Petr Nečas

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Nečas.
Petr Nečas
Petr Nečas, en 2012.
Petr Nečas, en 2012.
Fonctions
9e président du gouvernement tchèque

(&&&&&&&&&&&011083 ans, 0 mois et 12 jours)
Président Václav Klaus
Miloš Zeman
Gouvernement Nečas
Législature 6e législature
Coalition ODS-TOP 09-VV (2010-2012)
ODS-TOP 09-LIDEM (2012-2013)
Prédécesseur Jan Fischer
Successeur Jiří Rusnok
Président du Parti démocratique civique
Prédécesseur Mirek Topolánek
Successeur Martin Kuba (intérim)
Vice-président du gouvernement
Ministre du Travail et des Affaires sociales
Président du gouvernement Mirek Topolánek
Gouvernement Topolánek I et II
Prédécesseur Zdeněk Škromach
Successeur Petr Šimerka
Biographie
Date de naissance (49 ans)
Lieu de naissance Uherské Hradiště
(Tchécoslovaquie)
Nationalité Tchèque
Parti politique ODS
Diplômé de Université Masaryk
Profession Physicien

Signature

Petr Nečas
Présidents du gouvernement tchèque

Petr Nečas (en tchèque [ˈpɛtr̩ ˈnɛtʃas]), né le à Uherské Hradiště, en Tchécoslovaquie, est un homme politique tchèque, membre du Parti démocratique civique (ODS), qu'il préside, et président du gouvernement tchèque du au , date de sa démission.

Il est élu député pour la première fois en 1992, et a été constamment réélu depuis. Spécialiste des questions de défense et de sécurité, il est nommé premier vice-ministre de la Défense en 1995, puis prend en 1996 la présidence de la commission parlementaire de la Défense. En 1999, il est élu vice-président de l'ODS, et devient sept ans plus tard vice-président du gouvernement et ministre du Travail dans la coalition gouvernementale de Mirek Topolánek. Il est contraint de démissionner en 2009, à la suite de l'adoption d'une motion de censure.

Du fait des propos polémiques qu'il a tenus au cours de la campagne électorale, Topolánek renonce à la direction du parti à deux mois des élections législatives, ce qui conduit Nečas à en assumer la présidence, en premier lieu par intérim. À l'issue du scrutin, le centre-droit remporte une nette majorité absolue, et il se voit désigné un mois plus tard président du gouvernement, à la tête d'une alliance entre l'ODS, TOP 09 et Affaires publiques (VV). À la suite de plusieurs scandales au sein de ce dernier parti, une scission entraîne la création des LIDEM – Libéraux démocrates, qui remplace VV au gouvernement en 2012.

Il annonce sa démission en , après une nouvelle affaire de corruption.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Il achève ses études secondaires en 1983 à Uherské Hradiště, puis intègre l'université Jan Evangelista Purkyně de Brno, aujourd'hui renommée université Masaryk, où il obtient cinq ans plus tard un diplôme de sciences physiques. Il travaille ensuite dans le secteur de la recherche et développement pour la société Tesle à Rožnov pod Radhoštěm jusqu'en 1992.

Mariage[modifier | modifier le code]

Marié à Radka Nečasová, il est père de quatre enfants : Ondřej, Tomáš, Tereza et Marie. Le couple, séparé depuis , a confirmé son divorce au mois de juin suivant. Puis, le 13 juillet suivant, Nečas reconnaît publiquement, dans les colonnes du quotidien Právo, entretenir une relation de caractère personnel avec son ex-directrice de cabinet, Jana Nagyová, celle-ci étant inculpée pour une affaire de corruption et soupçonnée, par la presse comme la justice tchèque, d'avoir fait suivre l'épouse de son amant tandis que celui-ci présidait encore le gouvernement.

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

Parcours militant[modifier | modifier le code]

Il adhère au Parti démocratique civique (ODS) de Václav Klaus en 1991. Il en est élu vice-président huit ans plus tard, et échoue en 2002 à conquérir la présidence du parti face à Mirek Topolánek, qui le défait à deux voix d'écart. Il reste alors vice-président de l'ODS.

Le , il prend provisoirement la direction de la formation à la suite du renoncement de Topolánek, causé par ses propos polémiques sur les origines juives de Jan Fischer ou les électeurs sociaux-démocrates. Il est confirmé à la présidence du parti par son 21e congrès, réuni au mois de juin suivant.

Un spécialiste de la défense[modifier | modifier le code]

Élu député au Conseil national tchèque en 1992, il devient peu à peu un spécialiste des sujets traitant de la défense, de la sécurité et de l'OTAN. En 1995, il est nommé premier vice-ministre de la Défense, un poste auquel il n'est pas reconduit en 1996, à la suite de son élection comme président de la commission de la Défense et de la Sécurité de la Chambre des députés. Après les élections de 1998, il est désigné premier vice-président du groupe de l'ODS, puis vice-président de la commission des Affaires européennes après le scrutin de 2002.

Ministre du Travail[modifier | modifier le code]

Bien qu'il soit davantage spécialisé en politique étrangère, il est choisi le par Mirek Topolánek comme vice-président du gouvernement et ministre du Travail et des Affaires sociales dans son premier cabinet, finalement pas investi. Topolánek parvient ensuite à former une coalition gouvernementale avec deux autres partis et, profitant de défections dans l'opposition, reçoit finalement l'investiture parlementaire le .

Il est contraint à la démission, ainsi que l'ensemble du gouvernement, le , après l'adoption d'une motion de censure déposée par le Parti social-démocrate tchèque (ČSSD), et retourne alors siéger à la Chambre des députés.

Élections législatives de 2010[modifier | modifier le code]

Petr Nečas en campagne à Prague, le .

Du fait du retrait de Mirek Topolánek de la campagne électorale, causé par ses propos selon lesquels Jan Fischer, car il est d'origine juive, et Gustáv Slamečka, ministre des Transports homosexuel, avaient tendance à « laisser tomber les choses quand une situation devient difficile » ou encore qu'il fallait « botter le derrière » des électeurs du ČSSD, il est appelé au début du mois d'avril à prendre la tête de la campagne du Parti démocratique civique pour les élections législatives des 28 et 29 mai, parti déstabilisé par l'émergence de TOP 09[1]. Tout au long de la campagne, il reste dominé par les sociaux-démocrates, qui distancent l'ODS d'environ dix points dans les sondages, talonné par TOP 09 et passe même sous la barre des 20 % d'intentions de vote à environ une semaine du scrutin[2].

Lors de l'élection, son parti obtient 20,2 % et 53 députés, en recul de 15 points et 28 sièges, tandis que les sociaux-démocrates arrivent en tête mais leur victoire est étriquée par un score de 22 % et 56 élus, en nette baisse de 18 sièges. TOP 09 réussit à se hisser à la troisième place avec 41 sièges, et Affaires publiques, fondé en 2001, fait une percée en récoltant 24 sièges. Dans son ensemble, le centre-droit dispose donc de 118 députés sur 200.

Moins d'une semaine après le scrutin, il est chargé par le président Václav Klaus de former le nouveau gouvernement[3].

Président du gouvernement[modifier | modifier le code]

Petr Nečas et le président polonais, Bronislaw Komorowski, en .
Article détaillé : Gouvernement Nečas.

Petr Nečas est nommé président du gouvernement par Klaus le 28 juin suivant[4] et prend la tête d'une coalition gouvernementale alliant l'ODS, TOP 09 et VV. Ses 118 sièges en font la plus forte depuis 1993[5]. Il dispose, à compter de sa nomination, d'un délai de trente jours pour faire investir son cabinet, où siégeront Karel Schwarzenberg et Miroslav Kalousek, qui retrouvent les portefeuilles des Affaires étrangères et des Finances, ou encore l'ancien vice-président du gouvernement chargé des Affaires européennes, Alexandr Vondra, qui hérite du ministère de la Défense.

Son « gouvernement de responsabilité budgétaire », selon ses propres termes, a déjà fait savoir qu'il mènerait une politique de rigueur afin de contenir la dette publique et réduire le déficit public[6]. Son cabinet obtient la confiance de la Chambre des députés le 10 août par 118 voix contre 82, soit la totalité des suffrages détenus par la nouvelle coalition au pouvoir[7].

À la suite d'un scandale de corruption touchant VV, en , il procède à un remaniement ministériel qui voit le départ du ministre des Transports et le remplacement du ministre de l'Intérieur, qui reste vice-président du gouvernement[8]. John finit par quitter le cabinet, où il est remplacé par la vice-présidente du parti, Karolína Peake.

Petr Nečas et Dmitri Medvedev, en .

Le parti Affaires publiques, victime d'une scission menée Peake, est exclu de la coalition le [9]. Nečas décide toutefois de se soumettre à un vote de confiance, qu'il remporte par 105 voix sur 198 une semaine plus tard[10]. Les dissidents des VV fondent ensuite le LIDEM – Libéraux démocrates (LIDEM), qui intègre alors le gouvernement et compte huit députés.

Il fait l'objet d'une polémique à partir du 27 juin suivant, après le renvoi du ministre de la Justice Jiří Pospíšil, officiellement pour son refus d'appliquer le plan de rigueur budgétaire[11]. Il est toutefois accusé, par l'opposition, de chercher à couvrir des affaires de corruption concernant des membres influents de la coalition, datant de l'époque où il était ministre du Travail[12].

Le , il relève la ministre de la Défense, Karolína Peake, présidente des LIDEM et vice-présidente du gouvernement, de ses fonctions, à peine huit jours après l'avoir nommée à ce poste. Elle annonce alors que son parti passera dans l'opposition à compter du [13], mais il n'en est finalement rien.

Démission[modifier | modifier le code]

Le , Nečas annonce sa démission pour le lendemain, après l'interpellation, puis le placement en détention provisoire, de sa chef de cabinet, Jana Nagyová, présentée par la presse comme sa maîtresse, inculpée de corruption et d'abus de pouvoir pour avoir fait suivre par le renseignement militaire l'épouse de Nečas, en pleine procédure de divorce[14] ; le divorce est prononcé début août.

À l'issue d'une réunion des trois partis de la coalition au pouvoir, il exprime sa volonté de quitter la vie politique, tout en achevant son mandat de député, et souhaite qu'un membre de son parti lui succède afin que l'alliance gouverne jusqu'en 2014, date des prochaines élections législatives[15]. Il remet officiellement sa lettre de démission le 17 juin, à 18 h au château de Prague, au président de la République Miloš Zeman[16].

Le ministre de l'Industrie et premier vice-président de l'ODS, Martin Kuba, prend par intérim la direction du parti, tandis que le 19 juin, le bureau décide de proposer Miroslava Němcová pour diriger le gouvernement[17]. Cependant, c'est l'économiste Jiří Rusnok qui est désigné par le chef de l'État, celui-ci souhaitant l'investiture d'un gouvernement de techniciens.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Élections législatives en République tchèque – 28 et 29 mai 2010, Fondation Robert-Schuman
  2. (fr) Elections législatives en République tchèque – Le point à une semaine du scrutin, Fondation Robert-Schuman
  3. (fr) République tchèque: Petr Necas chargé de négocier la formation du gouvernement, Le Point, le
  4. (fr) Petr Necas nouveau Premier ministre tchèque, Le Nouvel Observateur, le
  5. (fr) Rép. tchèque: Petr Necas (droite) désigné nouveau Premier ministre, France 24, le
  6. (fr) Le nouveau gouvernement veut mettre les Tchèques à la diète, Le Monde, le
  7. (fr) Le gouvernement tchèque obtient la confiance du parlement, Reuters, le
  8. (fr) Remaniement, Fondation Robert-Schuman, le
  9. « Fin anticipée de la coalition gouvernementale, le cabinet Nečas appelle à un vote de confiance », Radio Prague, le
  10. « Confiance renouvelée pour un gouvernement fragile », Radio Prague, le
  11. « Le ministre de la Justice a été démis de ses fonctions », Radio Prague, le
  12. « Limogeage du ministre de la Justice : le Premier ministre sous le feu des critiques », Radio Prague, le
  13. « Renvoi de la ministre de la Défense : une odeur de sapin au gouvernement », Radio Prague, le
  14. « Le premier ministre tchèque va démissionner », Agence France-Presse via Le Figaro, le
  15. « La corruption a eu raison du gouvernement Nečas », Radio Prague, le
  16. « Scandale politico-conjugal en République tchèque », Le Figaro, 17 juin 2013.
  17. « Le parti civique-démocrate (ODS) va proposer Miroslava Němcová au poste de premier ministre », Radio Prague, 19 juin 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]