Louis Jean Nicolas Abbé

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Louis Jean Nicolas Abbé
Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 35e et 36e colonnes.
Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 35e et 36e colonnes.

Naissance 28 août 1764
Trépail
Décès 9 avril 183469 ans)
Châlons-sur-Marne
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 17841816
1830 - 1832
Commandement 23e Demi-brigade d’Infanterie Légère
Distinctions baron de l'Empire
Commandeur de la Légion d'honneur
chevalier de Saint-Louis
Hommages Arc de triomphe de l'Étoile, 36e colonne.

Baron Louis Jean Nicolas Abbé, né le 28 août 1764 à Trépail (Marne) et mort le 9 avril 1834 à Châlons-sur-Marne, est un général du Premier Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était le fils de Nicolas Abbé et de Jeanne Sergent.

Il entra au service le 14 avril 1784, dans le régiment de Barrois. Sergent-major le 29 avril 1792, il fit la campagne de cette année à l'armée des Alpes.

Envoyé à l'armée d'Italie, il y fit les guerres de 1793. Sous-lieutenant en septembre 1793, il se distingua à l'affaire de Limone, où il fut blessé ; lieutenant en l'an IV, il se signala de nouveau au passage du Mincio le 20 thermidor, à la prise de Governolo, au combat de Castellaro où il fut encore blessé.

Le 5 décembre 1798, il surprit la ville de Novare, en Piémont, par un coup de main que lui-même avait proposé au général en chef Joseph Antoine René Joubert. Avec quelques grenadiers cachés dans deux voitures, et placé lui-même dans la première, il se fit ouvrir la porte comme envoyé extraordinaire auprès du roi par le général en chef. Arrivé en face du corps de garde, il se précipita sur le poste à la tête de ses grenadiers, s'empara des faisceaux d'armes et fit 25 prisonniers. Le général Victor, qui le suivait de près avec des troupes, arriva immédiatement, s'empara de la ville et fit mettre bas les armes à une garnison de 1 200 hommes.

Le Directoire exécutif nomma, le 23 de ce mois, Abbé, capitaine au 8e Dragons. Envoyé à Paris pour présenter au gouvernement les drapeaux pris sur l'ennemi, il fut nommé chef d'escadron et reçut un sabre et des pistolets d'honneur.

Devenu aide de camp du général Leclerc, il le suivit à l'armée du Rhin en l'an VII, à celle du Midi en l'an IX et à l'expédition de Saint-Domingue où il exerça les fonctions de chef de brigade.

De retour en France, il fut confirmé dans ce grade et commanda en Corse la 23e demi-brigade d’infanterie légère. Membre de la Légion d'honneur, il fit en Italie les campagnes de l'an XIV à 1809. Le 4 juillet 1806, à la bataille de Sainte-Euphémie (Calabre), il soutint et protégea la retraite de l'armée. L'Empereur Napoléon Ier récompensa sa bravoure et ses talents militaires par le grade de général de brigade, le 1er mars 1807.

Le 27 du même mois, le général Abbé battit complètement les Anglo-Siciliens à Mileto ; il concourut à la prise du fort de Scylla et fut nommé commandant de la Légion d'honneur le 23 octobre 1808.

En 1809, il se signala surtout aux batailles de Sacile et de la Piave, au combat de Tarvis, au passage du pont de Karako qu'il emporta de vive force.

Envoyé en Espagne en 1810 et employé au 3e corps sous les ordres de Louis Gabriel Suchet, il coopéra à la prise de Lérida.

Le 8 juillet, à la tête de 1 800 hommes, il battit complètement 3 000 Espagnols commandés par O'Donnell. Après s'être signalé dans toutes les occasions et notamment au siège de Tortose, en décembre 1810.

Il reçut le titre de baron de l'Empire le 30 octobre 1810.

De 1810 à 1812 il commande la 1re brigade de la 3e division de l’armée d’Aragon, en Espagne.

Au siège de Sarragosse ; il se couvrit de gloire au dernier assaut, enleva de vive force le Montserrat, fut nommé général de division le 31 juillet 1811 et alla commander en Navarre sous les ordres du général comte Reille. Au 25 juin 1812, il commande la 1re, basée à Pampelune.

En août 1812, il fit perdre dans une rencontre plus de 800 hommes à Mina, et pendant près d'un an qu'il combattit ce chef, il lui fit éprouver dés pertes considérables.

Rentré en France à la suite de la bataille de Vitoria, il commanda la 3e division sous les ordres du duc de Dalmatie, fit des prodiges de valeur à la bataille de Saint-Pierre d'Irube le 13 décembre 1813.

Affecté à Bayonne avec sa division pour participer à la défense de la ville pendant le blocus imposé par les Anglais,il se distingue notamment lors de la sortie décidée le 14 avril 1814 par le Général de division Baron Thouvenot, commandant en chef et Gouverneur de la place. Avec les unités du Général Maucomble, il met hors de combat environ un millier d'Anglais.

Après l'abdication, il envoya son adhésion au nouveau gouvernement. Louis XVIII le nomma chevalier de Saint-Louis le 19 juillet, et lui confia le 15 janvier 1815, le commandement de la 2e subdivision de la 8e division militaire à Toulon. Informé le 2 mars du débarquement de l'Empereur, il communiqua cette nouvelle au maréchal prince d'Essling, gouverneur de la 8e division qui se trouvait à Marseille et prit, de concert avec les autres autorités, toutes les mesures commandées par la circonstance. Le duc d'Angoulême, arrivé à Toulon, approuva ce qu'avait fait le général Abbé pour l'ordre et la discipline. Le 4 avril, arrivé à Cannes avec un seul aide-de-camp, il fut arrêté par la population en armes. Mis en liberté peu de jours après, il apprit à Toulon le changement de gouvernement.

Le 23 avril, il reçut ordre de l'empereur d'aller prendre à Belfort le commandement de la 18e division militaire, sous les ordres du général Lecourbe.

Le 26 juin, avec une division de 2 600 hommes, il repoussa les Autrichiens sur tous les points ; mais se reconnaissant trop inférieur en nombre, il fit une retraite habile et tint constamment les Autrichiens en échec, défendant chaque position, chaque défilé et leur tuant beaucoup de monde.

Le général Abbé, licencié le 2 septembre 1815, fut mis à la retraite le 1er janvier 1816. Rentré dans la vie civile, il vécut de sa modique pension à Châlons-sur-Marne.

En août 1830, il eut le commandement de la garde nationale de Châlons, mais ses infirmités le forcèrent a y renoncer.

Placé dans le cadre de réserve de l'état-major général en février 1831, il fut de nouveau admis à la retraite le 1er mai 1832, et mourut à Châlons-sur-Marne le 9 avril 1834 où il est enterré, au cimetière de l'Ouest.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
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Blason famille fr Louis Jean Nicolas Abbé (baron).svg
Armes du baron Abbé et de l'Empire (lettres patentes du 30 octobre 1810, confirmé par lettres patentes du 3 février 1815)

Écartelé : au 1, d'or, à une tête de Maure de sable, tortillée d'argent ; au 2, des Barons militaires de l'Empire ; au 3, de gueules, au château d'argent, flanqué de deux tours du même ; au 4, d'or, à la licorne furieuse de sable.[1],[2],[3],[4]

La référence 2 (Armorial du Premier Empire) donne pour le 4 : d'argent, à la licorne furieuse de sable.

French heraldic crowns - Baron.svg
Blason à Dessiner.svg
Armes sous la Restauration

Ecartelé : au 1er d'or, à une tête de Maure de sable, tortillée d'argent ; au 2e de gueules, à l'épée haute en pal d'argent ; au 3e de gueules, au château flanqué de deux tours d'argent ; au 4e d'or, à la licorne furieuse de sable.[4]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

« Louis Jean Nicolas Abbé », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]