Joan March Ordinas

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Joan March Ordinas

Joan March Ordinas, né à Santa Margalida, Majorque le 4 octobre 1880 et mort à Madrid, le 10 mars 1962, est un contrebandier, homme politique et banquier espagnol. Il fut sans doute l'homme le plus riche d'Espagne de l'avant-guerre civile[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1906 Joan March commença des activités de contrebande de tabac avec l'Algérie et en 1911, il avait le « monopole » de cette contrebande au Maroc où il commença à développer les échanges clandestins avec l'Espagne.

Ces réseaux lui permirent de faciliter l'approvisionnement des alliés durant la Première Guerre mondiale.

Il créa en 1926 la banque March à Palma de Mallorque. Il avait investi une grande partie de sa fortune dans les transports[1].

Lors du directoire de Miguel Primo de Rivera, la Compagnie espagnole des pétroles, possédant des concessions au Venezuela et une raffinerie importante aux îles Canaries, ne peut plus alimenter ni sa raffinerie, ni l’Espagne, les bateaux-citernes refusant de charger son carburant vénézuélien suite aux manœuvres de boycott de la Standard Oil, de la Royal Dutch et de la Shell s'opposant au monopole espagnol de la compagnie. Sa situation financière devient tragique au point qu’elle demande une avance de cent millions à Joan March qui demanda en garantie les actions de la compagnie. Il les fera ensuite transférer aux pétroliers anglais de la Shell[2]. Toujours durant le directoire, il se voit accorder le monopole (officiellement) de la distribution du tabac au Maroc espagnol[3].

Ayant été par le passé sympathisant des idées républicaines[1], il fut élu député du parti Izquierda Liberal aux Cortes de la Seconde République espagnole. Accusé de fraude, il fut emprisonné en 1933 à Alcala, mais grâce à des complicités il put organiser une évasion qui fit sensation[1]. Par la suite, il semblerait qu'il ait utilisé sa fortune (estimée à près de 20 millions de livres sterling) pour saboter la monnaie de la Seconde République qui se maintint néanmoins à un cours à peu près stable (environ 55 pesetas pour une livre sterling)[1].

Il devint alors l'un des principaux financiers de l'armée du général Francisco Franco lors du soulèvement de 1936. Son argent permit la location et l'achat des avions qui furent utilisés pour le transfert de Franco et de ses troupes des îles Canaries, grâce à un pont aérien.

Il fonda en 1955 la Fondation Juan March qui est toujours active dans le domaine des arts[4].

Joan March trouva la mort 10 mars 1962 dans un accident de voiture près de Madrid, à Las Rozas de Madrid[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Siège actuel de la Fondation Juan March à Madrid
  • Manuel de Benavides, El último pirata del mediterraneo, 1934
  • Ramon Garriga, Juan March y su tiempo, 1976, Ed. Planeta.
  • Bernardo Díaz Nosty, La Irresistible ascensión de Juan March, Sedmay ediciones, 1977.
  • Pere Ferrer Guasp, Joan March, la cara oculta del poder, Edicions Cort, Palma-Illes Balears,2004

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. Site de la fondation Juan March

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Hugh Thomas, La guerre d'Espagne, Robert Laffont, 1985, p.84
  2. Voir Pierre Fontaine, La guerre froide du pétrole, éditions « Je sers », 1956.
  3. Hugh Thomas, La guerre d'Espagne, Robert Laffont, 1985, p.24 et 84
  4. http://www.march.es/informacion/ingles/informacion.asp
  5. http://www.march.es/informacion/ingles/biografia/biografia.asp