Ascite

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Ascite
Classification et ressources externes
Hepaticfailure.jpg
Ascite chez un cirrhotique
CIM-10 R18
CIM-9 789.5
DiseasesDB 943
MedlinePlus 000286
eMedicine ped/2927  med/173
MeSH D001201
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Une ascite ou épanchement liquidien intra-abdominal est une accumulation de liquide dans l'abdomen, plus précisément dans la cavité péritonéale. Bien que souvent causé par une cirrhose (une maladie sévère entraînée par une fibrose hépatique) ou un cancer métastatique, elle peut aussi être causée par d'autres maladies. Le diagnostic de la cause est souvent fait grâce à une analyse de l'abdomen par échographie et par la ponction et l'analyse du liquide. Le traitement est celui de la cause, les ponctions et les diurétiques.

Il peut être de plusieurs types :

  • séreux ;
  • exsudatif, c’est-à-dire riche en protéines ;
  • hémorragique ;
  • infecté ;
  • chyleux, c'est-à-dire riche en triglycérides.

Symptômes[modifier | modifier le code]

Les patients peuvent se plaindre de prise de poids, de lourdeur abdominale ou de dyspnée (difficulté à respirer) causée par une pression sur le diaphragme.

Signes physiques[modifier | modifier le code]

Diagnostic positif : Pour affirmer le diagnostic[modifier | modifier le code]

  • Signes généraux : il existe une prise de poids lors d'une ascite du fait de la rétention d'eau intra-abdominale.
  • Inspection : lorsque l'épanchement est très important, l'abdomen est distendu (peau lisse, tendue, sans relief) ; dans certains cas, on peut même observer l'extériorisation d'une hernie ombilicale.
  • Percussion : lorsque l'épanchement est peu important, il est mobilisable, on observe une matité déclive caractérisée par une matité au niveau des flancs et un tympanisme au milieu de l'abdomen ; la matité varie avec la position du sujet.
  • Palpation : elle permet parfois d'observer le signe du glaçon au niveau du foie et le signe du flot.

Étiologique : pour retrouver la cause[modifier | modifier le code]

  • fièvre en faveur d'une infection
  • altération de l'état général avec fatigue chronique, perte de poids
  • signes d'hypertension portale en faveur d'une cirrhose
  • adénopathies en faveur d'une infection ou d'un cancer
  • signes d'insuffisance cardiaque, dyspnée et intolérance à l'effort en faveur d'une cause cardiaque
  • troubles psychiques en faveur d'une encéphalopathie hépathique, d'une infection
  • astérixis en faveur d'une encéphalopathie hépatique

Classification[modifier | modifier le code]

Elle est peu utilisée. L'ascite est décrite en 3 stades[1] :

  • Grade 1 : légère, visible uniquement à l'échographie ou au scanner
  • Grade 2 : détectable avec la distension abdominale et une matité déclive
  • Grade 3 : directement visible, confirmée avec le signe du glaçon

Examens complémentaires[modifier | modifier le code]

Pour confirmer son diagnostic[modifier | modifier le code]

Ascite vue en échographie (en noir, ou hypoéchogène, chez une personne avec un cancer ; derrière, en blanc ou plus échogène, on retrouve les anses digestives).

Pour trouver la cause de l'ascite, comprendre le mécanisme[modifier | modifier le code]

  • Ponction : elle a pour but le diagnostic de la cause de l'ascite ainsi que son évacuation. Le prélèvement subit plusieurs analyses :
    • Taux de protéines,

Le gradient (différence) d'albumine entre le sérum et l'ascite (en anglais Serum-ascites albumin gradient, SAAG) permet probablement une meilleure analyse que les plus vieilles mesures (exsudat ou transudat) pour retrouver la cause d'une ascite[2]. Un gradient élevé (> 11 g/L) oriente vers une ascite causée par une hypertension portale. Un gradient bas (< 11 g/L) oriente vers une ascite qui n'est pas causée par une hypertension portale.

Complications[modifier | modifier le code]

Devant toute ascite, le premier geste invasif à faire est la ponction du liquide d'ascite. On prélève le liquide pour réaliser une série d'examens et en particulier pour dépister une complication grave : l'infection du liquide d'ascite.

L'infection du liquide d'ascite (ILA) est définie par la présence de plus de 250 polynucléaires neutrophiles par mm³, qu'il y ait ou non un taux significatif de bactéries identifiées à l'examen bactériologique direct ou après culture. L'infection se traite par une antibiothérapie.

Une détresse respiratoire peut parfois révéler l'ascite ; cette difficulté à respirer est due à la compression du diaphragme par une volumineuse ascite. Elle nécessite une évacuation du liquide.

Une hernie ou éventration, extériorisation d'anses digestives le plus souvent par une zone de faiblesse de la paroi musculaire abdominale (ombilicale, inguinale), peut survenir.

Causes[modifier | modifier le code]

95 % des ascites sont dues soit à une cirrhose hépatique, soit à une carcinose péritonéale.

Causes de gradient d'albumine entre le sérum et l'ascite élevé (> 11 g/L)[modifier | modifier le code]

  • Hypertension portale (la plus fréquente) : un obstacle sur la veine porte (qui draine le sang digestif au foie) entraîne une modification du flux sanguin et, par des mécanismes de variations de pressions (oncotique et interstitielle), l'ascite ; dans la cirrhose hépatique, le bloc portal induit une hyper pression veineuse des territoires splanchniques et de manière concomitante un excès de substances vasodilatatrices (NO notamment). Cet excès de substances vasodilatatrices va par la suite induire une diminution relative de la pression de perfusion rénale et donc une activation du système rénine angiotensine. Cette activation du SRA va entraîner une réabsorption accrue de sodium et donc d'eau pour entraîner l'état d'hyperhydratation extracellulaire de la cirrhose ascitique.
  • Cirrhose alcoolique (protides inférieurs à 25 g/L) ;
  • Thromboses vasculaires localisées aux veines sus-hépatiques (syndrome de Budd-Chiari) ;
  • Causes cardiaques : insuffisance cardiaque droite, péricardite constrictive, sténose de l'artère pulmonaire ;
  • Entéropathies exsudatives ou de la dénutrition (Kwashiorkor).

Causes de gradient d'albumine entre le sérum et l'ascite bas (< 11 g/L)[modifier | modifier le code]

Autres causes possibles rares[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) K.P. Moore, Wong, F.; Gines, P.; Bernardi, M.; Ochs, A.; Salerno, F.; Angeli, P.; Porayko, M.; Moreau, R.; Garcia-Tsao, G.; Jimenez, W.; Planas, R.; Arroyo, V, « The Management of Ascites in Cirrhosis: Report on the Consensus Conference of the International Ascites Club », Hepatology, vol. 2003, no 38,‎ 2003, p. 258–66 (PMID 12830009, DOI 10.1053/jhep.2003.50315)
  2. (en) Runyon BA, Montano AA, Akriviadis EA, Antillon MR, Irving MA, McHutchison JG, « The serum-ascites albumin gradient is superior to the exudate-transudate concept in the differential diagnosis of ascites », Ann. Intern. Med., vol. 117, no 3,‎ août 1992, p. 215–20 (PMID 1616215)
  3. (en) Branco-Ferreira M, Pedro E, Barbosa MA, Carlos AG, « Ascites in hereditary angioedema », Allergy, vol. 53, no 5,‎ 1998, p. 543–5 (PMID 9636820, DOI 10.1111/j.1398-9995.1998.tb04098.x)