Lorenzino de Médicis

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Lorenzo de Médicis, dit Lorenzaccio ou Lorenzino (né le 23 mars 1514 à Florence - mort le 26 février 1548 à Venise) était un homme politique, écrivain et dramaturge appartenant à la famille florentine des Médicis. Il fut mêlé aux intrigues et complots qui secouèrent cette grande famille à l'époque de la Renaissance.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né à Florence, il était le fils de Pierfrancesco de Médicis le Jeune (1487-1525) et de Marie Soderini. Après la mort de son père (1525), il fut élevé par sa mère et les tuteurs Gianfranco Zeffi et Varino Favorino de Camerino à la Villa del Trebbio, où il grandit aux côtés de son frère Julien et de Cosme Ier de Médicis, futur duc de Toscane.

En 1526, il fut conduit avec Julien et Cosme à Venise pour échapper aux troubles qui agitaient Florence. Un an plus tard, à la suite du sac de Rome qui déstabilisa profondément le pape Clément VII (Jules de Médicis), membre le plus puissant de la famille des Médicis, ceux-ci furent de nouveau chassés par les Florentins.

En 1530, Lorenzo se rendit à Rome, où il acquit la mauvaise réputation de coupe-tête des statues anciennes (il avait en effet dans un moment d'ivresse décapité les huit rois barbares de l'arc de Constantin), ce qui lui valut d'être banni de la ville, avec le surnom de Lorenzaccio.

L'amitié avec Alexandre de Médicis et le meurtre[modifier | modifier le code]

De retour à Florence la même année, il devient le compagnon inséparable du duc Alexandre de Médicis (1510-1537), son cousin, récemment restauré dans la direction de la ville. Il est le complice de ses excès, de son libertinage et de ses débauches, ainsi que de maintes actions criminelles. Les deux acolytes sont souvent vus en public montant le même cheval et ils auraient régulièrement partagé le même lit[1].

Le soir du 5 janvier 1537, Alexandre se rend dans les appartements de Lorenzo. Celui-ci lui promet de revenir rapidement avec sa sœur et l'épouse de Leonardo Ginori, pour une nuit d'orgie. Lorenzo tardant, Alexandre s'endort. Quelques heures plus tard Lorenzo revient, mais c'est avec un sicaire nommé « Scoronconcolo ». Trouvant le duc endormi, comme il l'avait prévu, il ordonne qu'on le tue. Le duc cependant, tiré de son sommeil par la première agression, ne succomba qu'au terme d'une lutte violente.

Parmi les raisons de la trahison de Lorenzo on a pu invoquer, par exemple, la volonté de Lorenzo de libérer Florence d'un tyran ; mais un différend plus personnel entre les deux compagnons aurait également pu motiver cet assassinat.

Florence vécut la mort du tyran comme une libération. Avec Alexandre s'éteignait la branche principale des Médicis, mais il laissait deux enfants en bas âge, Julius et Giulia, qui furent déclarés inaptes à gouverner pour cause d'illégitimité, car nés d'un père à la généalogie incertaine. Ce fut Cosme Ier de Toscane qui fut alors choisi comme nouveau duc de la ville, avec la bénédiction de Florence et de l'empereur Charles Quint.

L'exil et la mort[modifier | modifier le code]

Cependant Lorenzo, contraint de fuir Florence, se réfugia d'abord à Bologne, puis à Venise, protégé par Mgr Giovanni Della Casa. La même année, il rejoignit les troupes du Florentin Philippe Strozzi pour lutter contre Cosme Ier et se battit à la bataille de Montemurlo.

Redoutant les hommes de main de Cosme, il voyagea à Constantinople, puis en France, où il vécut quelques années, de 1537 à 1541, protégé par Catherine de Médicis. En 1542, il se rendit de nouveau en Toscane pour tenter d'empêcher Cosme Ier d'unifier l'État de Toscane, avant de retourner à Venise. En 1544, il revint en France, puis de nouveau à Venise.

Le 26 février 1548, Lorenzo fut percé de coups de couteaux par deux hommes, (« deux Volterra » mentionnés dans une lettre[réf. souhaitée]), et il mourut en face de la maison de sa maîtresse Elena Barozzi sur le Campo San Polo à Venise.

Il laissait une fille, du nom de Lorenzina, qui fut élevée par des parents et se maria avec un noble romain, Julius Colonna.

Marguerite de Navarre, George Sand, Alfred de Musset et Alexandre Dumas relateront chacun à leur manière l'assassinat d'Alexandre par Lorenzaccio.

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

Lorenzo est également écrivain. Il est notamment l'auteur d' Apologie défense publique faisant valoir que, comme un héritier idéal de Marcus Junius Brutus, le dévouement à la liberté humaine l'a forcé à tuer Alexandre. Le ton de Apologie est éloquent. Il a également écrit une comédie intitulée l'Aridosio qu'adaptera Pierre de Larivey dans Les Esprits (1579)..

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joyce G. Bromfield, De Lorenzino de Médicis à Lorenzaccio : étude d'un thème historique, M. Didier,‎ 1972, p. 29

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lorenzino de Médicis, Apologie, Allia, 2011.
  • Lorenzino de Médicis, L'Aridosia, édition bilingue français-italien, Les Belles Lettres, 2005.
  • Luigi Alberto Ferrai, Lorenzino de' Medici e la societa' cortigiana del Cinquecento, Milan, Hoepli, 1891.
  • Pierre Gauthiez, Lorenzaccio (Lorenzino de Médicis) 1514-1548, Paris, Fontemoing, 1904.
  • Stefano Dall'Aglio, L'assassino del duca. Esilio e morte di Lorenzino de' Medici, Florence, L.S. Olschki, 2011.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]