La Nuit du chasseur

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La Nuit du chasseur

Titre original The Night of the Hunter
Réalisation Charles Laughton
Scénario Davis Grubb (roman)
James Agee
Charles Laughton
Acteurs principaux
Sociétés de production Paul Gregory Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame
Sortie 1955
Durée 93 min

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Nuit du chasseur (The Night of the Hunter) est un film américain réalisé par Charles Laughton en 1955. Il est tiré du roman homonyme de Davis Grubb publié en 1953 et qui s'inspire du tueur en série Harry Powers qui a sévi dans la ville de Grubb[1].

En 1992, le film est sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ».

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans les années 1930, lors d'un court séjour en prison, le pasteur Harry Powell a comme compagnon de cellule Ben Harper, un homme désespéré qui, pour sauver sa famille, a commis un hold-up et assassiné deux hommes. Powell cherche à faire dire à Harper où se trouvent les 10 000 dollars dérobés, mais celui-ci ne cède pas. Le prêcheur fanatique se rend chez la veuve de Harper, qui a été pendu. Willa Harper ne tarde pas à épouser l'homme d'Église, ne voulant pas voir que ce dernier ne désire qu'une chose : faire avouer à ses enfants, John et Pearl, l'emplacement du magot.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Thèmes et contexte[modifier | modifier le code]

C'est l'unique film réalisé, aux États-Unis, par l'acteur britannique Charles Laughton, monstre sacré de l'écran. À partir d'une situation construite sur les dichotomies (le bien-le mal, les adultes-les enfants, le jour-la nuit, le studio-l'extérieur, etc.), Laughton a réalisé une œuvre à part, complexe, inclassable, unique, empruntant aussi bien au western qu'au film noir ou au conte cauchemardesque pour enfant, dont le fantastique n'est jamais loin. L'échec commercial du film empêcha Laughton de réaliser d'autres films.

L'affrontement eschatologique entre Rachel Cooper et Harry Powell est celui du bien exercé quotidiennement et sans bruit par une humble croyante et du mal absolu qui s'est glissé dans la robe du saint, opposition qui est symbolisée dans la scène où ils chantent ensemble la chanson Leaning on the Everlasting Arm, dont le révérend Powell oublie des mots.

Réception critique[modifier | modifier le code]

La Nuit du chasseur n'est pas un succès commercial en terme d'audiences et de critiques lors de sa sortie. Le mauvais accueil du film par le public empêche Laughton de réaliser un autre film par la suite. Néanmoins, avec les années, le film réussit à acquérir un statut de film culte, notamment grâce à la prestation de Robert Mitchum.

Les critiques ont classé La Nuit du chasseur parmi les plus grands films de tous les temps : 71e dans la liste des 500 Greatest Films of All Time du magazine Empire.

Ce film fait partie de la Liste du BFI des 50 films à voir avant d'avoir 14 ans établie en 2005 par le British Film Institute, intégrant même le top 10 de cette liste.

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Star du muet, notamment dans les films de D. W. Griffith, Lillian Gish trouve ici un de ses rôles parlants les plus marquants. Elle interprète une vieille nourrice de caractère ne vivant qu'entourée des enfants et adolescents qu'elle a recueillis.
  • Plus tard, Mitchum aurait dit de La Nuit du chasseur que c'était, parmi les films dans lesquels il a joué, son favori.
  • Laughton a proposé le rôle du révérend Powell à Gary Cooper, qui l'a refusé. Mitchum a quant à lui été auditionné pour le rôle.
  • Robert Mitchum était ouvertement méprisant avec Shelley Winters sur le tournage. Il voulait que Laughton utilise le corps de l'actrice pour la scène où l'on retrouve la voiture dans le lac.
  • En octobre 2009, Pierre Fablet sort The Night of the Hunter Project, un CD dans lequel il réinterprète la musique du film.
  • Marguerite Duras fait référence au film dans son livre L'Amant où elle compare son frère aîné au chasseur.

Remake[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Axel Cadieux, Une série de tueurs. Les serial killers qui ont inspiré le cinéma, Capricci Éditions,‎ 2014 (ISBN 979-1023900200, lire en ligne), p. 61

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]