Petite ciguë

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Aethusa cynapium

La Petite Ciguë ou Ciguë des jardins (Aethusa cynapium L., 1753) dite aussi éthuse ciguë, faux-persil, ciguë des moissons[1], persil des chiens ou ache des chiens, est une plante herbacée annuelle de la famille des Apiacées. Cette plante peut se révéler très toxique.

Description[modifier | modifier le code]

Aethusa cynapium. Inflorescence
Akènes mûrs de petite ciguë

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

Cette plante herbacée annuelle mesure de 20 à 60 cm[1].

Les tiges, creuses, cannelées, sont souvent marquées de lignes rougeâtres vers la base. Elles se prolongent par une racine principale pivotante.

Les feuilles, de consistance molle, sont finement divisées (composées deux ou trois fois pour les feuilles basales) et ressemblent à celles du cerfeuil. La plante dégage une odeur désagréable, surtout quand on la froisse.

Appareil reproductif[modifier | modifier le code]

Les fleurs sont petites, blanches, hermaphrodites, groupées en ombelles composées d'une demi-douzaine à une dizaine de petites ombellules. Il n'y a pas de bractées mais chaque ombellule porte 1 à 5 longues bractéoles linéaires, pendantes[1].

Le fruit est un diakène jaune clair, de forme ovoïde, muni de dix côtes saillantes au creux parfois légèrement teinté de rouge. Il est composé de deux akènes blanc-jaunâtres qui, au niveau de la zone de contact entre eux, présentent une surface plane ou très légèrement concave, et présentant cinq stries côtelées du côté convexe. Chaque akène mesure 4 mm de longueur pour environ 2,5 mm de largeur[1]. Ces deux akène peuvent se séparer ou rester accolés à maturité, ce qui modifie l'aspect général de la semence.

Développement[modifier | modifier le code]

La température optimale de germination est de 15 à 20 °C[2]. Les akènes germent au printemps, sous l'influence de l'augmentation de la durée des jours, formant d'abord deux cotylédons de forme elliptique, en massue, puis une rosette de feuilles bipennées palmées. De cette rosette naîtra la tige feuillée qui portera ombelles et fruits. La pollinisation des fleurs est essentiellement anémophile (réalisée par le vent), mais peut aussi être entomophile (grâce à la venue d’insectes). La reproduction est exclusivement sexuée (on ne connait pas de stratégie de reproduction asexuée naturelle chez cette espèce)[2].

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Cette espèce est spontanée dans toutes les régions tempérées de l'Europe et de l'Asie occidentale (Turquie et région du Caucase). Elle est naturalisée dans les autres continents.

La plante pousse dans les endroits frais, les haies et les friches, au bord des chemins. On peut la trouver également dans les champs cultivés ("l'aethusa" est une adventice redoutée des cultures de betteraves sucrières) et les jardins.

Taxinomie et systématique[modifier | modifier le code]

La petite ciguë a été scientifiquement décrite pour la première fois en 1753 par le naturaliste suédois Carl von Linné dans son ouvrage Species Plantarum[3].

Sous espèces[modifier | modifier le code]

  • Aethusa cynapium subsp. elata
  • Aethusa cynapium subsp. cynapium

Propriétés et utilisations[modifier | modifier le code]

La plante contient dans toutes ses parties (notamment les feuilles, les fleurs et les fruits) des alcaloïdes extrêmement toxiques, dont la conine.
Le risque de confusion avec le persil, la carotte, le cerfeuil ou autre Apiaceae est réel. Toutefois, l'odeur fétide de la plante est assez différente de celle du persil ou du cerfeuil. De plus, les languettes vertes (bractéoles) situées sous chaque groupe de fleurs permettent de l'identifier sûrement.

Divers[modifier | modifier le code]

Dans le calendrier républicain français, le 18e jour du mois de germinal, est officiellement dénommé jour de la Ciguë[4].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (fr) HYPPA ; Unité de Malherbologie & Agronomie INRA-Dijon, « Aethusa cynapium L. ; », sur http://www2.dijon.inra.fr, INRA (consulté le 08 décembre 2011)
  2. a et b (fr) Badoma, Unité de Malherbologie & Agronomie INRA-Dijon, « Aethusa cynapium L. », sur http://www2.dijon.inra.fr, INRA,‎ janvier 2000 (consulté le 11 décembre 2011)
  3. Tropicos.org, « Aethusa cynapium L. », Missouri Botanical Garden (consulté le 1er novembre 2012)
  4. http://books.google.fr/books?id=vVtWj-W-KP8C&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

Liens externes[modifier | modifier le code]

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