Podologue
Le podologue est le terme désignant un praticien en pédicurie et en podologie. Le podologue ou pédicure-podologue, en France, traite les affections épidermiques et unguéales du pied ainsi que ses troubles statiques et dynamiques.
Le podologue cumule ainsi deux activités complémentaires :
- en pédicurie: une activité de soins ;
Les soins de pédicurie sont effectués par le pédicure-podologue. Ces soins visent à prévenir, à déceler et à traiter les pathologies congénitales ou acquises entraînant des affections épidermiques et unguéales[1].
- en podologie; une activité de conception et d'adaptation d'orthèses sur mesure (orthèses plantaires fonctionnelles ou de confort (semelles orthopédiques), orthèses d'orteils (orthoplasties), orthèses unguéales (orthonyxies) et prothèses unguéales (onychoplasties).
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[modifier] Études
[modifier] Au Canada
Au Canada, l'équivalent du podologue est le podiatre. Cependant, le podiatre qui pratique au Canada est détenteur d'un Doctorat en médecine podiatrique (D.P.M.). Différemment du podologue, il est un praticien de première ligne, qui peut diagnostiquer toute affection locale des pieds qui ne constitue pas une maladie systémique. Il est habilité à prescrire certains médicaments, des examens radiologiques et échographiques et à prodiguer des interventions chirurgicales mineures des tissus mous. Il est également possible pour le podiatre de se spécialiser en chirurgie podiatrique, en effectuant une résidence médicale de 3 ans en chirurgie orthopédique de l'avant et de l'arrière-pied.
[modifier] En France
En France, les études de Pédicurie-Podologie se font sur trois ans dans un Institut de formation en Pédicurie-Podologie public ou privé agréés par le ministère de la Santé (arrêté du 30 mai 1997). Le but de ces études va être de mener l'étudiant vers une connaissance globale du fonctionnement du corps humain, et plus particulièrement des membres inférieurs que ce soit au niveau anatomique ou biomécanique, afin qu'il puisse traiter les affections ou pathologies des patients.
La formation contient en général plus de 1000h de cours par an, réparties en cours théoriques et pratiques.
Programme des études
Il est développé dans le décret n° 91-1008 du 2 octobre 1991 relatif aux études préparatoires et aux épreuves du diplôme d'État, complété par les décrets n° 91-1009 et n° 91-1012[2].
Première année
L'enseignement de la première année doit permettre à l'étudiant de découvrir la profession, de s'initier au vocabulaire médical et technique courant, d'acquérir les bases élémentaires d'anatomie, de physiologie, de sémiologie et de pathologie.
I - Méthodologie.
II - Place du pédicure-podologue dans le cadre professionnel.
III - Notions de pathologie médicale, initiation au vocabulaire médical, sémiologie.
IV, V - Hygiène, anatomie.
VI - Biologie et physiologie humaine.
VII - Pathologie pédicurale.
VIII - Généralités sur les principaux troubles statiques et morphologiques du pied.
IX - Technologie.
X - Pharmacologie.
XI - Biomécanique-cinésiologie.
XII - Santé publique.
XIII - Communication.
Contrôle continu et pédagogie participative.
Stages hospitaliers et extrahospitaliers avec soins pédicuraux.
Stage facultatif chez le praticien.
Travaux pratiques :
soins pédicuraux dans le cadre de l'école, surveillés par les moniteurs enseignants ;
pansements, désinfection des plaies ;
prothèses unguéales, orthonyxie, orthoplastie, appareils de contention ;
semelles orthopédiques ;
techniques d'examen en podologie.
Deuxième année
Les connaissances acquises par l'élève au cours de cette deuxième année doivent lui permettre de traiter les pathologies les plus fréquentes.
I - Anatomie.
II - Biomécanique.
III - Malformations congénitales du pied.
IV - Lésions traumatiques du pied.
V - Troubles statiques et morphologiques du pied et du membre inférieur et leurs répercussions.
VI - Rhumatologie.
VII - Dermatologie.
VIII - Pathologie vasculaire.
IX - Notions de rééducation du pied.
X - Technologie.
XI - Notions de biomécanique, cinétique du geste sportif et traumatologie sportive du membre inférieur.
Contrôle continu et pédagogie participative.
Travaux pratiques :
soins pédicuraux ;
examens cliniques et semelles orthopédiques ;
orthonyxie, orthoplasties et appareils de contention.
Troisième année
Année de mise en pratique de l'enseignement acquis en podologie, d'apprentissage de la prise de responsabilités cliniques et de formation professionnelle pratique.
I - Pathologie :
dermatologie ;
pathologie orthopédique ;
neurologie.
II - Notions de chirurgie.
IV - Podopédiatrie, technologie de la chaussure.
VI - Physiothérapie appliquée au pied.
VII - Notions de droit.
V I I I - Gestion professionnelle et informatique.
IX - Nouvelles techniques.
X - Révisions de pharmacologie.
Contrôle continu, tables rondes et révisions.
Séminaires, conférences et visites.
Stage en cabinet chez un praticien.
Stages hospitaliers.
Travaux pratiques :
soins pédicuraux dans le cadre de l'école, stages cliniques, consultations à l'école ;
semelles orthopédiques ;
travaux pratiques d'orthonyxie, orthoplastie.
Des restitutions de connaissances sont évaluées tout au long de la formation, avec des partiels en fin de trimestre ou semestre et un examen pour le passage dans l'année supérieure. La 3ème année donne accès au Diplôme d'État:
Les modalités du diplôme d'État actuel sont encadrées par différents textes légaux : le décret n° 91-1008 du 2 octobre 1991, l'arrêté du 2 octobre 1991, le décret n° 95-197 du 24 février 1995, l'arrêté du 24 février 1995 et l'arrêté du 30 mai 1997 [2].
« Pour être admis à se présenter au diplôme d'État, les candidats doivent :
avoir obtenu une note globale moyenne au moins égale à 10 sur 20 à l'ensemble des stages de troisième année ; avoir obtenu une note globale moyenne au moins égale à 10 sur 20 à l'ensemble des notes du contrôle continu de troisième année.
Les élèves qui ne satisfont pas à ces deux conditions sont admis à redoubler leur troisième année... »
« L'examen en vue du diplôme d'État se compose des trois épreuves suivantes :
une épreuve de mise en situation professionnelle comprenant un examen clinique ainsi que la conception et la réalisation d'un appareillage plantaire d'une durée de 2 heures et 30 minutes ; une épreuve orale d'une durée de 30 minutes ; une épreuve de mise en situation professionnelle de soins pédicuraux, d'orthoplastie et/ou d'orthonyxie d'une durée de 1 heure et 45 minutes. »
Ces trois épreuves sur vingt points sont ajoutés à la note de contrôle continu de la troisième année. Elles font l'objet d'une note éliminatoire à sept sur vingt.
[modifier] Pratique du métier
[modifier] En France
En France, il s'agit d'une profession paramédicale à compétences définies. Le pédicure-podologue peut prescrire des médicaments topiques à usage externe remboursés ou non.
Une installation en cabinet libéral nécessite des investissements en matériel et plateau technique de l'ordre de 20 000 €.
Le revenu moyen d'un pédicure-podologue est de l'ordre de 23 000 € (statistique 2009). Il se situe en dernière place dans l'échelle des revenus des professions para-médicales.
[modifier] Formalités d'installation en France
Après l’obtention du Diplôme d’État, le pédicure-podologue a un certain nombre de formalités obligatoires à accomplir pour exercer:
- Avant l’exercice :
- enregistrement auprès du conseil de l'Ordre régional des Pédicures-Podologues ( toutes les adresses sont accessibles depuis le http://www.onpp.fr/) pour l'inscription au tableau de l'ordre, inscription obligatoire pour pouvoir exercer.
- enregistrement du diplôme auprès de l'Agence régionale de santé ou à la préfecture du lieu d’exercice
- Dans les 8 premiers jours d’exercice :
- inscription à l’URSSAF qui permet de recevoir les prestations familiales
- Dans le premier mois d’exercice :
- inscription à la CARPIMKO
- ouverture des droits de Sécurité sociale : pour la couverture de l’accident et de maladie (prestation en nature) et pour l’obtention des feuilles de Sécurité sociale pour les praticiens conventionnés. Pour ces derniers, cette inscription se fait à la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). Pour les autres, elle se fait à la caisse mutuelle régionale (CMR)
- déclaration de l'activité à l'administration fiscale
- Souscription à une assurance responsabilité civile professionnelle
Celle-ci concerne les actes et orthèses délivrées et a pour objet de prendre en charge les conséquences pénales et pécuniaires de la responsabilité professionnelle. Cette garantie peut être complétée par une protection juridique qui prendra en charge les litiges professionnels et privés.
- La demande d’agrément :
Cet agrément permettra aux patient d’être en partie remboursés de leurs orthèses plantaires. Cette demande se fait auprès de l'Agence régionale de santé (ARS) avec constitution d’un dossier
[modifier] Les soins
Le Pédicure-Podologue traite les affections épidermiques et unguéales du pied (cors, durillons, verrues, ongles incarnés). Il conseille le patient sur les soins d'hygiène curatifs et préventifs. Il prescrit des topiques à usage externe. Il réalise des petits appareillages pour protéger les zones douloureuses ou pour corriger certaines déformations des orteils (orthoplasties thermoformées ou en silicone) ou des ongles (orthonyxies, onychoplasties).
[modifier] Semelles orthopédiques
Le pédicure-podologue met en évidence les éventuels déséquilibres liés aux pathologies du pied et de la posture à partir d'un examen clinique (statique et dynamique) du patient.
On distingue différentes familles de semelles orthopédiques:
- « classiques », comme les orthèses pour affections épidermiques
- thermoformées en matériaux de densité différente moulés comme le liège, la mousse, de l'EVA (Ethylene vinyl acetate, un copolymère thermoplastique ayant les caractéristique d'une colle thermofusible
- proprioceptives et agissant sur les chaînes musculaires se basant sur la technique de la proprioception[3].
[modifier] Annexes
[modifier] Articles connexes
[modifier] Lien externe
[modifier] Notes et références
- Sarra Percevault, Marianne Emeraud. Soins de pédicurie. EMC (Elsevier Masson SAS), Podologie, 27-130-A-10, 2003
- Codes de la santé publique, de la famille et de l'aide sociale (12e éd). Paris : Éditions Dalloz,1997
- Le rôle des orthèses plantaires