Marie-Élisabeth Cons-Boutboul

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Marie-Elisabeth Cons-Boutboul (née à Orléans le 10 juin 1924) est la mère de Darie Boutboul. Elle est principalement connue pour le meurtre de son gendre Jacques Perrot dans les années 1980.

Origines et études[modifier | modifier le code]

Née à Orléans le 10 juin 1924, dans une famille de la bourgeoisie, d’un père clerc de notaire et d’une mère fervente catholique[1]. Elle fit de brillantes études de droit. Elle s'éprend à la fin des années 1950 d'un dentiste[2] juif d'origine tunisienne, le docteur Robert Boutboul, avec lequel elle a une fille, Darie Boutboul. Fille d’un premier clerc de notaire et d’une mère au foyer, catholique très pratiquante, Marie-Élisabeth a été élevée très strictement. Son père voulait qu'elle soit magistrate alors qu'elle aurait préféré le piano et la composition musicale. Elle déclarera avoir échoué volontairement, par deux fois, au concours de la magistrature et qu'elle se voyait plutôt avocat pour, dit-elle « défendre la veuve et l’orphelin ». Néanmoins, son cursus universitaire est sans histoire : licence en droit, DES de droit, CAPA (Certificat d'aptitude à la profession d'avocat), thèse… Les choses deviendront un peu plus complexes sur son exercice de la profession d’avocat : pas d’adresse professionnelle, pas d’inscription à la CARPA (Caisse de règlement professionnel des avocats), pas de traces non plus de dossiers dans lesquels elle serait intervenue.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Arrivée à Paris, Marie-Élisabeth Cons s'éprend, à la fin des années 1950, d'un dentiste juif tunisien, le docteur Robert Nessim Boutboul, avec lequel elle aura une fille : Darie Boutboul. Tous deux désireux de mener chacun leur vie propre, le couple se séparera peu après. Par souci de convenances sociales et d'un commun accord, la séparation est maquillée en décès du docteur Boutboul.

La rencontre avec Jacques Perrot[modifier | modifier le code]

En 1982, Darie Boutboul fait la connaissance sur les champs de course de Jacques Perrot, avocat et ami de Laurent Fabius (ils se sont connus sur les bancs du lycée Janson-de-Sailly ; Darie étant enceinte de leur fils, Adrien, le mariage a lieu rapidement en 1982, Laurent Fabius sera d'ailleurs le témoin du marié.

Concernant la radiation de sa belle-mère, Jacques Perrot découvre très rapidement, en se faisant recevoir par le bâtonnier de l'Ordre des avocats à la Cour d'appel de Paris, que celle-ci, contrairement à ce qu'elle affirmait jusqu'alors, n'était plus avocate depuis plusieurs années, ayant été radiée de l'ordre en 1981, pour des faits de corruption et de détournements de fonds.

En effet, saisie en sa qualité d'avocate, à la fin des années 1960, par l'Ordre des Missions Étrangères relatif à un contentieux opposant l'Ordre à des organismes africains, Marie-Élisabeth Cons-Boutboul fait durer la procédure de telle sorte que celle-ci, de report en report, dure une dizaine d'années. Elle n'omet cependant pas de facturer ses honoraires aux bons pères qui, en dix ans, lui verseront plus de dix millions de Francs de l'époque, sur ses comptes numérotés en Suisse.

Ne s'apercevant de la supercherie qu'en 1980, l'Ordre des Missions Étrangères, soucieux de ne pas éventer l'affaire, se contente de demander la radiation de Maître Cons-Boutboul, obtenue en 1981.

Fort de toutes ces découvertes sur la mystérieuse vie de sa belle-mère, il prend rendez-vous avec elle, le 27 décembre 1985, pensant pouvoir faire pression, en menaçant de tout révéler à Darie s'il n'obtient pas de revoir son fils.

Le meurtre de Jacques Perrot[modifier | modifier le code]

Le rendez-vous n'aura jamais lieu ; le 27 décembre au soir, Marie-Élisabeth Cons-Boutboul, après avoir « fixé » son gendre au 29, avenue Georges-Mandel où il réside dans le seizième arrondissement de Paris le plus longtemps possible, se dédit au dernier moment.

Quand, après avoir pris rendez-vous avec un ami pour dîner, Perrot sort de son appartement, il est abattu sur son palier, de trois balles de .22 Long Rifle dans la tête tirées à bout portant.

L'enquête[modifier | modifier le code]

La Police judiciaire, arrivée sur les lieux, suspectera dès les premiers jours de l'enquête Marie-Élisabeth Cons-Boutboul d'être le commanditaire du meurtre de son gendre, sans pour autant que cette dernière n'avoue quoi que ce soit et que des preuves tangibles puissent être apportées.

C'est dans ce contexte que, plus de deux ans après le meurtre, en 1988, est retrouvé dans le port du Havre le corps d'une personne identifiée comme étant Bruno Dassac, un représentant de commerce.

Les enquêteurs parviennent alors à faire le lien entre Bruno Dassac et Marie-Élisabeth Cons-Boutboul, un des comptes suisses de cette dernière ayant été débité de fortes sommes d'argent, afin d'alimenter celui du premier.

Il apparaît à la police, bien que Marie-Élisabeth Cons-Boutboul l'ait toujours nié, que Bruno Dassac avait été mandaté par celle-ci pour assassiner Jacques Perrot, dont l'enquête personnelle et ses découvertes la menaçaient directement.

Dans un deuxième temps, le tueur, devenu gênant, aurait à son tour été exécuté.

La condamnation[modifier | modifier le code]

Placée en garde à vue, en détention provisoire à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis puis à la maison d'arrêt de Rouen, du chef du meurtre de son gendre, Marie-Élisabeth Cons-Boutboul sera condamnée à 15 ans de prison ferme puis libérée le 28 décembre 1998 pour raisons de santé et bonne conduite[3], n'ayant jamais avoué sa participation au crime. Marie-Élisabeth Cons-Boutboul, depuis sa libération, vivrait en Seine-et-Marne chez sa fille Darie.

Documentaire télévision[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.francesoir.fr/actualite/faits-divers/grands-crimes-du-xxe-siecle-marie-elisabeth-cons-boutboul-41036.html
  2. http://www.liberation.fr/grand-angle/2007/12/21/le-gendre-qui-en-savait-trop_109164
  3. http://www.liberation.fr/societe/1998/12/28/mme-cons-de-fleury-a-darie-apres-neuf-ans-de-prison-elle-est-liberee-et-vivra-chez-sa-fille_253462

Articles connexes[modifier | modifier le code]