Poil racinaire

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Poils absorbants sur des racines de graines germées de laitue.

Un poil racinaire ou poil absorbant est une cellule différenciée de l'assise pilifère d'une racine. Les poils absorbants sont les principaux sites d'absorption d'eau et de sels minéraux, notamment en raison à leur grande surface d'échange avec le sol et grâce à leur paroi fine et hydrophile.

Le terme poil racinaire est préférable à celui de poil absorbant car cette cellule est surtout spécialisée dans l'acquisition d'éléments nutritifs peu mobiles (phosphore, oligo-éléments), les autres types de ressources nutritives (eau, nitrates) étant aussi absorbées mais essentiellement à un niveau différent par d'autres cellules racinaires[1].

Description[modifier | modifier le code]

Dans la zone pilifère de la racine, de nombreuses cellules du rhizoderme se différencient en poils absorbants : sur la face externe d'un trichoblaste (cellule initiale d'un poil), une émergence à croissance unipolaire et rapide s'insinue entre les particules du sol. Sa progression est facilitée par le mucigel agissant comme un lubrifiant. Un poil adulte a une forme tubulaire très fine (quelques micromètres de diamètre) et très longue à l'échelle cellulaire (quelques millimètres). Sa paroi mince et hydrophile permet la circulation de l'eau et des éléments minéraux jusqu'à la membrane et vers les cellules adjacentes. La vacuole occupe presque tout l'espace intracellulaire.

La zone pilifère forme un manchon de quelques centimètres de hauteur à l'extrémité de la racine juste après la coiffe et la zone d'élongation. Elle se détruit continuellement par le haut, remplacée par une assise subéreuse, alors que de nouveaux poils se forment à sa base. Elle reste ainsi à distance constante de la coiffe et accompagne l'allongement de la racine. Les poils ont une vie transitoire de quelques jours à quelques semaines selon la vigueur de la croissance.

Le nombre de poils absorbants est très important et peut dépasser le milliard avec une densité pouvant atteindre 2 000 poils par  cm2 de surface racinaire[2]. Ils augmentent considérablement la surface d'échange entre la racine et le sol. Une étude[3] a par exemple dénombré près de 15 milliards de poils absorbants sur un seul plant de seigle, représentant une surface de 400 m2 pour une surface racinaire totale de l'ordre de 639 m2.

Certaines plantes sont dépourvues de poils absorbants, comme le cocotier (Cocos nucifera), certaines plantes aquatiques ou orchidées épiphytes à racines aériennes...

Dans les racines à ectomycorhizes, la formation de poils absorbants est inhibée ; leur rôle d'absorption d'eau et de nutriments est alors assuré par les hyphes du champignon symbiote[4].

Fonctions[modifier | modifier le code]

Les poils absorbants ont pour fonction principale l'absorption d'eau, pour compenser la transpiration des parties aériennes, et d'éléments minéraux nécessaires à la synthèse de molécules complexes. Ils jouent également un rôle dans l'élaboration d'associations symbiotiques avec des bactéries fixatrices d'azote, telles que les nodosités des Fabacées (Légumineuses) ou les actinorhizes.

L'absorption d'eau se fait, schématiquement, par osmose, le milieu intracellulaire étant très hypertonique par rapport à la solution aqueuse du sol. L'eau peut traverser la membrane par diffusion mais elle entre majoritairement par des pores très perméables, les aquaporines.

L'absorption d'éléments minéraux, sélective et indépendante du flux hydrique lié à la transpiration, se fait par transport actif. La plupart sont directement puisés sous forme d'ions dans la solution du sol (en solution aqueuse légèrement acide, de nombreux sels sont dissociés). Certains (notamment le fer) ne sont pas solubles à ces pH ou difficilement dissociables : ils sont absorbés sous forme de chélates.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christophe Jourdan, docteur en Physiologie Végétale, « Les racines : la face cachée des plantes », émission La Tête au carré sur France Inter, 11 février 2012, 30 min 20 sec.
  2. Laberche 2010, p. 106
  3. (en) Howard J. Dittmer, 1937 : A Quantitative Study of the Roots and Root Hairs of a Winter Rye Plant (Secale Cereale). American Journal of Botany, vol. 24, no 7, p. 417-420  JSTOR 2436424
  4. (en) Mika Tarkka, Uwe Nehls et Rüdiger Hampp, 2005 : Physiology of ectomycorrhiza (ECM). Progress in Botany, vol. 66, p. 247-276 lien DOI ] 

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Les trichomes sont des poils ou des excroissances de l'épiderme des parties aériennes d'une plante.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages utilisés pour la rédaction de l'article :

  • Jean-Claude Laberche, Biologie végétale, Dunod,‎ 2010, 3e éd., 304 p. (ISBN 2100548409)