Albert Samain

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Albert Samain

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Albert Samain

Activités Poète
Naissance 3 avril 1858
Lille, Drapeau de l'Empire français Empire français
Décès 18 août 1900
Magny-les-Hameaux,
Drapeau de la France France
Mouvement symbolisme

Albert Samain, né à Lille le 3 avril 1858, mort à Magny-les-Hameaux le 18 août 1900, est un poète symboliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait d'Albert Samain par Félix Valloton
paru dans Le Livre des masques
de Remy de Gourmont (1896).

Fils de commerçants lillois - son père et sa mère tiennent un commerce de vins et spiritueux - Albert Samain nait en face de l'église Saint-Maurice, au 75 de la rue de Paris. Son père décède alors qu'il n'a que 14 ans et il doit interrompre ses études pour gagner sa vie. Il est d'abord coursier chez un agent de change puis employé dans une maison de courtage en sucre. Vers 1880, il est envoyé à Paris, où il décide de rester. Après plusieurs emplois, il devint expéditionnaire à la préfecture de la Seine en 1883 et est bientôt rejoint par sa famille[1].

Depuis longtemps attiré par la poésie, il fréquente les cercles à la mode, tels que les Hirsutes et les Hydropathes, et commence à réciter ses poèmes aux soirées du Chat noir. Il participe à un cercle littéraire qui réunit quelques amis (dont Antony Mars, Alfred Valette et Victor Forbin) dans une arrière boutique de la rue Monsieur-le-Prince. En 1889, il participe à la création du Mercure de France, avec Alfred Vallette, Ernest Raynaud, Jules Renard, Édouard Dubus et Louis Dumur[2].

Au début des années 1890, fortement influencé par Baudelaire, il évolue vers une poésie plus élégiaque. En 1893, la publication du recueil Au jardin de l’Infante lui vaut un succès immédiat après que François Coppée lui ait consacré un article très élogieux dans Le Journal. La perfection de la forme alliée à une veine mélancolique et recueillie caractérise un art d'une sensibilité extrême. Il collabore notamment au Mercure de France et à La Revue des Deux Mondes.

Après la mort de sa mère en 1899, Albert Samain est accueilli par son ami Raymond Bonheur à Magny-les-Hameaux, dans la vallée de Chevreuse[3]. Miné par la phtisie, c'est là qu'il meurt quelques mois plus tard, à 42 ans. Mais il a eu le temps d'y écrire Polyphème, un drame lyrique pour lequel Raymond Bonheur compose des chœurs, souvent considéré comme son chef d'œuvre, qui ne sera mis en scène que quatre ans après sa mort. Rapatrié à Lille, il est enterré le 21 août 1900 au cimetière du l'Est.

Du point de vue des formes poétiques, un des apports majeurs de Samain est l'invention d'un genre de sonnet à quinze vers. Après sa mort, ses poésies sont réimprimées un nombre considérable de fois, jusque dans les années 1930. De nombreux musiciens composent des mélodies sur ses textes, parmi lesquelles plusieurs chefs-d'œuvre, comme Arpège de Gabriel Fauré ou La maison du matin d'Adrien Rougier. Son œuvre a également inspiré le sculpteur Émile Joseph Nestor Carlier (1849-1927) qui réalise à partir de celle-ci La Danseuse au voile et Pannyre aux talons d'or, en 1914.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Vers d'Albert Samain
(Jardin des Poètes, Paris).
Monument à Albert Samain à Lille
Poésie
  • Au jardin de l’Infante (1893)
  • Au jardin de l'Infante édition augmentée (1897)
  • Aux flancs du vase (1898), illustré de gravures en couleurs par Gaston La Touche[4]
  • Le Chariot d'or. Symphonie héroïque (1900)
  • Aux flancs du vase, suivi de Polyphème et de Poèmes inachevés (1902) Texte en ligne
  • Contes. Xanthis. Divine Bontemps. Hyalis. Rovère et Angisèle (1902) Texte en ligne
  • Polyphème, comédie en 2 actes, (1904). Paris, Théâtre de l'Œuvre, 10 mai 1904.
  • Hyalis, le petit faune aux yeux bleus (1909)
  • Œuvres d'Albert Samain. I. Au jardin de l'infante. Augmenté de plusieurs poèmes (1924) Texte en ligne
  • Œuvres d'Albert Samain. II. Le Chariot d'or ; Symphonie héroïque ; Aux flancs du vase (1924) Texte en ligne
  • Œuvres d'Albert Samain. III. Contes ; Polyphème ; Poèmes inachevés (1924) Texte en ligne
  • Œuvres choisies. Préface de Francis Jammes. Portrait d'Albert Samain sur son lit de mort, par Eugène Carrière, deux autres portraits en phototypie. En appendice : Lettre de Stéphane Mallarmé reproduite en fac-similé. Poésies de Louis Le Cardonnel, Charles Guérin. Textes de Remy de Gourmont, Louis Denise, Adolphe Van Bever et Paul Léautaud. Bibliographie complète. Édition du manuscrit (1928)
  • Poèmes pour la grande amie. Introduction et notes par Jules Mouquet (1943)
  • Œuvres poétiques complètes, édition de Christophe Carrère, Classiques Garnier, coll. "Bibliothèque du XIXe siècle", à paraître en 2015.
Correspondance et carnets

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Pierrard, Lille, dix siècles d'histoire, Stock, 1972, p. 163
  2. Albert Samain sur le site des Archives de France
  3. Raymond Bonheur sur le site de Magny-les-Hameaux
  4. Édition rare de 1922, illustrée par Serge de Solomko (librairie Ferroud)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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