Nikita Magaloff

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Georg Solti et Nikita Magaloff en 1965, par Erling Mandelmann

Nikita Dmitrievitch Magalov (né Magalachvili, en russe : Никита Дмитриевич Магалов), né le 8 février 1912 à Saint-Pétersbourg (Empire russe) et mort le 26 décembre 1992 à Vevey (Suisse), est un pianiste russe et suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa famille côtoyait beaucoup les artistes de Saint-Pétersbourg, comme Alexandre Siloti ou Prokofiev, sa mère et son oncle étaient de très bons pianistes amateurs. Ils émigrèrent à Paris en 1918, après la révolution. Nikita fut l'élève d'Isidore Philipp au Conservatoire, dont il sortit avec le premier prix. Il se rapprocha alors de Ravel, qui dit de lui : « En Magaloff, un grand, un extraordinaire musicien est né ». Il compléta sa formation auprès d'autres pianistes, mais surtout avec le violoniste Joseph Szigeti, dont il épousa par la suite la fille.

Bien que n'ayant jamais obtenu de prix à un concours, il devint un des pianistes les plus recherchés et les plus appréciés dans les concerts du monde entier. Il commença à enseigner en 1949, quand il reprit la classe de Dinu Lipatti au Conservatoire de Genève, et continua cette activité durant toute sa vie, à Paris, à Sienne, à Taormina, ou chez lui à Montreux (il avait acquis la citoyenneté suisse en 1956 après s'être établi dans la Maison de l'Élysée, à Céligny).

Parmi ses disciples figurent Martha Argerich, Alexander Lonquich, Michel Dalberto, Philippe Cassard.

Il joua le Capriccio de Stravinsky sous la direction du compositeur, et fut invité par de grands chefs d'orchestre : Karl Böhm, Josef Krips, Igor Markevitch (dont il était un ami proche), Lovro von Matačić, Georg Solti, Ernest Ansermet, Günter Wand, Rafael Kubelik, etc.

Son amitié avec Prokofiev (de qui il apprit à devenir un excellent joueur d'échecs) lui permit de faire la création française de la 7e Sonate op.83.

Le répertoire de Nikita Magaloff était gigantesque : en plus de l'œuvre intégrale de Chopin, qu'il a présentée dans des cycles de 6 récitals tout au long de sa vie à travers le monde, il aimait jouer les compositeurs baroques (Soler, Scarlatti, Bach, Frescobaldi), les classiques et les romantiques (qui incluaient de nombreuses œuvres de Weber, Mendelssohn, Grieg, Scriabine), les compositeurs de la première moitié du XXe siècle, la musique espagnole, et il cultivait tout un répertoire peu fréquenté de pièces de salon et de transcriptions. Il avait écrit des cadences de Concertos de Mozart pour son amie Clara Haskil.

Le besoin de la présence du public fit qu'il enregistra relativement peu de disques. Il laissa cependant de très estimées gravures de Chopin, Liszt, Mendelssohn, Schumann, Tchaikovsky et Scriabine notamment. De très nombreux "live" ont été publiés, montrant l'étendue de son répertoire.

Film[modifier | modifier le code]

  • Une leçon particulière, réalisation Claude Mouriéras, conception Olivier Bernager et François Manceaux, 1987.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Cassard, « Heureux anniversaire, monsieur Magaloff ! », Télérama, n° 2223, 19 août 1992, pp. 28-30.

Lien externe[modifier | modifier le code]