John Wayne Gacy

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John Wayne Gacy

John Wayne Gacy, avec Rosalynn Carter.
Information
Nom de naissance John Wayne Gacy Jr.
Surnom Pogo The Clown, Killer Clown
Naissance 17 mars 1942
Chicago, Illinois, (États-Unis)
Décès 10 mai 1994 (à 52 ans)
Joliet, Illinois, (États-Unis)
Cause du décès Injection létale
Sentence Peine capitale
Meurtres
Nombre de victimes 33
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
États Illinois
Arrestation 1978 à Chicago

John Wayne Gacy Jr., né le 17 mars 1942 à Chicago et mort le 10 mai 1994 à Joliet, est l’un des tueurs en série américains les plus connus, surnommé le « clown tueur » en référence à l'habitude qu'il avait de se déguiser en clown pour amuser les enfants dans les hôpitaux.

Origines[modifier | modifier le code]

John Wayne Gacy, Jr. est le deuxième des trois enfants de John Stanley Gacy (20 juin 1900 – 25 décembre 1969) et Marion Elaine Robinson (4 mai 1908 – 14 décembre 1989). Ses parents sont des ouvriers issus de familles d'immigrés, d'origine polonaise pour son père, danoise pour sa mère[1]. Enfant, Gacy est en surpoids et souvent malade. Il est proche de ses deux sœurs Joanne et Karen, et de sa mère, mais doit subir les humiliations de son père, homme alcoolique et violent envers sa femme et ses enfants, ce dernier le traitant de « tapette » ou de « pédé » lorsque sa mère veut le défendre[2].

À l'âge de neuf ans, il est violé par un voisin, ami de la famille mais n'ose pas révéler cet abus sexuel[3].

Il quitte le lycée à 17 ans et part pour Las Vegas où il devient concierge dans un salon funéraire, y découvrant sa fascination pour les cadavres[4]. Il en est congédié pour acte de nécrophilie[5]. De retour à Chicago, il s'inscrit à l'école de commerce de l'université de North Western et y obtient son diplôme en 1963. Bon vendeur, il gravit les échelons dans différentes entreprises, devenant gérant d'un magasin de vêtements pour hommes. Il épouse en septembre 1964 une collègue, Marlynn Myers, dont le père Fred Myers lui propose de reprendre la franchise d'une chaîne de trois restaurants fast-food Kentucky Fried Chicken, à Waterloo, dans l'Iowa[6].

Devenu père d'un garçon et d'une fille et un notable de la ville, John Gacy masque une autre face de sa personnalité. Il a des relations homosexuelles et en 1968 est accusé de tentative de viol sur ses employés adolescents. Le 7 novembre 1968, après avoir plaidé coupable des charges de sodomie qui pèsent contre lui, il est condamné à 10 ans de prison. Il est mis en libération conditionnelle après 18 mois d'incarcération pour bonne conduite[7].

Sa femme ayant obtenu le divorce le 18 septembre 1969 et son père étant décédé, il revient à Chicago où il s'installe chez sa mère et obtient grâce à un ami de la famille un poste de cuisinier dans un restaurant[8]. Le premier juin 1972, il se remarie à Carole Hoff. Peu de temps après, il fonde une société de construction, PDM Contractors, agressant trois de ses jeunes employés. C'est à cette époque qu'il se confectionne le costume de « Pogo le clown » pour collecter des fonds pour le parti démocrate ou pour divertir les enfants malades de l'hôpital local[9].

Son épouse ayant découvert des magazines d'hommes nus, Gacy lui révèle sa bisexualité. Elle est de plus en plus perplexe lorsqu'elle met à jour des vêtements d'adolescents dans leur maison, si bien qu'elle demande et obtient le divorce le 2 mars 1976[10].

Parcours criminel[modifier | modifier le code]

Le 21 décembre 1978, la police arrête Gacy dans sa voiture et le ramène chez lui pour effectuer des recherches à propos d’étranges disparitions de jeunes hommes ayant travaillé pour lui. Des enquêtes plus approfondies avaient révélé qu’il était impliqué dans ces disparitions. 26 cadavres ont été retrouvés enterrés ligotés, un tissu enfoncé dans la bouche, dans le vide sanitaire sous sa demeure à Chicago, trois autres enterrés dans sa propriété et les corps de ses quatre dernières victimes ont été repêchés dans la rivière Des Plaines à proximité de chez lui. Les voisins se plaignaient d’odeurs venant des sous-sols de la maison des Gacy, qu’il avait essayé d’atténuer avec de la chaux et en prétextant avoir des problèmes d’égouts bouchés. Il les fit recouvrir par la suite par du béton. Inculpé pour le meurtre de 33 jeunes hommes, Gacy était un criminel patenté malgré son apparence altruiste.

Il a commis son premier meurtre le premier janvier 1972 et a commencé à recruter ses principales victimes dans son entourage lorsqu’il proposait des petits boulots aux jeunes de son quartier. D’ailleurs, la plupart de ses victimes faisaient partie de ses employés. Son mode opératoire consistait principalement à les menotter et les violer avant de se débarrasser des corps.

En prison, Gacy a commencé à peindre, notamment des portraits de clowns, de Bambi, de Blanche-Neige ou des Sept nains qu'il fait exposer dans des galeries d'art ou vendre aux enchères. Son agent artistique Rick Staton, un entrepreneur de pompes funèbres et marchand d'art, exploite ses murderabilia. Il est ainsi possible pour tout un chacun d'envoyer sa photo à cet agent pour que soit réalisé son portrait en clown tueur ou personnage des Sept nains[11].

Après une tentative infructueuse de plaider la folie lors de son procès, il est condamné à la peine capitale. Il est exécuté le 10 mai 1994 par injection létale.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • John Wayne Gacy a reçu la plus lourde sentence pour un tueur en série, soit 21 condamnations à perpétuité et 12 condamnations à mort (Guinness Book 2002).
  • Plusieurs scénaristes ont été inspirés par la vie de Gacy (notamment Clive Saunders pour le film Gacy, 2003)
  • En 1992, le film Disparitions sanglantes retrace le parcours criminel de Gacy qui est interprété par Brian Dennehy.
  • Un des membres du groupe de Marilyn Manson s'est inspiré de Gacy pour créer son nom de vedette : Madonna Wayne Gacy, qui s'inspire également de la chanteuse Madonna. Pratiquement tous les membres du groupe ont un nom de sex-symbol doublé de celui d'un tueur en série.
  • Sufjan Stevens lui dédie une chanson sur son album Illinois.
  • L'ancienne cellule que Gacy occupait à la prison de Joliet (Illinois, États-Unis) a été utilisée pendant le tournage de la série télévisée Prison Break.
  • John Wayne Gacy apparaît également, sous forme de caricature, dans un épisode de South Park en compagnie de deux autres tueurs en série, Ted Bundy, et Jeffrey Dahmer.
  • Le groupe Dog Fashion Disco (en) lui a consacré une chanson, Pogo the Clown.
  • Pogo et ses amis est un court-métrage québécois réalisé par François Guay en 2008. Il se réfère à plusieurs tueurs en série, dont Gacy, Albert Fish, Ed Gein et le Tueur du Zodiaque.
  • Le groupe américain de sludge/doom metal Acid Bath (en) a utilisé comme artwork pour leur album When the Kite String Pops une peinture de Gacy le représentant en clown.
  • Dans la chanson God Bless du groupe d'Electro-indus/Aggrotech Combichrist, « John Wayne Gacy » est le 20e nom cité après le premier refrain.
  • Le groupe de thrash metal français Dunkel Geist a consacré sa chanson 33 corpses (« trente-trois cadavres ») à Gacy.
  • Dans la chanson Boogalion Mafia du groupe de hardcore français Bawdy Festival, un vers dit : « On fait des barbeucs avec John Wayne Gacy ».
  • Svetozar Ristovski réalisa en 2010 le film Dear Mr. Gacy qui raconte l'aventure de Jason Moss avec ce serial Killer.
  • Le groupe de death metal Français Mithridatic s'inspire de plusieurs tueurs en série dans leurs morceaux dont John Wayne Gacy.
  • Le peintre américain du Pop Art Peter Saul a peint Gacy en 1984 sur la chaise électrique en train de violenter le gardien chargé de l'exécuter.
  • On peut entendre un extrait d'une interview de John Wayne Gacy dans l'introduction de Butcher the Weak par le groupe de Death metal Devourment.
  • John Wayne Gacy apparaît dans la série animée Metalocalypse dans une scène où le général parle de l'amour de Toki Wartooth pour les clowns.
  • Le groupe punk français les Béruriers Noirs s'est inspiré de Gacy dans sa chanson « 2 Clowns ».
  • Dans le jeu vidéo The Warriors issu du film éponyme, l'un des protagonistes, Chatterbox, leader du gang des Hi-Hat, porte le même costume et maquillage que Gacy.
  • Dans le onzième épisode de la saison 1 de Elementary, Sherlock Holmes compare un homme à John Wayne Gacy.
  • Dans le jeu vidéo Deadlight on peut trouver sur un cadavre : "La pièce d'identité d'un étranger du nom de J. W. Gacy".
  • Dans la série American Horror Story: Freak Show, le personnage "Twisty le Clown Tueur" est inspiré de John Wayne Gacy.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ancestry of John Wayne Gacy
  2. Pascal Dague, Tueurs en série, Mon Petit Editeur,‎ 2012, p. 180
  3. (en) Terry Sullivan, Peter T. Maiken, Killer Clown. The John Wayne Gacy Murders, Pinnacle Books,‎ 2000, p. 257
  4. (en) Tim Cahill, Buried Dreams. Inside the Mind of a Serial Killer, Bantam Books,‎ 1986, p. 46
  5. (en) Duane L. Dobbert, Halting the Sexual Predators Among Us, Greenwood Publishing Group,‎ 2004, p. 37
  6. Pascal Dague, op. cit., p. 182
  7. Pascal Dague, op. cit., p. 184 - 186
  8. Pascal Dague, op. cit., p. 187
  9. (en) Charles Patrick Ewing, Insanity. Murder, Madness, and the Law, Oxford University Press,‎ 2008, p. 53-54
  10. Pascal Dague, op. cit., p. 193
  11. (en) George Petros, Art that Kills. A Panoramic Portrait of Aesthetic Terrorism, 1984-2001, Creation,‎ 2007, p. 303

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]