Raphael Lemkin

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Raphael Lemkin (en polonais : Rafał Lemkin) (Bezwodne, 24 juin 1900New York, 28 août 1959) est un juriste américain d'origine juive polonaise qui a forgé en 1943 le terme et le concept de génocide.

[modifier] Biographie

Raphael Lemkin est né de parents juifs polonais en 1900, dans le village de Bezwodne en Russie impériale (actuelle Lituanie).

Il rejoint les rangs de l'armée polonaise pendant la Seconde Guerre mondiale et prend part au siège de Varsovie. Blessé, il parvient à entrer en 1941 sur le territoire américain où il exerce ses talents de juriste en droit international à la faculté de droit de l'université Duke de Durham, en Caroline du Nord. Affligé par les massacres des Arméniens par les Turcs en 1894, 1909 et 1915, Lemkin compile un dossier et cherche des voies de recours légales pour punir les auteurs de massacres, dissuader et prévenir de futurs génocides.

C'est en s'intéressant entre autres au Génocide arménien ("Dossier on the Armenian Genocide"), puis à la Shoah, que Lemkin est amené à créer le néologisme de génocide qu'il forme en 1943 à partir du grec genos (race, lignage) et du latin -cide (tuer), afin de désigner la « barbarie » et le « vandalisme » alors à l'œuvre. Le terme apparaît pour la première fois dans une publication de novembre 1944, Axis Rule in Occupied Europe: Laws of Occupation - Analysis of Government - Proposals for Redress [1], étude commandée par la Fondation Carnegie pour la paix internationale.

Non seulement il imagine et construit le mot "génocide", mais il devient également le principal moteur de l'adoption de la Convention des Nations Unies pour la prévention et la répression du crime de génocide ("Convention sur le génocide"), le document de droit international qui en 1948 fait du génocide le "crime des crimes".

Largement diffusé et accepté par la communauté internationale, le concept de génocide est utilisé dès 1945 dans les Procès de Nuremberg par le procureur et juge de la Cour suprême Robert Jackson, que Lemkin conseille en cette occasion.

Après la guerre, Raphael Lemkin, qui a perdu 49 personnes de sa famille dans la Shoah, choisit de rester aux États-Unis et donne des cours de droit à l'Université Yale.

Lemkin est l'inspirateur et le principal rédacteur de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, approuvée le 9 décembre 1948 par l'Assemblée générale des Nations unies et entrée en vigueur le 12 janvier 1951[2].

Dès 1933, Raphael Lemkin a proposé un composant culturel au génocide, qu'il a appelé « vandalisme ».[3]

Raphael Lemkin meurt le 28 août 1959.

[modifier] Bibliographie

  • Qu'est-ce qu'un génocide ? Éditions du Rocher, 10 janvier 2008, (ISBN 2268063984) (Préface de Jean-Louis Panné)
  • Vartkes Yeghiayan, Leon Fermanian, Raphael Lemkin's Dossier on the Armenian Genocide, Éditions CAR (Center for Armenian Remembrance)

[modifier] Notes et références

  1. Axis Rule in Occupied Europe: Laws of Occupation - Analysis of Government - Proposals for Redress, 1944
  2. Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, 1948
  3. Raphael Lemkin, Acts Constituting a General (Transnational) Danger Considered as Offences Against the Law of Nations (J. Fussell trans., 2000) (1933); Raphael Lemkin, Axis Rule in Occupied Europe, p. 91 (1944).
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