Omphale

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Héraclès et Omphale, détail de la mosaïque des douze travaux de Liria (Espagne), première moitié du IIIe siècle

Dans la mythologie grecque, Omphale (Ὀμϕάλη en grec) est une reine de Lydie, fille du roi Iardanos. Selon d'autres sources, elle aurait été la fille ou l'épouse du dieu des montagnes, Tmolos (roi de Lydie), puis reine à son tour quand ce dernier fut encorné.

Mythe[modifier | modifier le code]

C'est l'oracle d'Apollon qui prescrivit à Héraclès de se vendre comme esclave à la reine de Lydie afin de se purifier du meurtre particulièrement honteux d'un certain Iphitos. Après lui avoir imposé un certain nombre de travaux - il dut lutter contre les Cercopes, contre Sylée et contre les Itones - la reine libéra le héros de son esclavage et l'épousa[1]. Ce mythe de soumission d'un héros particulièrement viril aux caprices d'une femme en guise d'expiation d'un crime apparaît déjà chez Sophocle[2], puis a été développé jusqu'à mettre en scène chez certains auteurs une inversion symbolique des rôles dans le couple, ainsi sur un mode humoristique chez Ovide[3] dans le monde romain aux temps de l'empereur Auguste; on le trouve ensuite sur un mode sexuellement ambigu dans les siècles suivants, comme à l'exemple suivant:

« Tandis qu'Omphale, couverte de la peau du lion de Némée, tenait la massue, Héraclès, habillé en femme, vêtu d'une robe de pourpre, travaillait à des ouvrages de laine, et souffrait qu'Omphale lui donnât quelquefois de petits soufflets avec sa pantoufle »

— Lucien de Samosate, Comment il faut écrire l'histoire, X.

. Le compte-rendu de la vie et des exploits d'Héraclès de Diodore de Sicile[4] (qui écrivait à Rome quelques décennies avant Ovide), ne contient pas cette scénarisation, qui devînt assez populaire dans le monde romain; on la trouve ainsi représentée parfois parmi les autres travaux du héros (voir la mosaïque ci-dessus).

Héraclès eut d'Omphale une nombreuse descendance, dont un fils nommé Achélès (ou Agélaos)[5] ; les Héraclides de Lydie et Crésus prétendaient en être les descendants.

Héraclès, durant son esclavage, selon son habitude, n'observa pas au sujet de cette princesse une fidélité bien scrupuleuse et courtisa une de ses suivantes, Malis.

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J. Schmidt, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Larousse, Paris, 2000, p. 141
  2. Sophocle, "Les Trachiniennes", pièce consacrée aux circonstances dramatiques qui conduisent à la mort du héros Herakles
  3. Ovide, Fastes, mois de Février, jour des Lupercales; Ovide raconte ce mythe en prenant comme fil conducteur une tierce partie, le dieu Faunus, dont il entend illustrer le caractère priapique
  4. Diodore de Sicile, Βιβλιοθήκη ἱστορική/Bibliotheca historica
  5. Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Presses universitaires de France, 1990, p. 202

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]