Charles Adolphe Wurtz

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Charles Adolphe Wurtz

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Charles Adolphe Wurtz

Naissance
Strasbourg, Alsace, France
Décès
Paris, France
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Chimiste
Autres activités
Distinctions
Lauréat du Faraday Lectureship en 1879

Charles Adolphe Wurtz, né à Strasbourg le et mort à Paris le , est un médecin et chimiste français d'origine alsacienne. Il fut doyen de la Faculté de médecine de Paris, professeur au Collège de France et membre de l'Académie de Médecine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Wurtz passa son enfance à Wolfisheim où son père était pasteur luthérien et sa mère Sophie Kreiss, une femme cultivée lui ayant beaucoup transmis de ses qualités comme l'humeur vive et joyeuse ou la bienveillance[1].

Quand il eut quitté le Gymnase protestant de Strasbourg, en 1834, son père lui permit d'étudier la médecine plutôt que la théologie. Il se consacra spécialement au côté chimique de sa profession et avec un tel succès que, en 1839, il fut nommé chef des travaux de chimie à la faculté de médecine de Strasbourg.

Après son doctorat, passé en 1843 avec une thèse sur l'albumine et la fibrine, il étudia pendant une année à Giessen sous la direction de Justus von Liebig et alla ensuite à Paris, où il travailla au laboratoire privé de Jean-Baptiste Dumas qui devint son mentor. En 1845, il devint l'assistant de ce dernier à l'École de médecine et, quatre ans plus tard, commença à donner des cours de chimie organique à sa place. Son laboratoire à l'école était très pauvre et, pour mieux travailler, il dut en ouvrir un à lui rue Garancière, en 1850 ; mais peu après, la maison fut vendue et il fallut abandonner le laboratoire.

En 1850, il fut nommé professeur de chimie au nouvel Institut agronomique de Versailles, mais l'institut fut supprimé en 1852 par Napoléon III. L'année suivante, la chaire de chimie organique de la faculté de médecine devint vacante par la démission de Dumas et la chaire de chimie minérale et de toxicologie par celle de Mathieu Orfila. Les deux furent réunies et Wurtz fut nommé au nouveau poste. Près de l'amphithéâtre, il s'attribua illégalement un local pour en faire un laboratoire dédié à la chimie, science considérée comme accessoire à l'époque, et il fit payer des droits d'inscription à ses étudiants, ce qui lui attira des réprobations de l'administration académique. Son laboratoire accueillit 155 élèves en trente ans, dont une majorité d'étrangers car, devenu un des ardents défenseurs de l'atomisme scientifique[1], il avait acquis une renommée internationale, et il fut élu membre étranger de la Royal Society le 9 juin 1864. D'août 1864 à avril 1865, il accueillit le jeune chimiste russe Aleksandr Zaitsev qui travailla sur les réactions des dérivés d'acides carboxyliques[2].

En 1866 il reçut la charge de doyen de la faculté de médecine. À ce poste, il travailla à obtenir le réarrangement et la reconstruction des bâtiments consacrés à l'instruction scientifique, en insistant sur le fait que, pour disposer de laboratoires d'enseignement correctement équipés, la France était loin derrière l'Allemagne[3]. Pendant son décanat, il encouragea l'admission des femmes (comme Madeleine Brès ou Mary Putnam (en)) sur un pied d'égalité aux cours de l'enseignement supérieur et aux examens de la faculté de médecine[1]. Il fut également directeur d'études au sein de la 2e section de l'École pratique des hautes études.

En 1875, il démissionna de son poste de doyen mais reçut le titre de doyen honoraire. Il fut le premier titulaire de la chaire de chimie organique, qu'il avait incité le gouvernement à créer à la Sorbonne ; mais il eut de grandes difficultés à obtenir un laboratoire convenable, qui finalement ne fut pas créé avant sa mort, survenue à Paris.

Wurtz était membre honoraire de presque toutes les sociétés scientifiques d'Europe. Il fut un des fondateurs de la Société chimique de Paris (1858), devint son premier secrétaire et exerça trois fois les fonctions de président. En 1880, il était vice-président et en 1881 président de l'Académie des sciences, où il était entré en 1867, succédant à Théophile-Jules Pelouze. Il devint sénateur inamovible en 1881.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il fut doyen de la Faculté de médecine de Paris de 1866 à 1875, sénateur inamovible en 1881, membre de l'Académie de médecine (1856), membre de l'Académie des sciences (1867) et lauréat du Faraday Lectureship de la Royal Society of Chemistry en 1879.

Charles Adolphe Wurtz est connu pour ses travaux sur :

  • les composés liés à l'ammoniac et au glycol ; il découvrit l'éthylène glycol en 1859
  • l'aldol, un aldéhyde incolore
  • la théorie sur la disposition des atomes dans les composés organiques

Il a donné son nom à la réaction de Wurtz et est le découvreur, avec le chimiste allemand Rudolf Fittig, de la synthèse Würtz-Fittig (en), une méthode de combinaison des composés organiques halogènes.

Hommages[modifier | modifier le code]

Statue à Strasbourg

Publications[modifier | modifier le code]

  • Leçons élémentaires de chimie moderne, Paris, Masson, 1867-1868 ; dernière édition revue et augmentée, 1892.
  • Dictionnaire de chimie pure et appliquée, Hachette, Paris, 5 tomes, 1869-1874 ; 1er suppl., 2 tomes, 1880 et 1886 ; 2e suppl., 7 tomes, 1892-1908.
  • La Théorie atomique, préface de Charles Friedel, Librairie G. Baillière, 4e éd., Paris, 1879.
  • Traité de chimie biologique, 1885.
  • Contributions aux Annales de chimie et de physique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Natalie Pigeard-Micault, Charles-Adolphe Wurtz : Un savant dans la tourmente, Hermann,‎ 2011, 172 p. (ISBN 9782705680763)
  2. Bulletin for the History of Chemistry 17/18 (1995), p. 23.
  3. Voir son rapport Les Hautes Études pratiques dans les universités allemandes, 1870.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • « Charles Adolphe Wurtz » (Biographies alsaciennes avec portraits en photographie, série 1, A. Meyer, Colmar, 1884-1890, 4 p.)
  • Adolphe Würtz (1817 - 1884) (Article extrait du Dictionnaire encyclopédique et biographique de l’industrie et des arts industriels, dirigé par E.-O. Lami, Librairie des dictionnaires, 1885)