Requin-bouledogue

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Le requin-bouledogue ou requin du Zambèze (Carcharhinus leucas) est une espèce de requin de la famille des Carcharhinidés. Il atteint 3,40 m de longueur. Son dos est gris ou brun olive avec l'extrémité des nageoires un peu plus foncée et son ventre est blanchâtre. Il tient son nom de son apparence massive, trapue, lourde et vigoureuse et de son museau aplati et court. Il peut vivre 14 ans[1] ou 20 ans[2] mais un âge maximal de 32 ans est également évoqué.

On le confond souvent avec le requin-taureau, car le nom vernaculaire anglais du requin bouledogue est Bull shark, ce qui se traduit littéralement par requin taureau et prête donc à confusion.

Pêché pour sa chair, son cuir ou son foie, l'UICN le classe espèce quasi-menacée sur la base d'une étude qui date du 1er oct 2005.

Habitat[modifier | modifier le code]

Le requin-bouledogue se rencontre sur les côtes de toutes les mers tropicales et sub-tropicales du monde, mais il est aussi semi-pélagique. Il fréquente des eaux d'une profondeur comprise entre 0 et 150 mètres. Il affectionne plus particulièrement les eaux boueuses et plus généralement à forte turbidité (exemple : embouchure d'une rivière après un cyclone tropical).

Il possède la caractéristique unique chez les requins de s'acclimater aux eaux hyposalines ou hypersalines (euryhalin), ce qui lui permet de remonter des fleuves tels que le Zambèze, le Tigre, le Mississippi, le Gange ou l'Amazone. De ce fait, on trouve souvent des requins bouledogues dans des rivières, même si celles-ci se trouvent loin de l'embouchure vers la mer, et franchit les rapides en sautant comme le font les saumons. Il a été ainsi observé dans l'Amazone au Pérou, soit à plus de 3 700 km de la côte. Le requin bouledogue est aussi présent dans le lac Nicaragua où il a été longtemps considéré comme une espèce endémique sous le nom scientifique de Carcharhinus nicaraguensis[3]. Il est fréquent dans l'Atlantique et l'Indo-Pacifique, mais beaucoup plus rare en mer Rouge. Une étude en date du 1er oct 2005 montre que la population des requins bouledogue était en nette régression. Mais des études plus récentes (2013-2014) démontrent que les requins bouledogues sont désormais très présents sur la Réunion et le littoral Brésilien. Des dizaines de kilomètres de plages y sont interdites de baignade et de surf.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Le requin bouledogue est vivipare. Son embryon est nourri directement par l'organisme de la mère pendant les 10 à 12 mois de la gestation. Les nouveau-nés (jusqu'à 13) sortent entièrement formés du corps de la mère. Ils mesurent de 56 à 81 cm. Ils sont euryhalins dès leur naissance. La maturité sexuelle est atteinte vers 6 ans, quand les requins atteignent environ 190 cm.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Il dispose d'une mâchoire composée de dents supérieures larges, triangulaires et très dentelées et de dents inférieures verticales et pointues. Son alimentation est très variée, à l'image du requin tigre : tortue, autres requins, poissons d'eau de mer et d'eau douce, mammifères, oiseaux, calamars.

Mythe et réalité[modifier | modifier le code]

Le requin bouledogue est impliqué dans des attaques sur l'homme au même titre que le requin tigre, même si celles-ci demeurent relativement rares en moyenne. Il est réputé pour son agressivité et sa tendance à attaquer sans provocation. Il est probablement l'auteur des nombreuses attaques longtemps imputées au requin du Gange dans le fleuve du même nom. Il est le principal requin impliqué dans des accidents au Brésil (75 % des identifications), en Australie (28 % des identifications), à l'Ile de la Réunion (37,5 % des identifications), le second après le requin blanc impliqué dans les attaques en Afrique du Sud (17 % des identifications).

Des rumeurs propageant l'idée que les mâles de cette espèce auraient le taux de testostérone le plus élevé du règne animal ne sont pas fondées, même si certains mâles peuvent atteindre un taux d'hormone très élevé, comme d'autres poissons, en période de reproduction[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ferrari A. et Ferrari A. (2001). Guide des requins. Collection "Les compagnons du naturaliste", Delachaux et Niestlé, Lausanne, Suisse, page 168.
  2. Van Grevelynghe G., Diringer A. et Séret B. (1999). Tous les requins du monde. Collection "Les encyclopédies du naturaliste", Delachaux et Niestlé, Lausanne, Suisse, page 239.
  3. http://www.aquaportail.com/fiche-poisson-2089-carcharhinus-leucas.html
  4. Christie Wilcox, Testosterone Levels In Carcharhinus leucas: Is It All Bull?, publié le 10 septembre 2010, consulté le 13 octobre 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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