Passage piéton

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Passage piéton à Burnaby en Colombie britannique

Un passage piéton est une partie de la route aménagée pour permettre aux piétons de traverser la chaussée. Il est conçu pour maintenir les usagers groupés dans un espace visible par les automobilistes et où ils peuvent traverser en toute sécurité vis-à-vis du trafic routier.

Description[modifier | modifier le code]

Les passages piétons sont souvent positionnés à des intersections, mais ils peuvent également être créés à des points différents, en dehors desquels il pourrait être dangereux de traverser. On en trouve ainsi souvent à proximité des écoles ou d’endroits fréquentés par des enfants. En outre, les passages piétons peuvent contribuer à limiter la vitesse des automobilistes.

Les passages piétons peuvent être simplement matérialisé par une signalisation horizontale sur la chaussée pour les routes à faibles trafics. Cependant, dans les zones avec un trafic important, ils sont accompagnés de panneaux de signalisation lumineux ou à diodes ou de Belisha beacon. Pour certains panneaux de signalisation, il est nécessaire de presser sur un bouton pour activer le panneau. Ces panneaux peuvent également s’intégrer dans un ensemble de feux tricolores existants ou bien être autonomes si le passage n’est pas positionné au droit d’un carrefour.

Pour les routes à très fort trafic, des passerelles ou des tunnels piétonniers peuvent être aménagés. Des passerelles couvertes (appelée skyways ou skywalks) reliant par voie aérienne deux ou plusieurs immeubles, sont souvent installés dans les zones où les fortes intempéries sont fréquentes et où les flux piétons et véhicules sont importants.

Des marques spéciales sont souvent apposées sur le revêtement tant pour informer les piétons que pour faire ralentir les automobilistes. Ces marques varient selon les pays. Aux États-Unis, il y a beaucoup d’incohérences, même si les différences entre aménagements sont relativement mineures. Au Royaume-Uni, il y a plusieurs types de marques, bien identifiées. Des refuges pour piétons ou des petits ilôts au milieu de la chaussée peuvent être ajoutés à l’aménagement pour sécuriser la traversée lorsque celle-ci est longue.

Dans certains pays existent le principe de la « ruée piétonne » (aussi dénommé Barnes Dances), où l’ensemble des feux sont arrêtés pour permettre aux piétons de traverser dans toutes les directions en même temps.

Historique[modifier | modifier le code]

Passages piétons à un carrefour dans la ville romaine de Pompéi. On peut observer la trace des chars sur les pavés

Des passages surélevés pour piétons existaient déjà il y a plus de 2000 ans, comme on peut le constater à Pompéi. Ils permettaient aux piétons de traverser les rues à chaque carrefour, en passant de trottoir à trottoir, ceux-ci étant assez élevés (30 cm ou plus), pour empêcher les chars de quitter la chaussée.

Le premier signal lumineux est apparu en Décembre 1868 dans la rue Bridge Street de Londres. L'inventeur en était John Peak Knight, un ingénieur ferroviaire, qui le conçut dans le but d'améliorer la sécurité des nombreux piétons traversant à cet endroit. Le signal consistait initialement en un sémaphore articulé manœuvré manuellement par un policier. Le sémaphore fut ensuite enrichi de lumières vertes et rouges pour le rendre visible de nuit, à l'aide d'un éclairage au gaz. Malheureusement, à la suite d'une fuite de gaz, le policier fût brûlé et l'idée ne progressa plus pendant cinquante ans.

En 1934, pour renforcer la visibilité des passages piétons, Leslie Hore-Belisha, le ministre britannique des transports introduit des balises clignotantes à qui on a donné son nom, les Belisha beacons.

Les passages piétons installés au milieu du XXe siècle étaient des "passages cloutés". On utilisait pour matérialiser les passages piétons de gros clous plats dont la tête faisait environ 10 cm de diamètre, et qui pouvaient être plantés entre les pavés des chaussées.

Les premiers passages zébrés semblent dater de 1949 [1]. Ils se sont généralisés ensuite grâce au remplacement des pavés par des surfaces synthétiques plus planes (enrobé, béton), ainsi que grâce au progrès réalisés en matière de peinture.

Les passages piétons en Europe[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Passage piéton en France.

Réglementation[modifier | modifier le code]

Le panneau en Allemagne
Des interdictions pas toujours respectées

L'existence de passages prévus à l'intention des piétons n'est pas une obligation, mais lorsqu'ils existent à moins de 50 mètres, les piétons sont tenus de les utiliser en vertu de l'article R412-37 du Code de la route.

Le Code de la route, réécrit en 2011, a renforcé les droits des piétons.

  • Antérieurement les conducteurs devaient céder le passage au piéton "engagé"(c'est-à-dire déjà un peu sur la chaussée); depuis 2011 ils doivent céder le passage au piéton "s'engageant régulièrement" c'est-à-dire en mouvement vers la chaussée même s'il n'a pas encore quitté le trottoir. Le mot "régulièrement" rappelle que l'article R 412-37 demande au piéton de s'assurer que la voiture est assez loin pour qu'elle ait la distance pour s'arrêter (en ville, à 50 km/h, une distance de 30 m est suffisante). La deuxième modification introduite par le nouveau décret de 2011 est que le conducteur doit également céder le passage au piéton "manifestant" clairement son intention de traverser, c'est-à-dire en fait au piéton qui a la posture de quelqu'un qui attend pour traverser : se montrer, être près du bord et regarder dans la direction de la voiture. Le terme "manifestant" est passif, c'est à l'automobiliste de juger d'après la posture du piéton, "manifestant" ne doit donc pas être interprété comme "qui manifeste" qui serait une attitude active du piéton, il faut donc se tenir au mot "manifestant" qui est le terme utilisé dans le décret qui stipule : "Tout conducteur doit céder le passage, au besoin en s'arrêtant, au piéton s'engageant régulièrement dans la traversée d'une chaussée ou manifestant clairement l'intention de le faire ou circulant dans une aire piétonne ou une zone de rencontre" (article R 415-11)[2].
  • Le conducteur qui refuse la priorité au piéton encourt une contravention de 4e classe, impliquant une amende de 135 euros, la perte de 4 points et une peine complémentaire pouvant aller jusqu'à trois ans de suspension de permis.
  • La loi dite "Badinter" prévoit aussi une indemnisation des dommages corporels pour les piétons (sauf dans les cas où le dommage a été volontairement recherché, par exemple le suicide).

Conception[modifier | modifier le code]

Le seul marquage imposé consiste en des bandes rectangulaires blanches parallèles à l'axe de la chaussée, d'une longueur minimale de 2,50 mètres en ville et d'une longueur de 4 à 6 mètres en rase campagne ou dans les traverses de petites agglomérations. La largeur de ces bandes est de 0,50 mètre et leur interdistance de 0,50 mètre à 0,80 mètre. Ces marques sur chaussée peuvent éventuellement être complétées par une signalisation verticale[3].

Le marquage axial ou le marquage de délimitation des voies est interrompu de part et d’autre du passage pour piétons, à une distance de 0,50 m, pour éviter une juxtaposition des marques nuisible à leur lisibilité.

Dans le cas de passage piéton surélevé (ralentisseur de type trapézoïdal), et pour améliorer leur lisibilité, les bandes blanches sont prolongées sur une longueur de 0,50 mètre de part et d'autre du plateau constituant le passage piéton.

Par ailleurs les conditions d'accessibilité pour les personnes handicapées définies par l'arrêté du doivent être respectées :

  • Au droit de chaque traversée pour piétons, des « abaissés » de trottoir, ou bateaux, sont réalisés avec des ressauts respectant les prescriptions ci-dessous. La partie abaissée du bateau a une largeur minimale de 1,20 mètre et les pentes des plans inclinés sont conformes à celles définies ci-dessus.
  • Si la largeur du trottoir le permet, un passage horizontal d’au moins 0,80 mètre est réservé au droit des traversées pour piétons entre la pente du plan incliné vers la chaussée et le cadre bâti ou tout autre obstacle.
  • Une bande d’éveil de vigilance conforme aux normes en vigueur est implantée pour avertir les personnes aveugles ou malvoyantes au droit des traversées matérialisées.
  • Les passages pour piétons sont dotés d’un marquage réglementaire conformément à l’arrêté du [4] modifié susvisé, et notamment aux dispositions de l’article 113 de l’instruction interministérielle sur la signalisation routière, septième partie (Marques sur chaussées). Ils comportent un contraste visuel.
  • Un contraste tactile appliqué sur la chaussée ou le marquage, ou tout autre dispositif assurant la même efficacité, permet de se situer sur les passages pour piétons ou d’en détecter les limites.
  • Les matériaux utilisés et les éventuels dispositifs d’éclairage respectent les dispositions relatives à la visibilité.

Réalisation[modifier | modifier le code]

La matérialisation du passage piéton par des bandes de 50 centimètres de large peut être réalisée soit par un marquage additionnel, soit, si l'on est en milieu urbain éclairé, par la constitution de la chaussée elle-même : c'est le cas des pavés. En effet, dans ce dernier cas, la rétroréflexion n'étant pas obligatoire, les pavés peuvent être utilisés. Étant alors considérés comme partie intégrante de la chaussée, ils doivent respecter les règles d'adhérence d'une chaussée normale.

En Belgique[modifier | modifier le code]

Au-delà des classiques passages zébrés, il existe un principe d'aménagement propre à la Belgique : le trottoir traversant. Dans ce type d'aménagement, inscrit au code de la route belge depuis janvier 2004, ce n'est pas la voie de circulation générale mais le trottoir qui est continu.

En Suisse[modifier | modifier le code]

Les passages piétons sont jaunes en Suisse.

Aménagements pour les personnes handicapées[modifier | modifier le code]

Personnes aveugles ou malvoyantes[modifier | modifier le code]

Lorsque la vue le permet, et si le contraste dans l'environnement reste performant, les repères sont pris visuellement grâce aux différences de couleur. Cette détection visuelle renseigne sur les différents revêtements au sol, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur.

Dès que la vue n'est plus suffisante, pour assurer un déplacement en sécurité, la personne déficiente visuelle utilise des aides ou des solutions qui peuvent être la canne blanche ou un chien-guide.

Il est ainsi possible aux personnes aveugles ou malvoyantes de faire la distinction entre certains reliefs à condition que les caractéristiques de ceux-ci soient suffisamment identifiables à la vue pour le contraste visuel, au toucher pour le contraste tactile, et à l’ouïe pour le contraste sonore.

Pour signaler le danger que constitue une traversée de route, sont ainsi disposées en limite du passage piéton des bandes d’éveil de vigilance constituées de surfaces podotactiles, c'est-à-dire reconnaissables au toucher par les personnes aveugles ou malvoyantes. Des avertisseurs sonores peuvent également être mis en place.

Personnes handicapées motrices[modifier | modifier le code]

Afin de faciliter les traversées de chaussées aux personnes à mobilité réduite, beaucoup de pays ont adopté des dispositions législatives et réglementaires imposant des aménagements spécifiques, comme en particulier les bateaux.

En France c'est la loi du qui définit les modalités d'accessibilité des lieux publics (cadre bâti et voirie) et en particulier l'arrêté du qui entre en vigueur le .

Anecdote[modifier | modifier le code]

Dans plusieurs langues, le nom utilisé pour passage piéton fait référence au zèbre à cause des bandes blanches et noires alternées.

  • anglais: zebra crossing (croisement de zèbre)
  • allemand: Zebrastreifen (bande de zèbre)
  • espagnol: paso de cebra (passage de zèbre)
  • néerlandais: zebrapad (sentier de zèbre)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Piéton et la catégorie Piéton
  • Ampelmännchen, personnages symboliques se trouvant sur les feux de signalisation pour piétons (ex-Allemagne de l'est)
  • Les boutons placés près des passages piétons sont parfois des boutons placebo.

Références[modifier | modifier le code]