieu. Le village est né et s'est développé autour de ce château. Le village était sinistré à 49 % à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Il a été reconstruit avec soin grâce à la ténacité de ses maires et de sa population.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Schirrhoffen

Les armes de Schirrhoffen se blasonnent ainsi :
« Échiqueté d'or et d'azur au chevron de gueules brochant sur le tout. »[1].

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1789 1791 Georges Bechtel    
1791 1792 Sébastien Steinmetz    
1792 1800 Antoine Ruerte    
1801 1804 Joseph Eck    
1805 1815 Joseph Schandel    
1816 1825 Schlosser    
1825 1835 Heisserer    
1835 1843 Joseph Halter    
1844 1864 Raphaël Levy    
1864 1871 Léon Weill    
1871 1881 Abraham Weill    
1881 1905 Simon Heymann    
1905 1907 Salomon Kahn    
1907 1919 Laurent Heisserer    
1919 1921 Pie Halter    
1921 1929 Joseph Halter    
1929 1942 Nicolas Lux    
1942 1947 Michel Lang    
1947 1953 Frédéric Halter    
1953 1971 Aloïse Haaser    
1971 1990 Albert Gottri    
1991 2001 Albert Schmitter    
mars 2001 mars 2008 Albert Schmitter    
mars 2008 en cours Jean Dillinger[2]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 702 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
401 431 498 665 634 664 645 696 611
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
520 568 628 589 551 533 517 493 489
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
463 435 414 398 428 456 504 472 508
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
557 522 513 508 516 630 683 698 702
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4])
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Cimetière juif (1881) : le cimetière israélite reste un témoin de l'histoire de l'une des plus importantes communautés juives rurales du nord de l'Alsace.
  • Le châtelet (XVIIe siècle) : ancienne résidence des seigneurs de Niedheimer-Wasenbourg.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Weil (° 1811 – † 1899) : écrivain et journaliste installé à Paris en 1837 et ayant côtoyé Henri Heine, Gérard de Nerval et Victor Hugo.
  • Raphaël Levy (Maire de Schirrhoffen de 1844 à 1864) eut 4 enfants dont Achille, arrière-grand-père de Brice Lalonde ancien ministre de l'environnement, ainsi que Léopold, arrière-grand-père d'André Maurois écrivain, académicien.
  • Jean-Frédéric Neurohr né à Schirrhoffen le 13 mars 1903 : capitaine, faisait partie de la délégation française du général Ernest Petit qui réceptionna les 1 500 Alsaciens-Lorrains du camp de Tambov, échangés le 7 juillet 1944 contre 1 500 prisonniers russes. Décédé à Paris (13e) le 13 janvier 1972 et inhumé au cimetière de Drusenheim.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Article Schirrhoffen sur le site du judaïsme d'Alsace et de Lorraine

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]