La Dame de pique

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La Dame de pique
Image illustrative de l'article La Dame de pique
Graffiti (2008),
tableau inspiré de La Dame de pique
Publication
Auteur Alexandre Pouchkine
Titre d'origine Пиковая дама
Langue russe
Parution février 1834,
dans le Cabinet de lecture
Intrigue
Genre Nouvelle fantastique
Lieux fictifs Paris, Saint-Pétersbourg

La Dame de pique (en russe Пиковая дама / Pikovaïa dama) est une nouvelle fantastique d'Alexandre Pouchkine publiée dans la revue Cabinet de lecture en février 1834.

Rédaction[modifier | modifier le code]

La Dame de pique est écrite en octobre et novembre 1833 dans le domaine familial de Pouchkine à Boldino[1],[2].

Pour le personnage de la comtesse, Pouchkine se serait inspiré de la princesse Nathalie Galitzine (1741-1837), morte fort âgée, qui était propriétaire du château de Viaziomy à côté du domaine familial de Zakhorovo qu'habitait le poète dans sa jeunesse. On la surnommait « la princesse Moustache[3] ».

Personnages[modifier | modifier le code]

  • La comtesse Anna Fedotovna : personnage au centre de l'intrigue. Elle serait la détentrice du secret du jeu de cartes.
  • Hermann : le héros malheureux de la nouvelle, officier perdu par sa cupidité.
  • Lisabeta Ivanovna : jeune demoiselle de compagnie de la comtesse.
  • Naroumov : lieutenant aux gardes à cheval. C'est chez lui que s'ouvre le récit.
  • Tomski : officier, ami de Herrmann et de Naroumov, petit-fils de la comtesse et qui révèle à Hermann l'existence de la martingale de la comtesse.

Résumé[modifier | modifier le code]

Un soir d'hiver, cinq jeunes hommes passent la nuit à jouer, puis discutent du mystérieux pouvoir que détiendrait la comtesse Anna Fédotovna, grand-mère de l'un d'entre eux, Paul Tomski. Cette femme connaîtrait une combinaison de trois cartes qui gagnerait à tous les coups au jeu de pharaon.

Tomski raconte alors l'histoire de sa grand-mère. Alors qu'elle était en France, la jeune femme fréquentait Versailles et jouait beaucoup. Un soir, elle perdit une somme colossale, ce mit son mari en fureur. Elle ne trouva secours que chez le comte de Saint-Germain, qui lui révèla un secret, qui lui permit de regagner son argent le soir même. Mais depuis, la comtesse refuse de livrer le secret à quiconque.

Fasciné par la richesse que pourrait lui procurer ce pouvoir, Hermann, un jeune officier du génie, un Allemand qui n'a jamais touché une carte, séduit Lisabeta Ivanovna, la jeune demoiselle de compagnie de la comtesse, afin de pouvoir lui soustraire son secret. Au cours d'une soirée, alors qu'il a rendez-vous avec Lisabeta dans sa chambre, il s'introduit par l'autre porte, et se cache dans un cabinet de travail. Après plusieurs heures d'attente, il entre dans la chambre de la vieille comtesse pour découvrir le secret. Effrayée à la vue d'une arme qui la menace, la vieille dame s'effondre et meurt.

Le soir de l'enterrement de la comtesse, Hermann a une vision dans laquelle la comtesse entre chez lui, lui révèle le secret et les fameuses cartes : le trois, le sept et l'as. En échange, elle lui fait promettre d'épouser sa demoiselle de compagnie, Lisabeta, et de ne plus jouer.

Sûr de lui et de sa vision, il part le lendemain soir au casino. Il joua avec succès les deux premières cartes en jouant toute sa fortune sur l'as. Il voit alors que la troisième carte, la dame de pique, ressemble étrangement à la comtesse. Hermann pense même avoir vu la carte lui adresser un clin d'œil. Il s'effondre, ruiné, et sombre dans la folie. À l'hôpital psychiatrique d'Oboukhov, il marmonne : « Trois, sept, as ! Trois, sept, dame[4] !... »

Lisabeta Ivanovna épouse un fort aimable jeune homme, et Tomski épouse la princesse Pauline.

Lieu[modifier | modifier le code]

En 1922, le philologue Mstislav Tsiavlovski publie les écrits du poète Nachtchokine (un ami de Pouchkine), selon les notes de Barteniev, il est fait mention d'une réflexion de Pouchkine à propos d'une dame tenant un brillant salon à Saint-Pétersbourg, envers laquelle il éprouve une amitié romantique. Bien que son nom ne soit pas mentionné, il s'agit sans doute de la comtesse Dolly de Ficquelmont. En effet, à cette époque, Pouchkine est un familier du palais Ficquelmont de Saint-Pétersbourg, qui aurait servi de modèle pour le palais de la vieille comtesse de La Dame de pique[5].

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

La nouvelle a été traduite en français à plusieurs reprises, notamment par Prosper Mérimée[6],[7] en 1852 et par André Gide[8] en 1935.

Postérité[modifier | modifier le code]

Opéra[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

La Dame de pique a été adaptée à plusieurs reprises au cinéma :

Télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir source originale en russe
  2. Notice de La Dame de pique in Pouchkine, Œuvres complètes, tome I, p. 497, L'Âge d'Homme, Lausanne, 1973.
  3. En français dans le texte
  4. La Dame de pique, Conclusion.
  5. Pouchkine aurait dépeint ses propres sentiments envers la comtesse Dolly en évoquant la nostalgie d'Hermann vis-à-vis de Lise. Cependant, Leonid Grossman estime que Pouchkine aurait plus joué le rôle d'un nouveau Boccace à l'égard de cette nouvelle. En effet, l'entente entre la comtesse et son époux était parfaite.
  6. Dans une lettre à Edmund Wilson (18 septembre 1956), Vladimir Nabokov écrit : « Ce que Mérimée admire en fait dans Pouchkine, c'est son côté Mérimée. ».
  7. Nina Kehayan 1995, p. 21
  8. Gide aussi insiste sur le côté « fidèle » de sa traduction en opposition à celle « plus élégante » de Mérimée.

Édition[modifier | modifier le code]

  • (ru+fr) Alexandre Pouchkine (trad. du russe par André Gide et Claude Schiffrin, préf. Nina Kehayan), La Dame de pique [« Пиковая дама »], Paris, Gallimard (bilingue), coll. « Folio bilingue » (no 54),‎ 17 août 2006 (1re éd. 1995), poche, 116 p. (ISBN 2-07-039342-9).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]