Jean-Pierre Niceron

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Jean-Pierre Niceron, né à Paris le 11 mars 1685, et mort le 8 juillet 1738[1], est un écrivain et compilateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir achevé ses études avec succès au collège Mazarin, il entra dans la congrégation des Barnabites en août 1702[1], où il avait un oncle qui se chargea de le diriger dans ce nouvel état. Il professa pendant quelques années la rhétorique et les humanités dans différents collèges, et s'appliqua en même temps à l'étude des langues modernes.

Rappelé à Paris en 1716, il abandonna l'enseignement pour se livrer tout entier à l'exécution du projet qu'il avait conçu à savoir de publier les Vies des savants depuis la renaissance des lettres. Cette entreprise immense l'occupa le reste de sa vie, qu'abrégea l'excès du travail.

Il n'avait que 53 ans lorsqu'il mourut, le 8 juillet 1738.

Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres[modifier | modifier le code]

L'ouvrage du Père Niceron est intitulé Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres, de la république des lettres, avec un catalogue raisonné de leurs ouvrages, Paris, 1727-1745, 43 vol. in-12[2]. Le 10e volume, divisé en 2 parties qui se relient séparément, et le 20e contiennent des corrections et des additions pour les Vies déjà publiées, et les, derniers volumes (à commencer au 31e) renferment chacun la table alphabétique, générale de tous les articles contenus dans lès volumes précédents, table d'autant plus nécessaire que l'auteur ne s'est assujetti à aucune espèce d'ordre.

On lui a reproché avec raison d'avoir donné à sa volumineuse compilation un titre inexact, puisque la plupart des écrivains qui y ont trouvé place ne sont rien moins que des hommes illustres.

Il n'a pas su non plus conserver la proportion entre ses notices, dont l'étendue est souvent en raison inverse de leur véritable importance[3]. Mais, malgré ces défauts, on doit convenir que l'ouvrage de Niceron est un des plus utiles qui aient été publiés en France sur l'histoire littéraire.

L'abbé Papillon n'a pas rendu à cet écrivain laborieux la justice qu'il mérite :

« C'est, dit-il, un plagiaire qui ne se met guère en peine de nous ennuyer par des Vies que nous trouvons tous les jours sous notre main. Il est aisé de faire un in-12 à ce prix-là et de gagner les cinquante écus qu'on lui paye par quartier.» (Lettre à Leclerc, dans les Mémoires de d'Artigny, t. 5, p. 394.) »

Niceron a tiré ses matériaux des ouvrages mêmes de chaque auteur ou des biographies les plus estimées de l'Allemagne et de l'Italie. Il cite à la fin de chaque article lès sources où il a puisé, ce qui facilite la vérification, et il a eu soin de donner le catalogue de toutes les productions d'un auteur, en indiquant les différentes éditions et les traductions avec une exactitude minutieuse.

Mais le plan qu'il avait adopté était trop vaste : les 43 volumes de ses Mémoires ne contiennent pas seize cents articles. Il mourut pendant l'impression du 39e. Le P. Oudin, J.-B. Michault et l'abbé Claude-Pierre Goujet publièrent les quatre derniers volumes, dans lesquels ils insérèrent plusieurs notices intéressantes. L'abbé Rives avait le projet de faire réimprimer les Mémoires de Niceron dans un meilleur ordre, avec ses propres corrections et celles de l'abbé Sepher. (Voir : la Chasse aux bibliographes p. 454.)

Traductions[modifier | modifier le code]

Le P. Niceron a traduit de l'anglais :

  1. le Grand Fébrifuge, ou Discours où l'on fait voir que l'eau commune est le meilleur remède pour les fièvres et vraisemblablement pour la peste, Paris, 1724 ; réimprimé sous le titre de Traité de l'eau commune, ibid., 1730, 2 vol. in-12. Cet ouvrage est de Jean Hanckock.
  2. Les Voyages de Jean Ovington à Surate, 1724, 2 vol. in-12 ;
  3. la Conversion de l’Angleterre au christianisme, in-8° ;
  4. les Réponses de Woodward aux observations de Camerarius sur la géographie physique.

Barbier lui attribue le premier volume de la Bibliothèque amusante et instructive, continuée par Duport du Tertre. Enfin il a laissé en manuscrit : une Table de tous les journaux -- des Mélanges littéraires ; - une Bibliothèque volante (voir : Cinelli), - et les trois premières lettres de la Bibliothèque française, ouvrage dans lequel il se proposait de rassembler des notices sur tous les Français qui ont cultivé la littérature et les sciences avec succès.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

On peut consulter l'Eloge de Niceron, par l'abbé Goujet, dans le 40e volume des Mémoires. Il en a été tiré séparément quelques exemplaires, et on l'a réimprimé avec quelques additions dans le Dictionnaire de Chaufepié.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Pierre Nicéron Sur Catholic Encyclopedia
  2. Cet ouvrage a été traduit en allemand, avec quelques additions, au moins jusqu'au 24e volume. les quinze premiers, par Sigismond-Jacques Baumgarten, Halle, 1749-1757, in-8° ; les six suivants, par Fréd. Eberhard Rambach, ibid. 1758-1761, le 23e et le 24e, par Th. de Jani ibid., 1777
  3. Les Vies de Bossuet et de Fénelon n'occupent que quelque pages, tandis que celles de plusieurs théologiens obscurs remplissent un grand nombre de feuillets.

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • On peut trouver quelques tomes des « Mémoires » de Niceron sur Google Books, par exemple tome [1]
  • On peut consulter tout les volumes en ligne ici