Cascade de Nachi

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Cascade de Nachi
那智の滝 (Nachi no taki)
Cascade de Nachi.
Cascade de Nachi.
Localisation
Pays Drapeau du Japon Japon
Localisation Nachi Katsuura
Coordonnées 33° 40′ 19″ N 135° 53′ 28″ E / 33.672, 135.89133° 40′ 19″ Nord 135° 53′ 28″ Est / 33.672, 135.891  
Caractéristiques
Hauteur totale 133 m
Largeur 13 m
Hydrographie
Cours d'eau Rivière Nachi

Géolocalisation sur la carte : Japon

(Voir situation sur carte : Japon)
Cascade de Nachi

La cascade de Nachi (那智の滝, Nachi no taki?), ou plus familièrement Ichi no taki (« la première cascade »), est une des plus imposantes cascades du Japon, ainsi qu’un lieu sacré du shinto et du bouddhisme. Elle est située sur la commune de Nachi Katsuura dans la préfecture de Wakayama, péninsule de Kii, sur la rivière Nachi.

Géographie[modifier | modifier le code]

La cascade de Nachi est l’une des quarante-huit chutes de la rivière Nachi, dans la péninsule de Kii, sur le territoire du parc national de Yoshino-Kumano. C’est l’une des plus imposantes cascades du Japon, avec ses 133 mètres de haut pour 13 mètres de large environ[1].

Lieu sacré[modifier | modifier le code]

La cascade est un lieu important des religions shinto et bouddhiste, attirant de nombreux visiteurs chaque année. Aux environs du Xe siècle, trois grands sanctuaires liés aux montagnes alentour se rapprochent pour former le complexe religieux Kumano Sanzan : le Kumano Hongū taicha, le Kumano Hayatama-taisha et le Kumano Nachi taicha (« Kumano » étant l’ancien nom de la région), auxquels il faut encore ajouter les temples bouddhistes Seiganto-ji et Fudarakusan-ji[2]. Pour le shinto, la cascade héberge un kami et est le cœur spirituel de toutes les montagnes environnantes. Un festival se tient tous les ans, le 14 juillet, pour guider les kami de tout le Japon vers la cascade en guise de rite purificateur. Dans les écoles bouddhistes de l’époque, notamment Shingon, Tendai et de la Terre pure (jōdo), la chute est associée à Kannon, et un culte au Bouddha Amida y est également rendu[3]. Au XIIIe siècle, le moine Ippen y aurait selon la légende reçu une révélation du Bouddha qui le conduisit à fonder l’école Ji-shū, branche de la Terre pure encore bien ancrée de nos jours au Japon. Ce lien entre nature et syncrétisme religieux fit du complexe un haut lieu de pèlerinage[4].

Dans les arts[modifier | modifier le code]

De par ses proportions inhabituelles et les valeurs spirituelles qui y sont attachées, la cascade fut souvent représentée dans les peintures japonaises, tel que de nombreux mandalas[5], l’emaki de l’Ippen hijiri-e (1299)[6] ou un kakemono de Ike no Taiga (1770)[7]. Toutefois, la plus célèbre peinture reste peut-être le kakemono sur soie de La Cascade de Nachi datant du XIIIe siècle (trésor national du Japon) ; bien qu’inspiré par l’art du paysage chinois, il s’y ressent également la force et la signification de la mythologie shinto. Elle est esquissée comme une haute colonne blanche qui se précipite sur des rochers entourés de majestueux cyprès[8],[9].

Dans la littérature, une description de la cascade est donnée dans le Heike monogatari (Dit des Heike)[3].

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Japan Atlas: Nachi Falls, web-japan.org
  2. (en) Kumano Sanzan, Tanabe City Kumano Tourism Bureau
  3. a et b (en) Jeremy Roberts, Japanese Mythology A to Z, Infobase Publishing,‎ 2009 (ISBN 9781604134353, lire en ligne), p. 85
  4. (en) Satō Masato, Kumano Shinkō sur l’encyclopédie du shinto, université Kokugakuin
  5. (en) Elizabeth Ten Grotenhuis, Japanese mandalas: representations of sacred geography, University of Hawaii Press,‎ 1999 (ISBN 9780824820817, lire en ligne), p. 85
  6. Christine Shimizu, L’art japonais, Flammarion, coll. « Tout l’art »,‎ 2001 (ISBN 9782080137012), p. 193-6
  7. (en) Penelope E. Mason et Donald Dinwiddie, History of Japanese art, Pearson Prentice Hall,‎ 2005 (ISBN 9780131176010), p. 332
  8. Théo Lésoualc’h, La Peinture japonaise, vol. 25, Lausanne, Éditions Rencontre, coll. « Histoire générale de la peinture »,‎ 1967, p. 42
  9. Miyeko Murase, L’art du Japon, Éditions LGF - Livre de Poche, coll. « La Pochothèque »,‎ 1996 (ISBN 2-25313054-0), p. 162-163

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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