Maladie périodique

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Maladie périodique
Classification et ressources externes
CIM-10 E85.0
CIM-9 277.31
OMIM 249100

608107

DiseasesDB 9836
eMedicine med/1410 
MeSH D010505
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La maladie périodique (fièvre méditerranéenne familiale - (FMF), ou encore maladie arménienne) désigne une maladie génétique autosomique récessive qui se manifeste notamment par des poussées inflammatoires survenant à intervalles variables. Le caractère héréditaire de cette maladie est avéré depuis longtemps, sa fréquence est élevée chez les sujets originaires du pourtour méditerranéen (populations juives du Maghreb -environ une personne sur six est porteuse du gène mutant-, arméniens, certaines populations turques druzes et arabes). Cependant, la notion familiale est de plus en plus rarement retrouvée du fait du mode de transmission récessif. Des cas de transmission pseudo-dominantes ont toutefois fait l'objet de plusieurs études.
Des facteurs environnementaux peuvent également intervenir, chez certaines personnes, dans le déclenchement de telles crises : périodes de stress, fatigue, infections.

Le diagnostic se fait généralement par élimination, généralement selon les critères de Sohar[1]. En France, plusieurs laboratoires permettent de procéder à un diagnostic génétique.

Sommaire

[modifier] Symptomatologie

[modifier] Accès fébrile

Les crises fébriles durent en moyenne une demi-journée à trois jours et sont caractérisées par des douleurs intermittentes parfois violentes dans l'abdomen, le thorax, ainsi que les articulations. Des éruptions cutanées peuvent également apparaître tandis que la présence d'une fièvre lors des crises est un bon indicateur de l'existence de cette maladie. Toutefois, la fièvre peut être absente dans 5% des cas.

[modifier] Amylose

La principale complication de la maladie, si un traitement n'est pas initié précocement est l'apparition d'une amylose rénale de type AA, conduisant à une insuffisance rénale et nécessitant le recours à la dialyse.

[modifier] Diagnostic

Depuis 1982, des recherches génétiques portent sur cette maladie. En 1992, un gène "FMF" était finalement localisé sur le bras court du chromosome 16[2]. Actuellement, un simple test génétique peut permettre de détecter la présence des mutations responsables de la maladie. Toutefois de nombreuses personnes réagissant positivement au traitement à la colchicine, et ayant des symptômes caractéristiques de la maladie périodique - ne sont pourtant pas porteurs des mutations actuellement référencées (qui peut être trouvé dans une base de données dédiée infevers).

Le gène en cause est celui qui code la marénostrine/pyrine. Il a été identifié en 1997 par un consortium français[3]; Ce dernier a bénéficié d'une collaboration entre le programme Généthon et des partenaires Turcs et Tunisiens et de la participation d'un grand nombre de familles atteintes dans ces pays. Différentes mutations de ce gène apparaissent en effet chez 85% des patients provenant de populations méditerranéennes. En parallèle, un autre collectif de chercheurs israéliens, américains et australiens identifiait également le lien entre ce gène et la maladie [1].

Une mutation à l'origine de cette maladie semble dater d'un peu plus de 2000 ans, comme l'atteste la présence d'une variété du gène mutant chez des populations juives iraquiennes restées isolées des autres populations juives depuis 2500 ans.

Ce gène est exprimé dans les granulocytes, les monocytes et les éosinophiles : ces leucocytes sont impliqués dans les mécanismes inflammatoires. Il reste maintenant à établir le mécanisme d'action de la protéine découverte et de déterminer comment agit la colchicine.

Une piste ouverte est celle de l'étude de l'interaction entre la protéine codée par le gène et les mécanismes inflammatoires : si un lien est avéré, de nouvelles molécules anti-inflammatoires pourraient éventuellement être développées.

[modifier] Traitement

Il existe depuis 1972 un traitement efficace basé sur la colchicine (1 à 2 mg par jour, à vie), qui inhibe ou espace les crises pour la plupart des patients[4]. Il est largement utilisé même si le mécanisme de cette thérapie reste incompris. La colchicine n'a pas d'activité sur une crise aiguë, même en augmentant les doses[5].

L'interféron-alpha a été proposé pour les formes résistantes à la colchicine, mais son utilisation n'a pas été validée dans une étude placébo[6].

[modifier] Références

  1. Sohar Ezra,Pras Mordehai, Gafni Joseph et Heller Harry. Mediterranean fever : a survey of 470 cases and review of the literature. The American Journal of Medicine. Volume 43, pages 227 à 253, août 1967
  2. (en) Gruberg L, Aksentijevich I, Pras E, Kastner DL, Pras M., « Mapping of the familial Mediterranean fever gene to chromosome 16 ». Consulté le 9 janvier 2012
  3. AbstractPlus
  4. (en) Colchicine for familial Mediterranean fever. 9 janvier 2012.
  5. Vinceneux Ph., Pouchot J., Méry J.P. Maladie périodique ' fièvre méditerranéenne familiale) in Kahn M.F., Peltier A;P;, Meyer O. et Piette J.C. Les maladies systémiques Paris : Flammarion Médecine-Sciences : 1991 ; 979-1010.
  6. (en) Tunca M, Akar S, Soytürk M, Kirkali G, Resmi H, Akhunlar H, Gönen O, Gallimore JR, Hawkins PN, Tankurt E., « The effect of interferon alpha administration on acute attacks of familial Mediterranean fever: A double-blind, placebo-controlled trial. », Juillet-août 2004. Consulté le 9 janvier 2012
  • (en) Mordechai Shohat, Familial Mediterranean Fever In: GeneReviews at GeneTests: Medical Genetics Information Resource (database online). Copyright, University of Washington, Seattle. 1997-2005. [2]

[modifier] Liens externes

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