Paul Desains
Quentin Paul Desains
| Naissance | 12 juillet 1817 Saint-Quentin (France) |
|---|---|
| Décès | 3 mai 1885 (à 68 ans) Paris (France) |
| Nationalité | française |
| Champs | physique |
| Institutions | Faculté des sciences de Paris |
| Diplômé de | École normale, Faculté des sciences de Paris |
Quentin Paul Desains (Saint-Quentin, 1817 - Paris, 1885) est un physicien français, professeur pendant 32 ans à la faculté des sciences de Paris.
Sommaire |
[modifier] Biographie
Fils de François Jean Charles Desains, commis négociant, et de Charlotte Quentine Zoé Bardeaux, Paul Desains a une soeur ainée née en 1811, un frère ainé, François Edouard né en 1812, et une soeur cadette née en 1820. Il est également cousin de Henri Martin. Paul étudie au collège des Bons-Enfants à Saint-Quentin puis au collège royal de Louis-le-Grand. Il obtient en août 1835 le premier prix de physique (2e année) au concours général et reçoit pour cela une médaille d'or de la Société académiques des sciences, arts, belles-lettres, agriculture et industrie de Saint-Quentin. Il fait ensuite de 1835 à 1839 des études supérieures scientifiques à l'École normale[1], où il se lie d'amitié avec Frédéric de la Provostaye, alors surveillant, et à la faculté des sciences de Paris, où il suit les cours de physique Pierre Louis Dulong et Claude Pouillet et obtient les licences ès sciences mathématiques et ès sciences physiques. Le 2 mars 1839, âgé de 21 ans et demi, il est chargé de la chaire de physique du collège royal de Caen[2] en remplacement d'Antoine Masson [3] et nommé agrégé dans l'ordre des sciences en octobre 1839, puis est nommé en 1841 professeur de physique au collège Stanislas et simultanément agrégé-divisionnaire au collège royal Saint-Louis en parallèle avec Antoine Masson suppléant de Babinet. L'année suivante son frère Edouard quitte Metz pour remplacer Masson, les deux frères enseignant toux deux au collège royal Saint-Louis durant deux années scolaires. Paul se marie en 1842 à Saint-Quentin avec Claire Rosalie Damay, quelques jours avant la mort de son père. En novembre 1844 il chargé de l'enseignement de la physique pour les élèves de philosophie au collège royal bourbon, tout en restant professeur au collège Stanislas puis y est nommé en novembre 1847 professeur de physique en remplacement de son ami Frédéric de la Provostaye nommé inspecteur de l'académie de Paris. Sa grand-mère paternelle meurt en 1846 à près de 84 ans. Il obtient devant la faculté des sciences de Paris en 1848, âgé de 31 ans, le doctorat ès sciences physiques avec une thèse de physique sur le rayonnement de la chaleur et une thèse de chimie sur l'action de l'iode sur le xanthate de potasse et sur les sels analogues des autres séries alcooliques. Il obtient à 36 ans (1853) la chaire de physique de la faculté des sciences de Paris, succédant à Claude Pouillet. Ses cours étaient caractérisés par une grande clarté et précision, avec de nombreuses illustrations expérimentales. Dans ses cours d'acoustique il emploie ainsi une méthode projective pour la représentation des ondes qui inspire à Lissajous son procédé de représentation optique des oscillations. Il est également un temps astronome à l'Observatoire de Paris. En 1868, il crée, dans deux anciens hôtels meublés de la rue Saint-Jacques, le laboratoire d'enseignement de la physique financé par l'École pratique des hautes études dont il est directeur d'études dans la IIe section, aux côtés de Wurtz, Balard, Frémy et Jamin. Il y fait nommer Édouard Branly chef de laboratoire, puis directeur-adjoint[4]. En 1873, il est reçu à l'Académie des sciences, remplaçant Jacques Babinet (Desains 32 voix, Alfred Cornu 13 voix, Le Roux 7 voix). Sa mère meurt en 1878 à près de 92 ans.
Son laboratoire pour l'enseignement pratique de la physique obtient un vif succès. En 1872-73, il accueille 40 étudiants, dix ans plus tard il en accueille 136. Après le départ de Branly, Jean-Louis Mouton devient directeur-adjoint. En 1878, Pierre Curie devint préparateur, durant 5 ans, au sein du laboratoire de Desains. Louis Georges Gouy y fut également préparateur[5].
[modifier] Travaux
Paul Desains a réalisé de nombreux travaux sur la cristallographie, l'optique et surtout la chaleur en collaboration avec Frédéric de la Provostaye. Ils ont notamment effectué d'importantes vérifications de la loi de Dulong et Petit, en travaillant sur la refroidissement des gaz et la chaleur latente de fusion de la glace. Leurs résultats les plus importants concernent l'étude du rayonnement de la chaleur (rayons infra-rouges) : ils ont démontré que ce rayonnement manifeste toutes les caractéristiques d'une onde lumineuse : réflexion, réfraction, polarisation, émission, absorption. Desains fit construire un « actinomètre » pour la mesure de l'intensité du rayonnement solaire. Avec Pierre Curie (son préparateur) il étudia la longueur d'onde des rayonnements infra-rouges autour de 7 microns.
De 1859 à 1861 il fit de nombreuses observation du magnétisme terrestre.
Lors du siège de Paris (1870), Paul Desains et Charles d'Almeida[6] tentèrent, avec maintes difficultés qui affaiblirent la santé de Desains, d'établir une communication télégraphique par voie fluviale avec l'extérieur de la ville[7].
[modifier] Publications
Leçons de physique Tome I[1], Tome II [2]
[modifier] Notes et références
- Son frère Édouard y étant entré en 1831, reçu agrégé dans l'ordre des sciences en 1834, il fut notamment professeur de sciences physiques, chimiques et naturelles au lycée impérial Napoléon (lycée Henri-IV).
- Jules Jamin y fut son successeur
- nommé agrégé-suppléant au collège royal Saint-Louis
- Desains était ami du père de Branly, professeur à Saint-Quentin, son frère Édouard fut le professeur de physique de Branly au lycée Napoléon. Branly devint directeur-adjoint du laboratoire de Desains après son doctorat. Desains chercha à ce que Branly épousa sa fille, ceci entraina la rupture entre Branly et Desains, Branly quittant le laboratoire d'enseignement de physique, au terme de son engagement décennal de normalien, pour rejoindre le nouvel Institut catholique de Paris fin 1875. Cf. Comment Branly a découvert la radio de Jean-Claude Boudenot
- Il y prépare sa thèse pour le doctorat ès sciences physiques intitulée Recherches photométriques sur les flammes colorées, soutenue en 1879.
- Joseph-Charles d'Alméida, nommé agrégé de physique en 1848, fut professeur adjoint auprès du frère de Desains au lycée Napoléon
- L'idée de la transmission de signaux télégraphiques par voie fluviale vient de M. Bourbouze et était d'envoyer de puissants courants dans la Seine à partir de générateurs situés derrière les lignes de l'armée prussienne et de recevoir à Paris, à l'aide de galvanomètres très sensibles, le courant résiduel. Des premiers essais eurent lieu entre l'hôtel de ville et l'usine de M. Claparède située à Saint-Denis, réalisés par les professeurs Desains, Jules Jamin et Marcellin Berthelot. Le 17 décembre 1870, M. d'Alméida fut envoyé par ballon monté hors de Paris. Il atterrit finalement en Champagne puis partit à Lyon puis Bordeaux à la recherche de matériel. Certains éléments durent être également commandés en Angleterre. M. d'Almeida rejoignit finalement Poissy et les rives de la Seine le 14 janvier 1871. Cependant l'hiver rigoureux avait fait geler le fleuve et la tentative de communication prévue pour le 24 n'eut finalement pas lieu à cause de la proclamation de l'armistice.
| Précédé par | Paul Desains | Suivi par | |
|---|---|---|---|
| Claude Pouillet |
|
Edmond Bouty |
- Physicien français
- Élève du lycée Louis-le-Grand
- Élève de l'École normale supérieure (rue d'Ulm)
- Collège Stanislas
- Personnalité de l'optique
- Lauréat du Concours général
- Membre de l'Académie des sciences (France)
- Membre de la Société philomathique de Paris
- Naissance en 1817
- Naissance à Saint-Quentin
- Décès en 1885