Belphégor ou le Fantôme du Louvre

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Belphégor

Description de cette image, également commentée ci-après

La maison de Lady Hodwin.

Autres titres
francophones
Le Fantôme du Louvre
Genre Mini-série thriller
Création Claude Barma
Pays d'origine Drapeau de la France France
Chaîne d'origine 1re chaîne de l'ORTF
Nb. de saisons 1
Nb. d'épisodes 4
Durée 70 minutes
Diff. originale 6

Belphégor ou le Fantôme du Louvre ou Belphégor est une mini-série française en 4 épisodes de 70 minutes, en noir et blanc, créée, écrite et dirigée par Claude Barma, adaptée par Jacques Armand d'après le roman d'Arthur Bernède. Elle a été diffusée pour la première fois du 6 au sur la première chaîne de l'ORTF. L'audience - exceptionnelle pour l'époque - rassemble 10 millions de téléspectateurs pour une population française de 48 millions, dont seuls 40 % possèdent un téléviseur.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Paris, été 1964[1]. Un fantôme vêtu d'une longue robe noire, Belphégor, hante la nuit le département d'égyptologie du Musée du Louvre. Disparitions, agressions, tentatives d'assassinat et morts suspectes se succèdent. La Police s'avère impuissante. Un jeune étudiant, André Bellegarde, veut percer ce mystère. Dans une ambiance étrange, il mène, avec le commissaire Ménardier dont il aime la fille Colette, une enquête aux multiples péripéties. Elle le conduit sur la piste de Boris Williams, fils de l'excentrique Lady Hodwin, une ancienne cantatrice riche mais généreuse. Cet individu féru d'occultisme n'hésite pas à tuer sa mère, qui désapprouve ses intentions devenues criminelles : il veut s'emparer du secret des Rose-Croix - le prodigieux « métal de Paracelse » - pour assouvir son goût du pouvoir et dominer le monde. Il se fait aider de Laurence Borel - qu'à son insu il a tranformée en Belphégor, un médium - et de sa sœur jumelle prétendument décédée, Stéphanie. Apprenant la vérité, Laurence, désespérée et par ailleurs amoureuse d'André, se suicide. Ménardier arrête Williams. André et Colette se marient. Héritiers des phonographes de Lady Hodwin, ils ne pourront oublier Belphégor.

Épisode 1 - Le fantôme du Louvre[modifier | modifier le code]

Une nuit, dans les salles d'antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, le gardien Gautrais entend un bruit mécanique. Puis il voit apparaître un fantôme vêtu d'une longue robe noire et portant un masque de cuir. Il fait feu, en vain. Le fantôme s'intéressait à la statue de Belphégor, un dieu moabite. Le témoignage de Gautrais, alcoolique notoire que ses collègues ont surnommé Glouglou, suscite le scepticisme. Toutefois, pour éviter une intervention de la Police, on double l'effectif des gardiens dès la nuit suivante. Mais leur chef Sabourel est découvert assassiné.

Un jeune étudiant en physique, André Bellegarde, se passionne pour l'affaire. Il se laisse enfermer au Louvre avec Colette, une jeune fille qu'il a croisée par hasard l'après-midi même. En pleine nuit, ils entendent comme un ronflement de moteur. Un jeune garçon vient s'agenouiller devant la statue de Belphégor, sur laquelle il souffle à plusieurs reprises une poudre mystérieuse. Le fantôme surgit, blesse légèrement André au bras mais s'enfuit à l'arrivée des surveillants et du commissaire Ménardier, père de Colette.

Devenu célèbre du jour au lendemain, André est abordé par une femme énigmatique, Laurence Borel, qui cherche à le séduire. Cela provoque la jalousie de Colette, éprise de lui.

Un soir, le commissaire Ménardier reçoit chez lui un appel téléphonique de Belphégor lui demandant d'aller au Vésinet. Dans un pavillon cossu, il fait la connaissance de Lady Hodwin, une ancienne cantatrice excentrique jadis surnommée Lady phonographe, qui vit entourée de souvenirs. Elle lui affirme que Belphégor, innocent, doit rester secret. Elle l'invite à abandonner ses recherches et profère même des menaces contre sa fille. Ménardier refuse ce chantage. Peu après, sortant avec André d'une séance de cinéma, Colette perd connaissance dans des circonstances inexpliquées. A-t-elle été agressée ?

Épisode 2 - Le secret du Louvre[modifier | modifier le code]

Ménardier inculpe Lady Hodwin mais doit la libérer sur intervention de l'ambassadeur de Grande-Bretagne. Finalement, la vielle dame et le commissaire s'avouent leur sympathie mutuelle.

Une nuit, en faction au Louvre, Ménardier entend le bruit déjà perçu par Gautrais et André. Le fantôme apparaît. Ménardier s'apprête à l'arrêter mais un filet tombe sur lui et l'immobilise. Belphégor s'enfuit.

Laurence conduit André à un dîner mondain chez Boris Williams, un homme sombre féru d'occultisme. La conversation tourne vite autour de Belphégor, dont la presse s'est emparée. André fait part aux convives de son interrogation sur la vraie nature du fantôme, son impassibilité mêlée de vulnérabilité et les moyens de s'en saisir, ce qui indispose Williams.

Colette est enlevée. Assise dans un fauteuil roulant, endormie au chloroforme, elle est emmenée à la tour Eiffel par un couple déguisé en infirmiers, qui menace de la précipiter dans le vide depuis le 3e étage. Cette mise en scène vise son père pour qu'il abandonne l'enquête.

Lors de l'habituel nettoyage des statues antiques, un gardien projette fortuitement de l'eau dans un sarcophage. Gautrais constate qu'elle s'écoule par le fond. La nuit suivante, André et lui trouvent, dissimulé sur le socle de la tombe, un bouton qui actionne une plateforme intérieure mobile dont le bruit a été entendu avant chaque apparition du fantôme. Grâce à ce mécanisme, ils découvrent une pièce souterraine secrète conduisant aux anciennes galeries du palais de Philippe-Auguste. Dans une salle, ils voient Williams insuffler la vie au fantôme avant de l'envoyer au musée pour « rapporter un secret ». Une fois remontés, ils aperçoivent Belphégor faire des passes magnétiques sur sa statue éponyme, qui devient luminescente. Selon André, cette irradiation surnaturelle provient du « métal de Paracelse ». Le fantôme s'enfuit.

Décidé d'en savoir plus, André redescend seul dans le sarcophage. Il demande à Gautrais de le rejoindre d'ici trois jours au café où ils ont leurs habitudes, face à la Colonnade du Louvre. Sans nouvelles, Gautrais s'inquiète. Il déclenche le mécanisme et voit de l'eau bouillonner dans la tombe. La Police fait intervenir un homme-grenouille, qui remonte le portefeuille d'André. Mais ce dernier donne rendez-vous par téléphone à Gautrais au lieu convenu. Là, il lui déclare tout savoir mais ne rien pouvoir dire.

Épisode 3 - Les Rose-Croix[modifier | modifier le code]

Interrogé par la Police, André refuse de parler. Ménardier le fait surveiller, espérant appréhender Belphégor.

Williams conduit Colette dans une vaste et déserte boutique de luminaires où l'attend Lady Hodwin. Cette dernière la charge d'informer André qu'il ne sera en sécurité que chez elle, au Vésinet. Une fois Colette partie, la vieille dame s'explique avec Williams, en fait son fils. Elle désapprouve ses agissements devenus criminels. Comme elle persiste à contrecarrer ses plans, il l'étrangle.

Informé par une lettre anonyme, Ménardier part en province chez le couple Hiquet, les parents de Laurence. Il apprend que sa sœur jumelle, Stéphanie, est décédée six mois plus tôt à 31 ans. Monsieur Hiquet, érudit aussi brave que son épouse est revêche, lui offre un vieux papier où est écrit le nom des Rose-Croix. Sur le chemin du retour, un arbre s'abat sur la voiture du commissaire, qui échappe de peu à une tentative d'assassinat.

De son côté, André tombe dans la Seine mais s'en sort indemne. On évoque une tentative de suicide, qu'André nie en invoquant un malaise dû à la fatigue. Ménardier et lui s'informent mutuellement du résultat de leurs découvertes. André sait que le document remis au commissaire est une affiche placardée dans les rues de Paris en 1662, qui passa pour un canular. Les Rose-Croix sont une société philosophique secrète détenant de prodigieuses connaissances, dont celle du « métal de Paracelse » qui possède toutes les propriétés, de l'or au radium, et permettrait de dominer le monde. Un morceau de ce métal se trouve au Louvre, dissimulé dans la statue de Belphégor. Ménardier précise à André que les archives des Rose-Croix sont tombées entre les mains de malfaiteurs dirigés par Williams. Il ajoute que Laurence est impliquée dans ce complot.

Laurence apprend à André que Belphégor est un médium qui agit sous hypnose, d'où son sang-froid imperturbable. Elle confirme que son père et elle ont divulgué à des crapules le secret du « métal de Paracelse » mais, fuyante, refuse d'en dire plus.

Chez Laurence, André rencontre Stéphanie, sa sœur jumelle toujours en vie. Belphégor survient mais s'enfuit en abandonnant sa robe noire. Parti à sa poursuite, André est capturé par des hommes à la solde de Williams. Dans une gare de triage déserte, attaché au tamponnoir d'un wagon de marchandises, il échappe de peu à la mort.

Vu l'insuffisance des résultats, le commissaire Ménardier est dessaisi de l'enquête.

Le costume de Belphégor trouvé chez elle l'ayant rendue suspecte, Laurence est incarcérée. André lui promet de la faire libérer.

Le directeur de sa banque informe André que, depuis quelque temps, de fortes sommes inexpliquées sont versées sur son compte, ce qui en fait un client indésirable. Au vu d'une enveloppe qu'il subtilise, André comprend que Williams envoie en son nom des chèques falsifiés. Il remonte la piste et arrive dans un cimetière de voitures où, de nouveau, les sbires de Williams s'emparent de lui.

Épisode 4 - Le rendez-vous du fantôme[modifier | modifier le code]

Aidé de Colette, André parvient à s'échapper.

Williams déclare son amour à Laurence, sortie de prison. En réponse, elle menace de rompre toute relation s'il ne lui montre pas Belphégor. Le fantôme lui apparaît, elle arrache son masque et découvre le visage de sa sœur.

Ménardier - homme veuf - aimerait refaire sa vie avec une galeriste qu'il connaît depuis cinq ans. Il lui confie que sa mise à l'écart de l'enquête n'était qu'un stratagème pour agir plus efficacement.

Belphégor envoie à Ménardier un télégramme ainsi rédigé : « Venez seul cette nuit au Louvre, j'y serai ». Gautrais et André reçoivent le même message. À minuit, le fantôme surgit. Un policier lui tire dessus. Sous la robe de Belphégor, on découvre Stéphanie. Blessée, elle est hospitalisée. Le commissaire n'est pas dupe de la supercherie : Williams a substitué Stéphanie au fantôme.

Aidé de Ménardier, André apprend d'un des hommes de main de Williams qu'il se cache à Cormeilles-en-Parisis.

Williams avoue à Laurence que ce qui l'intéresse n'est pas le « métal de Paracelse » mais l'exercice du pouvoir, auquel il a pu se livrer en créant Belphégor. Il lui révèle que ce dernier, donc le meurtrier de Sabourel, n'est autre qu'elle-même. De plus, il insinue qu'en la plongeant dans un état second, Belphégor n'a fait que révéler sa vraie personnalité, habitée par le mal. Il l'entraîne dans une zone industrielle déserte, sur le chantier d'un bâtiment en construction, le long d'une voie ferrée. Désespérée et manipulée par Williams, Laurence se jette dans le vide du haut d'une poutre métallique. Arrivé sur les lieux, Ménardier arrête Williams.

André et Colette décident de se marier. Mais ils auront du mal à oublier leurs aventures. Par testament, Lady Hodwin, qui a déjà institué plusieurs associations caritatives légataires universels, offre sa collection de phonographes à André et Colette, 5 000 livres à Stéphanie et un château en Écosse à Gautrais. Colette se méfie de ce legs et conseille à André de le refuser. Mais il lui affirme que Lady Hodwin « est le seul personnage sympathique de toute cette histoire ».

Distribution[modifier | modifier le code]

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Épisodes[modifier | modifier le code]

Les dates de diffusion originale figurent entre parenthèses

  1. Le Louvre (samedi )
  2. Le secret du Louvre (samedi 13 mars 1965)
  3. Les Rose-Croix (samedi 20 mars 1965)
  4. Le rendez-vous du fantôme (samedi 27 mars 1965)

Découpage alternatif[modifier | modifier le code]

D'une durée totale proche de h 30, le feuilleton est parfois découpé en 13 épisodes intitulés comme suit :

  1. Les rendez-vous du fantôme
  2. Le Louvre
  3. Belphégor attaque
  4. Ménardier dans l'impasse
  5. Le guet-apens
  6. Le secret du Louvre
  7. La veuve de 4 heures du matin
  8. Le secours aux noyés
  9. Bellegarde se fâche
  10. L'homme au chien
  11. La lumière noire
  12. PS : Soyez là à minuit
  13. Le voile se déchire

Commentaires[modifier | modifier le code]

Un pavillon du Vésinet : la maison de Lady Hodwin.
Le Château de Médan : la demeure de Boris Williams.

Précisions quant au tournage[modifier | modifier le code]

Belphégor est joué par le mime Isaac Alvarez, qui apparaît aussi comme majordome lors du dîner chez Williams.

Claude Barma a actualisé l'intrigue en y ajoutant une touche d'ésotérisme. Ainsi le but de Belphégor n'est plus de retrouver le trésor des Rois de France mais de s'emparer d'un secret des Rose-Croix, le métal de Paracelse.

Dans le prologue de l'épisode 1, le vieillard rencontré par André est une transposition française de Charles Fort (qu'évoquent Jacques Bergier et Louis Pauwels dans « Le Matin des magiciens »), collectionneur de « faits maudits » (ceux du « Livre des damnés » y sont d'ailleurs cités).

Les salles du musée du Louvre ont été recréées aux studios de Saint-Maurice.

Le Château de Médan abrite la demeure de Boris Williams.

Un pavillon du Vésinet, près du lac de Croissy, sert d'extérieur de la maison de Lady Hodwin.

Un témoignage des années 1960[modifier | modifier le code]

La série est un témoignage de la vie quotidienne du Paris des années 1960 :

  • les Puces de Saint-Ouen ;
  • le Louvre d'avant la Pyramide ;
  • le nettoyage des façades encouragé par la loi Malraux du 4 août 1962 (à l'épisode 4 - minute 49, Gautrais et Ménardier apprécient la récente propreté de la Cour carrée, naguère noire d'une crasse séculaire) ;
  • les rues bordées de petits commerces ;
  • le camion du laitier qui livre les immeubles au petit matin ;
  • la conduite automobile sans ceinture de sécurité ;
  • les anciens numéros de téléphone à préfixe littéral (RIC 28.30, aperçu sur une portière de voiture à l'épisode 2 - 1 heure 06 ; ETO 60.07 et GAL 44.04, inscrits sur un camion de dépannage à l'épisode 3 - 1 heure 06) [2] ;
  • les intérieurs vieillots des Français moyens ;
  • la mode féminine (tels le serre-tête de Christine Delaroche ou la coiffure d'Héléna Bossis).

Le feuilleton traduit aussi les usages télévisuels de l'époque. C'est hors champ de caméra que Williams étrangle Lady Hodwin. Quant à André et Colette, ce sont des amoureux très sages...

Une ambiance unique[modifier | modifier le code]

Les quatre épisodes baignent dans une ambiance étrange et magique, mêlant vie quotidienne non dépourvue d'humour et univers fantastique.

Une bonne partie des scènes se déroulent la nuit, ce qui leur confère un caractère onirique.

L'intrigue prend souvent place dans un cadre insolite, lieux à l'aspect figé ou endroits désaffectés :

  • salles et couloirs du Louvre peuplés de statues mais vides de public, plongés dans la pénombre nocturne ;
  • grandes demeures isolées de banlieue ;
  • boutiques que la nuit a rendues désertes ;
  • Seine où scintillent les lumières de la ville ;
  • cimetière de voitures ;
  • vieux ateliers ou entrepôts ;
  • voies ferrées d'une gare de triage ;
  • zone industrielle aux allures de terrain vague ;
  • chantier de construction au point mort...

Les éclairages particulièrement étudiés, le masque effrayant de Belphégor et la musique inquiétante participent à cette atmosphère surnaturelle.

Postérité[modifier | modifier le code]

Pendant quatre semaines, l'intrigue tient en haleine la France entière.

Certains acteurs sont interpellés dans la rue pour révéler l'identité de Belphégor. Un jeune reporter se fait enfermer au Louvre toute une nuit - sans apercevoir de fantôme...

Durant sa campagne électorale de la fin 1965, le général de Gaulle déclare même que s'il n’était plus à la tête du pays, la France  risquerait un jour «  de se trouver dans une situation à la Belphégor ».

La série marque profondément la mémoire collective des téléspectateurs français.

Après sa rediffusion en 1968, elle est découpée en 13 épisodes diffusés en 1978 sur Antenne 2 [3].

Une série animée, inspirée du feuilleton, est diffusée à l'automne 2000 sur France 2. Elle a été créée par Gérald Dupeyrot, réalisée par Jean-Christophe Roger, produite pour "Les Armateurs" par Mireille Roulé et dessinée par Frédéric Bézian.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. au deuxième épisode (1 heures 02), lorsqu'il attend André (Yves Rénier) au café Le Corona face au Louvre, le gardien Gautrais (Paul Crauchet) ouvre un journal daté du mardi 8 septembre. Or le 8 septembre 1964 tombait un mardi. Le feuilleton, diffusé en mars 1965, se déroule donc l'été précédent.
  2. voir Anciens indicatifs téléphoniques à Paris.
  3. « Belphégor - L'Encyclopédie des séries TV », sur Toutelatele.com (consulté le 2 novembre 2012).

Liens externes[modifier | modifier le code]