Perséides

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Perséides
Une étoile filante lors des Perséides à Austin (Texas).
Une étoile filante lors des Perséides à Austin (Texas).
Caractéristiques
Parent Comète 109P/Swift-Tuttle
Découverte 36
Mois 23 juillet - 20 août
Vélocité 58 km⋅s-1
Taux horaire zénithal 80
Radiant
Constellation Persée
Coordonnées équatoriales α : 03h 04m
δ : 58°

Les Perséides ou « Larmes de saint Laurent » sont un essaim de météores (ou pluie d'étoiles filantes) visible dans l'atmosphère terrestre constitué de débris de la comète Swift-Tuttle et dont la taille est comprise entre celle d'un grain de sable et celle d'un petit pois. Bien que les premières traces d'observation datent de l'an 36, ce n'est qu'entre 1864 et 1866 qu'il est établi une relation entre les Perséides et la comète dont la pluie d'étoiles filantes est issue[1]. Ces météores sont observables lorsque les débris de Swift-Tuttle rencontrent l’atmosphère terrestre, soit à partir du 20 juillet environ jusqu’aux alentours du 25 août, avec un maximum habituellement situé entre le 11 et 15 août[2].

C'est l'essaim le plus spectaculaire et le plus populaire de l'année, étant donné qu'il se produit, pour l'hémisphère nord, lors de la période estivale.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot « Perséides » (Περσείδες) provient du grec et identifie la descendance de Persée (Περσεύς / Perseús), fils de Danaé et de Zeus[3]. Puisque les traînées de la pluie d'étoiles filantes semblent provenir de la constellation de Persée, leur nom est devenu « Perséides ». La nomenclature est sensiblement la même pour les autres essaims.

« Les Larmes de saint Laurent » est le nom donné traditionnellement et poétiquement à ce phénomène, la fête de Saint-Laurent de Rome étant célébrée le 10 août et le maximum de l'intensité se situant non loin de cette fête[4].

Historique[modifier | modifier le code]

Les Perséides sont l'une des plus anciennes pluies de météores recensées par écrit. Les premiers rapports datent de l'an 36 en Chine et de l'an 811 en Europe[5]. Les archives connues d'observations systématiques de ce phénomène datent de 1779[6]. Entre 1864 et 1866, Giovanni Virginio Schiaparelli remarque que les Perséides ont une orbite très semblable à celle de la comète Swift-Tuttle. Cette découverte lui permet d'expliquer l'intensité des Perséides en raison de la trajectoire de cette comète, qui a une orbite d'environ 130 ans. Les premières observations de l'astronomie contemporaine ont lieu entre 1868 et 1898.

Dans la nuit du 9 au 10 août 1911, le taux horaire (THR) observé était de 50 météores par heure. Jusqu'en 1920, ce taux a diminué jusqu'à 4 météores par heure, puis est resté constant. Un taux horaire zénithal hors norme de 250 météores par heure fut observé dans la grande période des Perséides, en 1920. Ce rapport a rapidement diminué à 65 météores par heure, jusqu'au milieu des années 1970, où il a augmenté jusqu'à un maximum de 200 météores par heure en 1980.

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Comète-mère[modifier | modifier le code]

Article détaillé : 109P/Swift-Tuttle.
Comète Swift-Tuttle laissant des poussières dans l'orbite de la Terre

Giovanni Schiaparelli est le premier astronome à identifier la comète-mère des Perséides, Swift-Tuttle. Le nom de cette comète, découverte le 15 juillet 1862. provient des deux astronomes Lewis Swift et Horace Parnell Tuttle, qui l'ont observée en même temps. Elle laisse une traînée de poussière cométaire sur son orbite, qui subit l'attraction gravitationnelle terrestre, et forme une pluie d'étoiles filantes qui se consument en pénétrant dans l'atmosphère terrestre. La majorité des poussières rencontrées date d'environ mille ans, mais quelques-unes proviennent du passage de la comète en 1862.

Description[modifier | modifier le code]

Les étoiles filantes forment des trainées bien visibles dans le ciel d'été. Lorsque la Terre recoupe l'orbite de la comète, elle rencontre la traînée de poussière laissée par son passage. Environ 100 000 tonnes de poussières se consument dans l'atmosphère en une année[7]. Ces grains de poussière pénètrent à approximativement 210 000 km/h (soit 59 km/s) dans l'atmosphère terrestre et se consument, créant ainsi une trainée lumineuse, ressemblant à une averse. Ils commencent à devenir lumineux à environ 115 km d'altitude et s'éteignent à environ 90 km en moyenne[7]. Pendant ce phénomène, les Perséides peuvent atteindre une température de 1 650 °C (3 000 °F) à cause de la friction que provoque l'air[8].

Une traînée passant du vert au rouge en passant par le jaune.

Lors de leur observation, ces traînées semblent provenir d'un point unique appelé radiant. Il s'agit d'une illusion d'optique provoquée par l'effet de perspective. Cette illusion est identique à celle qui donne l'impression à un automobiliste que les gouttes de pluie qui frappent son pare-brise proviennent de l'avant et non du haut[6]. Le radiant de l'essaim météoritique est situé dans la constellation de Persée, tout près de la constellation de Cassiopée.

Observation[modifier | modifier le code]

Une traînée très brillante.

L'observation des Perséides se fait principalement dans l'hémisphère nord pendant l'été, car l'orbite de la Terre croise la queue de la comète au cours de cette période[9]. Leur observation à l'œil nu au milieu du mois d'août[10] est relativement facile. L'observation est améliorée en l'absence de nuage, par une nuit sans lune, dans un lieu sombre et avec le moins de pollution lumineuse possible. La présence des étoiles de la Petite Ourse dans le ciel est une bonne indication que le lieu est propice à l'observation des Perséides[11]. L'observation est également facilitée lorsque le regard de l'observateur est dirigé 50° au-dessus de l'horizon en direction du Nord-Est[12].

Quantification des météores[modifier | modifier le code]

Nombre de météores par heure selon le temps[5]
Année(s) Lieu d'observation Nombre de météores par heure
(en moyenne)
De 1869 à 1898 50
De 1911 à 1920 4
De 1920 à 1970 65
De 1971 à 1980 200
De 1980 à 1988 70
1991 Japon 450

Activité maximale[modifier | modifier le code]

Année Période d'activité Activité maximale Taux horaire zénithal (THR)
Du Au
2014 17 juillet 24 août 12-13 août 100?
2013 17 juillet 24 août 12 août 109
2012 23 juillet 22 août 11-12 août 100
2011 17 juillet 24 août 13 août 100
2010 23 juillet 24 août 12 août 142
2009 17 juillet 24 août 12 août 17 h - 20 h TU 170 [13]
2008 17 juillet 24 août 12 août 11 h-14 h 00 TU 100
2007 17 juillet 24 août 13 août 5 h - 7 h 30 TU 100 [14]
2006 17 juillet 24 août 12-13 août 23 h - 1 h 30 TU - [15]
2005 17 juillet 24 août 12 août 17 h - 19 h 30 TU 100 [16]
2004 17 juillet 24 août 12 août 11 h - 13 h 20 TU 100 [17]
2003 17 juillet 24 août 13 août 110 [18]
2002 17 juillet 24 août 12 août 20 h 15 TU 100-110 [19]
2001 17 juillet 24 août 12 août 110 [20]
2000 - - - -
1999 17 juillet 24 août 12 août 23 h 00 TU 120-160 [21]
1998 17 juillet 24 août 12 août 15 h 40 TU 90-130
1997 17 juillet 24 août 12 août 6 h 00 TU 150-400 [22]
1996 17 juillet 24 août 12 août 0 h 00 TU 200-400 [23]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les Perséides, nouvelles étoiles filantes de Google !, Le Point, 11 août 2014
  2. (Duncan 2007, p. 177).
  3. J. Zufferey, « Les constellations - 11. Persée », sur Société Astronomique du Valais Romand,‎ 16 décembre 2006 (consulté le 20 novembre 2009).
  4. Philippe de la Cotardière, Dictionnaire de l'astronomie, Paris, Larousse,‎ 1988, p. 227.
  5. a et b Ève Christian, météorologue, « Perséides » (consulté le 5 novembre 2009)
  6. a et b Yvess Delaye, « Les Perséides », Science & Vie, Excelsior Publication S.A., no 851,‎ août 1988, p. 132
  7. a et b Association française d’astronomie et Planète Sciences, « Nuit des étoiles » (consulté le 27 novembre 2009)
  8. (en) Robert Roy Britt, « Top 10 Perseid Meteor Shower Facts » (consulté le 20 novembre 2009)
  9. (en) Tony Philips, « Great perseids », NASA (consulté le 22 novembre 2009)
  10. Pierre Kohler, « Traquez les Perséides et les satellites artificiels », dans Sciences et Avenir, août 1995, p. 100.
  11. (en) Stardate Online, « 2009 Meteor Showers and Viewing Tips » (consulté le 20 novembre 2009)
  12. Université Laval, « Les Perséides » (consulté le 17 novembre 2009)
  13. (en) International Meteor Organization, « Meteor Activity Outlook for August 8-14, 2009 » (consulté le 18 novembre 2009)
  14. (en) International Meteor Organization, « IMO Meteor Shower Calendar 2007 » (consulté le 17 novembre 2009)
  15. Franck Menant, « Perséides: pluie d'étoiles filantes en vue ! », sur Futura-Sciences,‎ 15 août 2006 (consulté le 17 novembre 2009)
  16. (en) International Meteor Organization, « IMO Meteor Shower Calendar 2005 » (consulté le 17 novembre 2009).
  17. (en) International Meteor Organization, « IMO Meteor Shower Calendar 2004 » (consulté le 17 novembre 2009).
  18. (en) International Meteor Organization, « IMO Meteor Shower Calendar 2003 » (consulté le 17 novembre 2009).
  19. (en) International Meteor Organization, « IMO Meteor Shower Calendar 2002 » (consulté le 17 novembre 2009).
  20. (en) International Meteor Organization, « Perseids 2001 » (consulté le 17 novembre 2009) .
  21. (en) International Meteor Organization, « IMO Meteor Shower Calendar 1999 » (consulté le 17 novembre 2009).
  22. (en) International Meteor Organization, « IMO Meteor Shower Calendar 1997 » (consulté le 17 novembre 2009).
  23. (en) International Meteor Organization, « IMO Meteor Shower Calendar 1996 » (consulté le 17 novembre 2009).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe de la Cotardière, Dictionnaire de l'Astronomie, Paris, Larousse,‎ 1988, p. 227
  • Pierre Kohler, « Traquez les Perséides et les satellites artificiels », Sciences et Avenir,‎ août 1995, p. 100-101
  • John Charles Duncan, L'Astronomie, Parragon,‎ 27 mars 2007 (1re éd. 2007), 25 5 cm × 32 cm, couverture couleur, relié, 256 p. (ISBN 978-1-4054-8914-0), p. 176-177
  • Yves Delaye, « Les Perséides », Science & Vie, Excelsior Publication S.A., no 851,‎ août 1988, p. 131-132
  • « Mi-Août, la nuit des Perséides », Sciences et Avenir, no 725,‎ juillet 2007, p. 57-65 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]