Pierre Bouguer

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Pierre Bouguer

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Pierre Bouguer par Jean-Baptiste Perronneau, 1753.

Naissance 10 février 1698
au Croisic (France)
Décès 15 août 1758
à Paris (France)
Champs mathématiques, sciences physiques et hydrographie

Pierre Bouguer, né le 10 février 1698 au Croisic et mort le 15 août 1758 à Paris, est un mathématicien, physicien et hydrographe français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Jean Bouguer, l'un des meilleurs hydrographes de son époque, était professeur au Croisic et auteur d'un traité de navigation. En 1713, Pierre Bouguer est engagé pour succéder à son père. En 1727, il obtient un prix de l'Académie des sciences pour sa présentation Sur la meilleure manière de former et distribuer les mâts des bateaux et deux autres prix pour ses dissertations Sur la meilleure méthode pour observer l'altitude des étoiles en mer et Sur la meilleure méthode pour observer la variation de la boussole en mer, tenant compte de certaines anomalies de la pesanteur.

Statue de Pierre Bouguer sur le Port du Croisic sculptée par Jean Fréour

En 1729, il publie un Essai d'optique sur la gradation de la lumière, dont l'objet est de définir la quantité de lumière perdue par le passage à travers une étendue donnée de l'atmosphère terrestre énonçant pour la première fois ce qui est appelé souvent la loi de Beer-Lambert et parfois, plus correctement, la loi de Bouguer. Il trouve que la lumière du Soleil est 300 000 [1]fois plus intense que celle de la Lune. Cet essai est véritablement novateur. D'une part, c'est le premier compte rendu de mesures photométriques de luminance mais en plus, Bouguer y démontre le phénomène d'adaptation à la luminosité en donnant une valeur relative (de 1/64) au-dessous de laquelle la discrimination de deux intensités lumineuses différentes est impossible. Ce dernier résultat anticipe de deux siècles les travaux de la psychophysique si bien que l'un des fondateurs de cette discipline, Ernst Weber gardera son nom pour désigner le rapport entre seuil de détection et intensité : c'est le rapport de Bouguer-Weber aussi appelé seuil différentiel relatif.

En 1730, il est nommé professeur d'hydrographie au Havre, et succède à Pierre Louis Maupertuis comme géomètre associé à l'Académie des Sciences. Il est également l'inventeur d'un héliomètre, amélioré ensuite par Joseph von Fraunhofer. Il est élu à l'Académie des sciences à la place de Maupertuis et s'établit à Paris.

En 1735, il vogue avec Charles Marie de La Condamine, Louis Godin, chef de l'expédition, et Joseph de Jussieu pour le Pérou, afin de mesurer un degré d'arc de méridien près de l'équateur. Dix années s'écoulent pour cette opération délicate dont le rapport est publié en 1749 dans Détermination de la Figure de la Terre. Lors de ce voyage, il fait des observations d'ordre gravimétrique en altitude et il met ainsi en évidence l'anomalie qui porte son nom[2]. En 1746, il fait publier son œuvre magistrale Traité du navire, la première synthèse de l'architecture navale, où il explique l'utilisation du métacentre comme mesure de la stabilité des navires. Presque tous ses écrits ultérieurs concernent la théorie de la navigation et de l'architecture navale. Bouguer est devenu membre de la Royal Society le 25 janvier 1750.

En mathématiques, Pierre Bouguer travaille sur les courbes dans le plan et étudie, le premier, la « courbe de poursuite » en 1732. Il introduit en 1734[3] les symboles \overset>= pour supérieur ou égal et \overset<= pour inférieur ou égal.

Le cratère Bouguer sur la Lune et le cratère Bouguer sur Mars portent son nom.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Entretiens sur la cause de l'inclination des orbites des planètes, où l'on répond à la question proposée par l'Académie royale des sciences (1724)
  • De la mâture des vaisseaux, pièce qui a remporté le prix de l'Académie royale des sciences proposé pour l'année 1727 (1727)
  • Essai d'optique sur la gradation de la lumière (1729)
  • Traité du navire, de sa construction et de ses mouvemens (1746)
  • Nouveau Traité de navigation, contenant la théorie et la pratique du pilotage (1753)
  • La Figure de la terre, déterminée par les observations de Messieurs Bouguer et de La Condamine, envoyés par ordre du Roy au Pérou pour observer aux environs de l'équateur, avec une Relation abrégée de ce voyage qui contient la description du pays dans lequel les opérations ont été faites, par M. Bouguer (1749)
  • De la Manœuvre des vaisseaux, ou Traité de méchanique et de dynamique dans lequel on réduit à des solutions très simples les problèmes de marine les plus difficiles, qui ont pour objet le mouvement du navire (1757)
  • Traité d'optique sur la gradation de la lumière, ouvrage posthume de M. Bouguer (1760)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La photométrie : les sources de l'Essai d'Optique sur la gradation de la lumière de Pierre Bouguer, 1729
  2. D. Fauque, Une curieuse expérience : l'attraction des montagnes, Les Génies de la Science, no 39, mai- juillet 2009, pp. 14-16. Voir aussi : Bouguer au Chimborazo, par Jean Goguel, Travaux du COFRHIGEO, 1984
  3. (en) Earliest Uses of Symbols of Relation sur le site de Jeff Miller

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roland Lamontagne, La vie et l'œuvre de Pierre Bouguer, préface de René Taton (1964)
  • « Pierre Bouguer, un savant breton au XVIIIe siècle », Actes de la journée d'études sur La vie et l'œuvre de Pierre Bouguer (1698-1758), tenue le 9 mai 1998 au Croisic et organisée par l'Institut culturel de Bretagne avec la Société des amis du Croisic, publié en 2002.