Louis Fuzelier

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Louis Fuzelier (1672 ou 1674Paris, 19 septembre 1752 – Paris), est un auteur dramatique, librettiste, poète, chansonnier et goguettier français.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

La vie de Louis Fuzelier est mal connue. Sa date de naissance reste discutée. Les dictionnaires anciens le disent mort à 80 ans en 1752. Il a vraisemblablement été en contact avec des personnages puissants, comme la duchesse du Maine et le cardinal de Fleury ; nous conservons également copie de lettres adressées à madame de Pompadour. Nous savons par ailleurs qu’il fait en 1731 un séjour en prison, accusé d’être l’auteur d’une épigramme injurieuse pour plusieurs personnages influents du temps.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Avec plus de 240 pièces écrites seul ou en collaboration (avec, entre autres, Lesage, Piron, d'Orneval, Pannard, Destouches), il est l'un des seuls auteurs du XVIIIe siècle à avoir écrit pour tous les théâtres de Paris : les théâtres de la foire (aussi bien l'Opéra-Comique que les Marionnettes), la Comédie-Italienne, la Comédie-Française, l'Académie royale de musique. Il est aussi l'auteur de plusieurs livrets d'opéra, dont celui des Indes galantes, opéra de Jean-Philippe Rameau.

Il débute sa carrière d'auteur à la Foire en 1701, avec Thésée ou la Défaite des Amazones, et se retire des de la vie dramatique en 1749 après l'opéra-ballet Le Carnaval du Parnasse.

Parmi ses pièces, on compte un nombre important de parodies d'opéra, parodiant parfois même ses propres livrets. Ainsi, en 1723, après avoir donné à l'Opéra, sur une musique de Colin de Blamont, Les Fêtes grecques et romaines, il s'autoparodie dans La Rencontre des Opéras, pièce non représentée, puis dans Les Saturnales, pièce elle-même parodiée dans Les Débris des Saturnales. Il est, avec ses contemporains l'abbé Pellegrin et Delisle de La Drevetière, l'un des rares auteurs à avoir pratiqué l'autoparodie.

Son goût pour la parodie le conduit par ailleurs à intégrer des citations parodiques d'opéras et de tragédies dans ses autres pièces. À cet égard, La Matrone d'Éphèse (1714) est un bon exemple : on y trouve des citations de Cadmus et Hermione et d'Amadis de Lully et Quinault, et l'on peut même considérer la fin du premier acte (scènes 5 à 7) de La Matrone d'Éphèse comme une espèce de parodie (l'expression est employée au XVIIIe siècle, par exemple dans le Dictionnaire des théâtres de Paris) de l'acte III de Cadmus et Hermione.

Fuzelier fut dès le début l'un des auteurs attitrés de l'Opéra-Comique, qui se tenait alors pendant les foires Saint-Germain et Saint-Laurent. Il dirigera des théâtres à plusieurs reprises. Il s'attribue aussi l'idée de faire jouer des pièces, pendant les périodes d'interdictions, comme quand la parole est interdite aux acteurs, par les marionnettes.

Il ne faut pas négliger sa contribution au répertoire de la nouvelle Comédie-Italienne qui s'installe à l'Hôtel de Bourgogne en 1716. Dans ce théâtre où Marivaux crée la majorité de ses pièces, il donne des parodies aussi bien que des comédies en prose mêlant jeu italien (lazzi) et exploration des sentiments, par exemple Mélusine en 1719, dont les problématiques sur l'amour ne sont pas sans rappeler celles de Marivaux. Ainsi, il est en 1718 avec Autreau l'un des premiers à fournir une pièce en français, L'Amour maître de langues à la troupe de Luigi Riccoboni.

Autres œuvres et activités[modifier | modifier le code]

Fuzelier, de 1715 à 1750, collabora au régiment de la Calotte, au côté d'autres, au sein du groupe des poètes turlupins. Ce groupe, en particulier, rédigeait les brevets comiques que le régiment de la Calotte décernait.

Dès sa création, en 1729, il fit partie de la célèbre goguette de la Société du Caveau, première du nom.

Fuzelier fut également l'un des principaux rédacteurs du Mercure de France, dont il détint le privilège avec Charles Dufresny et Antoine de La Roque de 1721 à 1744, puis avec La Bruère de novembre 1744 à juin 1748. Il collabora par ailleurs aux « nouvelles à la main ».

Il est encore l’auteur d’environ soixante-dix textes de cantates, mis en musiques par Louis-Nicolas Clérambault, Nicolas Bernier, Jean-Baptiste Stuck, Philippe Courbois, etc.

Enfin, Fuzelier est également l’auteur de plusieurs textes théoriques, en particulier un Discours sur la parodie (intégré dans les recueils Les Parodies du nouveau Théâtre-Italien), et les préfaces de ses livrets d'opéras.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Pièces de Fuzelier[modifier | modifier le code]

  • Parodies du Nouveau Théâtre Italien, Paris, Briasson, 1738, 4 vol. Contient une défense des parodies, sous le titre Discours à l'occasion d'un discours de M. D. L. M. (vol. 1), et neuf des parodies de Fuzelier, dont La Rupture du Carnaval et de la Folie (1719), Hercule filant chez Omphale (1721), Arlequin Persée (1722), Le Serdeau des théâtres (1723), La Parodie, tragi-comédie (1723), Amadis le cadet (1724) et Momus exilé ou les terreurs paniques (1725).
  • Les manuscrits BnF fr. 9332, 9333, 9335, 9336 et 9337 sont consacrés au « théâtre inédit de Fuzelier », et contiennent environ 75 pièces écrites seul ou en collaboration.
  • La Grand-mère amoureuse, parodie d'Atys, a Marionnette parody of Lully's Atys by Louis Fuzelier dans Dorneval from 1726, éd. Susan Harvey, Middleton, A-R Éditions, 2008.
  • Théâtre de la foire : anthologie de pièces inédites, 1712-1736, dir. Françoise Rubellin, Montpellier, Espaces 34, 2005, p. 83-173. Cet ouvrage contient entre autres deux pièces de Fuzelier : La Matrone d'Éphèse et Pierrot furieux ou Pierrot Roland.

Littérature sur Fuzelier et ses pièces[modifier | modifier le code]

  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, p. 845-6
  • David Trott, « Pour une histoire des spectacles non officiels : Louis Fuzelier et le théâtre à Paris en 1725-1726 », Revue d'Histoire du Théâtre, 1985. 3, p. 255-275.
  • David Trott, « Deux visions du théâtre: la collaboration de Lesage et Fuzelier au répertoire forain », Lesage, écrivain (1695-1735), éd. Jacques Wagner, Amsterdam, Rodopi, 1997, p. 69-79.
  • David Trott, « A Dramaturgy of the unofficial stage: the non-texts of Louis Fuzelier », L'Âge du théâtre en France / The Age of Theatre in France, éd. David Trott & Nicole Boursier, Edmonton, Academic Printing and Publishing, 1988, p. 209-18.
  • David Trott, « Textes et réécritures de textes : le cas des Fêtes grecques et romaines de Louis Fuzelier », Man and Nature / L'Homme et la Nature, vol. III, Edmonton, Academic Printing and Publishing, 1984, p. 77-88.
  • David Trott, « Louis Fuzelier et le théâtre: vers un état présent », Revue d'Histoire littéraire de la France, vol. 83, no. 4 (juillet-août 1983), p. 604-17.
  • Françoise Rubellin, « Stratégies parodiques à la Foire et aux Italiens : le dénouement d'Atys de Lully et Quinault », Le Théâtre en musique et son double (1600-1762), actes du colloque L'Académie de musique, Lully et la parodie de l'opéra réunis par D. Gambelli et L. Norci Cagiano, Paris, Champion, 2005, p. 141-190.
  • Françoise Rubellin (dir.), Théâtre de la foire : anthologie de pièces inédites, 1712-1736, Montpellier, Espaces 34, 2005, p. 83-87.
  • Françoise Rubellin, « Écrire pour tous les théâtres : le cas singulier de Louis Fuzelier », dans L'Opéra de Paris, la Comédie-Française et l'Opéra-Comique (1672-2010): approches comparées, dir. Sabine Chaouche, Denis Herlin et Solveig Serre, Paris, Études et rencontres de l’École des Chartes, 2012, p. 267-279.

Liens externes[modifier | modifier le code]