Marche pour Jésus

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La Marche pour Jésus est une manifestation chrétienne contemporaine inter-dénominationnelle organisée annuellement dans plusieurs villes du monde.

Historique[modifier | modifier le code]

Débuts en Europe[modifier | modifier le code]

Bordeaux 2011
Strasbourg 2012

C'est en 1987, en Angleterre, le désir de réaffirmer publiquement la foi chrétienne dans une société perçue comme en voie de déchristianisation qui a été à l’origine de la première « March For Jesus » (Marche pour Jésus) qui rassembla 15 000 personnes : un défilé dans les rues de Londres accompagné de prières pour les principales institutions publiques de la ville, sous la banderole « The City March : Prayer and Praise for London » (Marche pour la ville : Prière et Louange pour Londres). À l'initiative du mouvement, on trouve trois acteurs principaux : le responsable de Jeunesse en Mission (Youth With a Mission) à Londres Lynn Green, les réseaux Pioneer et Ichtus Christian Fellowship, proches du mouvement des églises de maison[1]. Parallèlement en France, dans le cadre de rencontres inter-églises, une marche de prière a lieu dans les rues de Belleville à Paris puis est suivie en 1988 par une marche sur la place du Trocadéro. En 1989, les Trois jours de Beaubourg (mission d’évangélisation organisée par l'association « Actuel ») furent suivis par une Marche accompagnée de chants.

Or, cette même année, Agapé (Campus pour Christ) et Jeunesse en Mission organisent une nuit de prière le 24 juin. Ce rassemblement voit près de mille chrétiens réunis pour prier toute une nuit pour la France, alors que le pays célèbre le bicentenaire de la Révolution. Depuis, de nombreuses nuits de prière sont organisées dans la capitale.

Avec le désir de répéter l’année suivante un tel rassemblement pour la prière, les personnes qui avaient organisé, d’une part la marche dans le centre de Paris, et d’autre part, la nuit de prière, prennent la décision de n’avoir en 1990 qu’un événement qui serait une « Marche de Prière », le 10 juin. Cette Marche fut suivie par près de 1 300 personnes selon la police et eut pour thème « Jésus, Roi des rois ». En 1991, l’association « Marche pour Jésus » est créée à Paris, afin de s'aligner avec d'autres initiatives à Londres, au Brésil et dans de nombreux autres pays, avec l'objectif de marcher chaque année pendant 10 ans, soit jusqu’en l’an 2000.

Selon le sociologue Yannick Fer, les Marches pour Jésus s'inscrivent dans une tendance plus large inspirée par la « troisième vague » pentecôtiste qui vise une « re-sémantisation » et une réappropriation symbolique du territoire urbain[2].

Expansion du mouvement entre 1990 et 2000[modifier | modifier le code]

Le 23 mai 1992, plus de 300 000 chrétiens ont marché en Europe à travers 30 pays et 45 grandes villes, avec la participation de 50 000 personnes à Londres, 70 000 à Berlin, 10 000 à Copenhague, 2 700 à Paris. 150 grandes villes des États-Unis se sont associées aux Européens, totalisant 120 000 marcheurs.

Le 12 juin 1993, près de 1 500 000 chrétiens participent aux différentes marches, soit 840 marches dans 40 pays. Quatre mille personnes marchent dans 8 grandes villes en France.

Le 25 juin 1994, la première Marche mondiale a lieu sur le thème « Une journée pour changer le monde », rassemblant 20 millions de personnes, dont 5000 à Paris, le même jour dans les grandes capitales. L'ensemble des fuseaux horaires de la planète est couvert. Elle est couplée à la Journée mondiale de prière. Pendant 24 heures, 160 000 000 de chrétiens de toutes dénominations seront unis dans la prière.

Le 25 mai 1996, sur le thème « Ensemble pour gagner le monde », 2 000 dirigeants chinois rejoignent la Marche de Hong Kong, 10 000 chrétiens en Indonésie, 10 villes en Russie, 750 000 aux Philippines, 100 000 en Inde, 200 000 en Australie, 3 000 000 au Brésil, 1 000 000 au Zaïre, 100 000 au Ghana, 200 000 au Costa Rica, 800 000 aux États-Unis, 200 000 au Canada, 150 000 en Argentine, 10 000 aux Pays-Bas, ... En France Bordeaux organise aussi une Marche pour Jésus rassemblant prés de 400 personnes en 1996 et 1997.

Le 30 mai 1998, une Marche pour Jésus est organisée dans 130 pays, 700 villes aux États-Unis, 10 000 marcheurs à Moscou... Elle reçoit le soutien de très nombreuses personnalités politiques.

En 1999, on verra 100 000 personnes marcher à Rio de Janeiro, 30 000 à Londres, 50 000 à Berlin.

En 2000, 7 Marches et 20 000 participants au Japon, 104 Marches et 400 000 aux Philippines, 75 000 participants en Nouvelle-Zélande, 5 Marches au Royaume-Uni, 20 000 participants en Finlande, 10 000 000 de chrétiens comptabilisés dans le monde entier marchent ensemble le même jour sur le thème « L'Enfant du millénaire ». Un lien téléphonique est mis en place avec les Marches partout dans le monde.

Depuis 2001[modifier | modifier le code]

En 2001, le comité international de Surrey est dissous. À Paris, comme dans certains autres pays, un groupe continue à se réunir et la Marche se poursuit avec les quelques églises qui continuent à porter le flambeau. Fin 2003, un nouveau groupe prend de nouvelles orientations pour la marche parisienne. D'autres villes, telles Bordeaux ou Strasbourg, où des marches avaient eu lieu depuis 2000, organisent une marche locale, de même que Lille en 2008 et Nantes en 2009.

Tandis que l’organisation s’implante dans le monde francophone : Abidjan en 2007, Kinshasa en 2008, Brazzaville en 2009, Madagascar en 2010, pour promouvoir cette vision d’unité des églises dans les pays en recherche de réconciliation. La Marche pour Jésus, par son côté fédérateur, initie ou coorganise d’autres rassemblements de masse dont le but est l’évangélisation, tel le passage de TL Osborn en 2006 à Paris[3] qui a rassemblé des milliers de personnes durant 11 jours.

Dans d'autres pays, l'événement se poursuit en grandissant au Brésil. Ailleurs, certaines villes (Richmond aux États-Unis, Moscou en Russie, Lubango en Angola, plusieurs villes au Venezuela[4]...) ont poursuivi l'entreprise initiale une ou plusieurs fois.

les Marches en France[modifier | modifier le code]

Paris entre 1989 et 2009[modifier | modifier le code]

Date Lieu de départ Lieu d'arrivée Effectifs
24 juin 1989 Place St Eustache(Paris) Beaubourg 1000 personnes
10 juin 1990 Notre-Dame de Paris Jardin des Tuileries 1 300 personnes
9 juin 1991 Notre-Dame de Paris (Métro) Pyramide du Louvre 2 500 personnes
23 mai 1992 Palais de Chaillot Tour Eiffel 2 800 personnes
12 juin 1993 (Trois lieux) Place Saint-Eustache 2 000 personnes
25 juin 1994 Place de la Bastille (Métro) Porte Maillot 5 000 personnes
27 mai 1995 Place Beaubourg(Paris) 1 500 personnes
25 mai 1996 Cours de Vincennes Notre-Dame de Paris 1 500 personnes
1er mai 1997 Zoo de Vincennes Bercy 2 000 personnes
31 mai 1998 (Métro) École militaire Panthéon 2 500 personnes
22 mai 1999 (Métro) Place d'Italie Panthéon 2 000 personnes
10 juin 2000 Cours de Vincennes Place de la Bastille 2 500 personnes
9 juin 2001 Place de la Bataille-de-Stalingrad place de la République 2 000 personnes
1er juin 2002 (Métro) Porte de la Chapelle place de la République 1 300 personnes
14 juin 2003 (Métro) École militaire (Métro) Montparnasse 900 personnes
5 juin 2004[5] (Métro) Porte de Champerret Place des Ternes 3 000 personnes
21 mai 2005[6] place de la République Place de la Nation 10 000 personnes
20 mai 2006[7] (Métro) Porte de Clignancourt place de la République 20 000 personnes
2 juin 2007[8] Porte de Vincennes Place de la Bastille 26,000 personnes
24 mai 2008[9] place de la République Place de la Nation 10,000 personnes
27 juin 2009[10] Denfert-Rochereau Invalides 6 000 personnes
8 mai 2010[10] place d'Italie Place d'Italie 8 500 personnes

Brésil[modifier | modifier le code]

La Marche pour Jésus s'y déroule sur l'avenue Paulista, à São Paulo. En 2006, l'événement bénéficie d'une large promotion à la télévision nationale[11], et d'un budget de plus de 2 millions d'euros[12]. Près de 3 000 000 de personnes, selon la Police militaire du Brésil, défilent le 14 juin 2006. Le quotidien au plus gros tirage d'Amérique du Sud[13], la Folha de S. Paulo, en rend compte le lendemain[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gerald C. Ediger, The Proto-Genesis of the March for Jesus Movement, 1970-87, Journal of Pentecostal Theology 12.2 (2004), p. 247-275.
  2. Yannick Fer, « L'offensive évangélique. Voyage au cœur des réseaux militants de Jeunesse en Mission », Genève, Labor et Fides (2010), chapitre 3.
  3. « L'homme qui fait marcher les croyants »
  4. « ¡Venezuela Marcha para Jesús! » (« Le Venezuela marche pour Jésus »), sur le site MercadoCristiano.com. Annonce des Marches de 2006 au Venezuela.
  5. Voir « 14ème Marche pour Jésus / Paris 5 juin 2004 ». Compte-rendu photographique en ligne.
  6. Un album photo virtuel sur cet événement, publié sur la Toile, peut être consulté.
  7. Voir Compte rendu 2006. Compte-rendu photographique de la Marche de 2006 en ligne.
  8. Un [1], publié sur la Toile, peut être consulté.
  9. Un [2], publié sur la Toile, peut être consulté.
  10. a et b Un [3], publié sur la Toile, peut être consulté.
  11. « Marcha para Jesus Brasil ». Compte-rendu photographique sur le site Internet français de la Marche pour Jésus. Témoigne du réseautage transatlantique entre évangéliques.
  12. Ibidem.
  13. Voir :
  14. Fernanda Bassette, « Marcha para Jesus reúne 3 milhões na avenida Paulista, diz PM ». Folha de S.Paulo, 15 juin 2006. Consultable en ligne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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