Martin Delany

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Martin Delany

Martin Robison Delany (6 mai 1812 - 24 janvier 1885) était un abolitionniste américain qui devint le premier Afro-Américain à être promu au rang d’officier dans l’armée de l'Union pendant la guerre de Sécession.

Biographie[modifier | modifier le code]

Martin Delany est né à Charles Town en Virginie-Occidentale. Son père, prénommé Samuel, était un esclave mais sa mère, Pati, était libre et se réclamait d’origines nobles en Afrique. Alors que Delany n’avait que quelques années, on menaça, du fait des origines de leur père, de faire de lui et de ses frères et sœurs des esclaves. Sa mère présenta ses deux plus jeunes enfants devant une cour de Winchester (Virginie) pour défendre avec succès la liberté de sa famille.

À 19 ans, Delany s’installe à Pittsburg où il travaille comme barbier et comme ouvrier. Il devient l’élève de Lewis Woodson, un révérend de l’African Methodist Episcopal Church, une dénomination méthodiste réservée aux Noirs puis suit des cours à Jefferson College où il étudie les humanités classiques, le latin et le grec. Il étudie également la médecine, en devenant l’apprenti de plusieurs médecins.

Il s’implique alors progressivement dans les affaires publiques de la ville, au sein du mouvement pour la tempérance ou du mouvement abolitionniste. En 1843, il commence à publier The Mystery, un journal destiné aux Noirs. Après sa rencontre avec William Lloyd Garrison et Frederick Douglass en 1847, il s’associe avec Douglass pour éditer le North Star, un journal abolitionniste.

Il continue d’étudier la médecine en parallèle de son activité au journal et en 1849 il est accepté à l’Harvard Medical School grâce au soutien de plusieurs médecins. Au bout de quelques mois, il est toutefois expulsé en compagnie de deux autres étudiants noirs, à la suite de protestations des étudiants blancs. Ce renvoi radicalise ses positions ; il publie The Condition, Elevation, Emigration, and Destiny of the Colored People of the United States, Politically Considered où il considère que n’ayant aucun avenir dans un pays qui refuse de les considérer à l’égal des Blancs, les Noirs américains doivent se tourner vers la voie de l’émigration et fonder des colonies en Amérique du Sud, en Amérique centrale ou dans les Antilles. En 1854, il organise la Convention nationale pour l’émigration à Cleveland dans l’Ohio et synthétise ses arguments en faveur de l’émigration dans un manifeste, Political Destiny of the Colored Race on the American Continent. Un voyage au Liberia lui permet de prospecter pour trouver un endroit favorable à la réalisation de son projet ; il obtient un accord avec des chefs de tribus de la région d’Abeokuta, aujourd’hui situé au Nigeria. Après un détour dans l’Angleterre, il rentre aux États-Unis où le début de la guerre de Sécession met un terme à son projet de colonie africaine.

Delaney a lutté contre l'épidémie de cholera en 1833 et 1854 à Pittsburgh, alors que la plupart des médecins avaient fui la ville en même temps que les habitants.

Entre 1859 et 1862, Delany publie également sous forme de feuilleton Blake : Or The Huts of America, un roman qui se veut une réponse à La Case de l'oncle Tom d’Harriet Beecher Stowe. Bien qu’il loue sa mise en lumière de la cruauté des propriétaires d’esclaves du sud du pays, il reproche à Stowe d’avoir dépeint son héros sous les traits d’un Noir passif, qui reste dépendant des Blancs même dans sa libération.

Durant la guerre, il réclame la possibilité pour les Noirs de l’Union de combattre aux côtés des soldats noirs. Lorsque Lincoln autorise l’enrôlement des Noirs, il prospecte dans le Rhode-Island, le Connecticut et l’Ohio pour inciter ces camarades à rejoindre les rangs des United States Colored Troops. Au début de l’année 1865, il soumet lors d’une entrevue avec Lincoln l’idée d’un corps de soldats noirs dirigés par des officiers noirs. Quelques semaines plus tard, Delany est nommé major[1].

Après la guerre, il reste un temps au sein de l’armée puis occupe pendant trois ans un poste du Freedmen’s Bureau en Caroline du Sud. La suite de sa carrière est marquée par de nouveaux postes à responsabilité mais connaît des fortunes diverses. Il meurt le 24 janvier 1885 de la tuberculose.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Steven Devine, Martin Delany, Frederick Douglass, and the politics of representative identity, UNC Press, 1997, p. 221.

Source[modifier | modifier le code]