Kumano-jinja

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Sanctuaire Kumano à Kurashiki, préfecture d’Okayama.

Un Kumano-jinja (熊野神社?) désigne au Japon un sanctuaire shinto consacré aux trois montagnes sacrées de Kumano : Hongū, Shingū et Nachi (en japonais, Kumano gongen (熊野権現?))[1]. Il existe plus de trois mille temples de ce type sur l’archipel, chacun dédié à un kami transmis par un autre sanctuaire Kumano selon un rite de propagation nommé bunrei (分霊?) ou kanjō (勧請?). L’origine et le centre spirituel de ces sanctuaires est le complexe religieux du Kumano Sanzan (熊野三山?, situé au cœur des montagnes de Kumano), qui comprend entre autres le Kumano Hayatama-taisha (熊野速玉大社?) (Shingū), le Kumano Hongū-taisha (Tanabe) et le Kumano Nachi taisha (Nachikatsuura), dans la préfecture de Wakayama[2].

Kumano Sanzan[modifier | modifier le code]

Le Kumano Nachi taisha à Kumano.
Cascade de Nachi avec le temple bouddhiste Seiganto-ji au premier plan, au Kumano Sanzan.

Les trois sanctuaires du Kumano Sanzan cités plus haut forment le Sōhonsha (temples principaux) de tous les autres sanctuaires Kumano. Ils sont éloignés de 20 à 40 km environ dans la préfecture de Wakayama ; un chemin de pèlerinage nommé Kumano sankeimichi (熊野参詣道?) permet de les relier[2]. En outre, le Kumano Sanzan comprend également deux importants temples bouddhiques : le Seiganto-ji et le Fudarakusan-ji[3].

Le culte de Kumano remonte à la Préhistoire, précédant toutes les religions modernes du Japon d’aujourd’hui, et la région est selon les croyances bénéfique pour la santé[3]. Au début, chaque temple est indépendant et organise son propre culte mais, au Xe siècle, sous l’influence du bouddhisme, ils se rapprochent pour vénérer les trois divinités shinto de Kumano[4]. Le complexe devient en même temps un exemple du syncrétisme entre bouddhisme et anciens cultes nationaux (shinbutsu shūgō) : certaines théories spirituelles (nommées honji suijaku) d’alors lient en effet les kami à des émanations de Bouddhas indiens, si bien que les trois sanctuaires principaux sont associés aux Bouddhas Amida, Yakushi et Senju Kannon[2]. Déjà des moines des sectes Tendai et Shingon y séjournaient durant des retraites spirituelles[5]. Le culte d’Amida (jōdo) devient notamment très important à partir de la fin de l’époque de Heian et durant l'époque de Kamakura (env. XI-XIVe), et toute la région avait la réputation d'appartenir à la Terre pure[6].

En conséquence, le Kumano Sanzan devient un haut lieu de pèlerinage, nommé Kumano mōde, d’abord pour les empereurs et les aristocrates, puis pour toute la population[1]. La première visite importante fut probablement celle de l'empereur Shirakawa en 1090, puis nombre d'empereurs firent perdurer cette tradition[6]. La route du pèlerinage, qui traverse toute la péninsule de Kii, est jalonnée de petits temples shintos (nommés Kumano ōji) lié au culte de Kumano[5].

Autres sanctuaires notables[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Satō Masato, Kumano Shinkō sur l’encyclopédie du shinto, université Kokugakuin
  2. a, b et c (en) Sacred site "Kumano Sanzan", préfecture de Wakayama
  3. a et b Kumano Sanzan, site de la ville de Tanabe
  4. (en) Jeremy Roberts, Japanese Mythology A to Z, Infobase Publishing,‎ 2009 (ISBN 9781604134353, lire en ligne), p. 85
  5. a et b (en) Laura W. Allen, « Images of the Poet Saigyo as Recluse », Journal of Japanese Studies, vol. 21, no 1,‎ hiver 1995, p. 65-102 (résumé)
  6. a et b (ja) Tarō Wakamori, Shugendō-shi kenkyi, Kawade Shobō,‎ 1943, p. 99-101 (réimprimé en 1972 par Heibonsha)

Source de la traduction[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Kumano Shrine » (voir la liste des auteurs)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]